Lot 12
  • 12

Tsuguharu Foujita

Estimate
30,000 - 40,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Léonard Tsuguharu Foujita
  • Rêverie aux colombes, 1917
  • aquarelle et encre sur papier
  • Signé et situé en japonais Foujita Tsuguharu Paris et signé, situé et daté en français T. Foujita Paris 1917 en bas à droite
  • 31,3 x 27,8 cm; 12 3/8 x 11 in.

Exhibited

Tokyo, Metropolitan Teien Art Museum, Léonard Foujita, 1886-1968, 12 novembre1988 - 21 février 1989, no. 3
Paris, Musée de Montmartre; Tokyo, Museum of Art Ecole de Paris et Séoul, Musée Youndai, Modigliani et l'Ecole de Paris, 15 février - 30 septembre 1991
Dinard, Palais des Arts et du Festival, Foujita, le Maître japonais de Montparnasse, 27 juin - 25 septembre 2004, no. 25
Chilleurs-aux-Bois, Château de Chamerolles, Foujita et ses amis de Montparnasse, 30 juin - 19 septembre 2010
Chilleurs-aux-Bois, Château de Chamerolles, Femmes artistes. Passions, muses et modèles, 2 juin - 2 septembre 2012
Shizuoka, Shizuoka city museum of art (exposition itinérante au Japon), Léonard Foujita et Paris, 1913-1931 : le centenaire de son arrivée à Paris : Paris accueille et glorifie Foujita, 2013-2014, no. 17

Literature

Léonard Foujita, 1886-1968, catalogue d'exposition, Metropolitan Teien Art Museum, Tokyo, 12 novembre 1988 - 21 février 1989, reproduit p. 21
Modigliani et l'Ecole de Paris, catalogue d'exposition, Paris, Musée de Montmartre et Tokyo, Museum of Art-Ecole de Paris, 15 février - 30 septembre 1991, reproduit no. 56
Sylvie Buisson, Giorgio Guastalla & Guido Guastalla, La Scuola di Parigi e Modigliani, Livourne, 1989, reproduit p. 91
Foujita, le Maître japonais de Montparnasse, catalogue d'exposition, Dinard, Palais des Arts et du Festival, 27 juin - 25 septembre 2004, reproduit p. 52
Sylvie Buisson, Léonard Tsuguharu Foujita, Paris, 2001, no. 17.100, reproduit p. 158
Foujita et ses amis de Montparnasse, catalogue d'exposition, Chilleurs-aux-Bois, Château de Chamerolles, 30 juin - 19 septembre 2010, reproduit p. 63
Léonard Foujita et Paris, 1913-1931 : le centenaire de son arrivée à Paris : Paris accueille et glorifie Foujita, catalogue d'exposition, Shizuoka, Shizuoka city museum of art (exposition itinérante au Japon), 2013-2014, reproduit p. 59

Condition

Executed on thin wove paper, laid down. The upper edge is deckled. There are some slight small flattened creases in the blue pigment associated to the laiying down process. The sheet is slightly light-stained. This work is in good condition.
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Catalogue Note

Peintes entre 1917 et 1924, les huit œuvres rassemblées par l’œil raffiné de Ginette et Alain Lesieutre témoignent de la belle époque de Foujita à Montparnasse où il arrive en 1913. A peine débarqué de Tokyo, le lendemain dit-on, il plonge dans l’atelier de Picasso et au cœur d’une Ecole de Paris en pleine ébullition. Ses voisins sont Modigliani, Soutine, Gris, Léger, Matisse… et ils sont ses amis.

En 1917, date de quatre des œuvres de la collection, Foujita vient de rentrer de Londres où il séjourne pendant la guerre. A Paris, il signe un contrat avec Chéron, le marchand de Modigliani, qui lui offre sa première exposition personnelle. Considérées par les français comme représentatives d’un japonisme dont les Goncourt ont cultivé une vision légendaire depuis la fin du XIXème siècle, les 110 aquarelles présentées font l’admiration de Picasso. Car au-delà des canons de l’esthétique séculaire japonaise, ces œuvres (il est probable que Rêverie aux colombes, lot 15, figura dans l’exposition) témoignent de la remise en cause de la peinture moderne par la révolution cubiste et l’art d’avant la renaissance. Empruntés à l’art de l’estampe, les contours noirs et souples ainsi que l’attachement à la couleur locale (plutôt qu’à la couleur reflétée par la lumière) se mêlent et se fondent à une architecture de surfaces planes prônée par le cubisme et à une grâce volontairement archaïque.

Le primitivisme de Foujita a des accents préraphaélites, au sens chronologique du terme. En 1918, juste avant l’Armistice, Foujita se rend avec Zborowski, Modigliani et Soutine à Villeneuve-les-Avignon. A voir les fonds de ses œuvres, qu’ils soient d’or ou monochromes, de teinte sourde ou irradiante (les grands fonds blancs apparaissent en 1921), comment ne pas songer à la Pietà d’Enguerrand Quarton peinte en 1455 dans le contexte de l’Ecole d’Avignon ? L’on peut s’aventurer plus loin encore, aux confins de l’art gothique en pensant que l’Ecole de Sienne et L’Ecole de Florence sous la figure tutélaire de Giotto ne sont pas étrangères à l’élégance hiératique des femmes de Foujita. Profane, entourée de colombes, tenant à la main un miroir ou des fleurs, la femme promène dans ces halos une allure divine et silencieuse. Cette spiritualité diffuse se manifeste dans des sujets essentiellement religieux comme La Prière (lot 20) et Vierge à l’enfant (lot 22) : « La vierge à l’enfant demeurera un thème récurrent, inspiré par les madones florentines, siennoises et renaissantes de Raphaël à Vinci. On est proche aussi bien du synthétisme de Brancusi et de Modigliani que de celui d’Utamaro dans le découpage des formes et la pureté de la ligne. L’emploi de la feuille d’or est commun aux deux cultures, occidentale et orientale » (Foujita, Le Maître japonais de Montparnasse, 2004, p. 184). Dans les années 1950, ce sentiment religieux deviendra préoccupation intense et l’essentiel de son iconographie. Pour l’heure, les années de Montparnasse qui s’achèveront en 1929 avec le retour au Japon et l’époque des voyages, sont marquées par l’amour et la fascination de Foujita pour Youki. Rencontrée en 1923 à La Rotonde, Lucie Badou surnommée « Neige » en japonais, sera sa muse jusqu’en 1931 où elle s’éprend de Robert Desnos. Propriétaire de Rêverie aux colombes (lot 15), Youki sera le modèle des nus les plus beaux de l’artiste : entre les profils idéalisés et les madones graciles, Youki révélera la sensualité latente de l’art de Foujita.