Lot 7
  • 7

École d'Amiens du XVe siècle

Estimate
80,000 - 100,000 EUR
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Description

  • La messe de Saint Grégoire
  • Huile sur panneau
  • 44,5 x 25,5 cm ; 17 1/2  by 10 in

Catalogue Note

La messe de saint Grégoire a été un thème pictural très populaire du haut Moyen Âge au début de la Renaissance, rendant son iconographie très reconnaissable.
Dérivée de la légende dorée de Jacques de Voragine1, elle met en scène le pape Grégoire, qui, devant l’incrédulité d’une fidèle au moment de la communion, interrompt le sacrement pour prier. L’hostie se transforme alors sous ses yeux pour devenir un Christ de douleur en même temps que surgissent autour les instruments de la Passion, les « Arma Christi », à savoir, la lance, l’échelle, les outils de la crucifixion et bien entendu, la croix. Se joint également à cette composition, la main du soldat qui gifla le Christ, la colonne de sa flagellation et le baiser de Judas dans un enchevêtrement fantasque et encore très hérité des folles et savoureuses peintures de Rogier van der Weyden, et autres puissants imagiers de la fin du Moyen Âge.

Notre tableau est un exemple assez caractéristique de cette production de l’Ecole d’Amiens du XVème siècle. La région, sous la domination des ducs de Bourgogne, connaissait alors, et ce jusqu’au début du XVIème siècle, une période artistique particulièrement florissante. Les représentants de cette école, que ce soit Colart de Laon, Colin d’Amiens ou Enguerrand Quarton, s’inspiraient massivement de la peinture flamande collectionnée et diffusée par ces grands mécènes. Le livre enluminé, dont la production était particulièrement riche à Rouen, faisait également partie de leurs inspirations, et on en ressent d’ailleurs ici l'inspiration dans le traitement des fonds d’or de notre tableau.

Mais au-delà des diverses influences flamandes, cette peinture est avant tout une création amiénoise. On retrouve ainsi dans les visages de ce panneau ce « type picard » qu’identifiait l’historien Chrétien Dehaisnes (1825-1897) au travers ces « joues saillantes » et ces « expressions farouches et toutes dehors2 ».
Notons enfin qu’une peinture assez similaire par la composition à notre Messe de saint Grégoire est visible au Musée des Beaux-Arts de l’Ontario (fig. 1). Ce panneau éponyme est peint par Simon Marmion (1425-1489), l’un des plus fameux représentant de cette école d’Amiens. 


1- J. de Voragine, La Légende dorée, Paris, 1998, p. 220
2- C.C.A. Dehaisnes, L’Art à Amiens, Paris, 1889, cité dans, Société des antiquaires de Paris, La Picardie et l’exposition des primitifs français, cat. d’exp. Paris 1904, Amiens 1905, p. 12

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