Lot 9
  • 9

Figurine au berceau, Kanak, Nouvelle-Calédonie

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Wood

Provenance

Jean dit Cazaux & associés, Bordeaux, 17 et 18 novembre 2007, n° 65
Serge Schoffel, Paris
Collection Berend Hoekstra, Bruxelles

Exhibited

Chartres, Musée des Beaux-Arts, L'Art ancestral des Kanak, 6 June - 27 December 2009

Literature

Tribal Art, n° 20, Printemps 2008, p. 178
Bensa, Berthelier et Bihouée, L'Art ancestral des Kanak, 2009, p. 107
Eerhart, "De Kunstenaar en zijn etnografica - in gesprek met Berend Hoekstra", Object en Betekenis, VVE Jaarboek, Nummer 4, 2016, p. 9

Catalogue Note

Cette « figurine au berceau » témoigne d'un des corpus les plus rares de l'art Kanak. En 2014, lors de l'exposition Kanak. L'art est une parole, Emmanuel Kasarhérou et Roger Boulay en relevaient seulement dix-neuf dans les collections publiques françaises et étrangères, dont celle du musée du quai Branly-Jacques Chirac, acquise en 1845 par Charles Meryon (inv. n° 71.1925.3.1), et celle du musée du Château d'Annecy, rapportée par l'abbé Dégerine en 1856 (inv. n° 6240).

Depuis l'acquisition par le Capitaine Cook en 1774, lors de son second voyage, d'un berceau en fibres végétales présentant la même forme de tressage en chevron, ces figures ont été identifiées comme « enfants au berceau ». Différemment interprétées depuis le début du XXe siècle, leur sens demeure aujourd'hui encore incertain. Les recherches se concentrent cependant sur une référence à l'esprit-ancêtre invoqué lors des cérémonies funéraires : « l'argument venant à l'appui de cette hypothèse est que les nombreuses représentations de deuil visibles sur les bambous gravés qui montrent le défunt transporté sur une sorte de brancard tressé rappellent sans conteste la forme des figurines. La plupart sont gravées au dos d'un réseau de chevrons qui figurent les montages en vannerie mis en œuvre dans la construction de ces brancards » (Kasarhérou et Boulay, idem, p. 276).

Sculptée à l'outil de pierre, cette œuvre se distingue du corpus par ses très belles qualités plastiques, tout particulièrement dans le décor en chevron du dos et dans la puissance des membres aux articulations marquées. La remarquable tension des formes, mise en valeur par la profonde patine du bois, concentre la présence du personnage qui, émergeant en haut relief du cadre oblong, offre un contraste saisissant entre la dimension de l'œuvre et la monumentalité de la figure.


This "cradle figurine" belongs to one of the most rare corpora of Kanak art. In 2014, during the exhibition Kanak, L'art est une parole, Emmanuel Kasarhérou and Roger Boulay recorded the presence of only nineteen such figures in public collections, in France and abroad, including that of the Musée du Quai Branly-Jacques Chirac which was acquired in 1845 by Charles Meryon (inv. No. 71.1925.3.1), and that of the museum of the Château d'Annecy, brought back by the Abbé Dégerine in 1856 (inv. No. 6240).

Since Captain Cook acquired a cradle, made of vegetable fibre and braided into a similar chevron pattern, during his Second Voyage in 1774, these figures have been identified as "children in the cradle". They have been the subject of varying interpretations since the beginning of the 20th century, but their cultural significance remains uncertain. However research focuses on a reference to the ancestor spirit involved during the funeral ceremonies: "The argument supporting this hypothesis is that the many representations of mourning visible on engraved bamboos, which show the deceased transported on a type of braided stretcher, clearly recall the shape of the figurines. Most of them are engraved on the back with a chevron pattern that figures the basket-work used in the construction of these stretchers" (Kasarhérou and Boulay, ibid, p. 276).


Carved with a stone tool, this piece stands out from the rest of the corpus due to its beautiful aesthetic qualities, especially in the chevron decor on the back, and in the powerful limbs with their clearly marked joints. The beautiful tension of the forms, highlighted by the deep patina of the wood, accentuates the presence of the character who, emerges in high-relief from the oblong frame, offering a striking contrast between the dimension of the work and the monumentality of the figure.

Kanak cradle figure, New Caledonia

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