Lot 8
  • 8

Masque, Bas Sepik, Papouasie-Nouvelle-Guinée

Estimate
35,000 - 50,000 EUR
Sold
31,250 EUR
bidding is closed

Description

  • Wood and cassowary feathers

Provenance

Mon Steyaert, Veurne
Collection Berend Hoekstra, Bruxelles

Exhibited

Veurne, Galerie Mon Steyaert, Zoologie, 24 novembre - 1 décembre 1990
Bruxelles, Espace culturel ING, Océanie. Signes de rites, symboles de pouvoir, 23 octobre 2008 - 15 mars 2009 / Rotterdam, Wereldmuseum, Oceanië. Tekens van riten, symbolen van gezag, 10 décembre 2009 - 24 mai 2010

Literature

Steyaert, Zoologie, 1990, p. 3
Conru, "Les 'Yeux de Moko'", Tribal, n° 3, Eté 2003, p. 100
Herreman, Océanie. Signes de rites, symboles de pouvoir, 2008, p. 56, n° 39 / Oceanië. Tekens van riten, symbolen van gezag, 2009, p. 56, n° 39
Eerhart, "De Kunstenaar en zijn etnografica - in gesprek met Berend Hoekstra", Object en Betekenis, VVE Jaarboek, Nummer 4, 2016, p. 9

Catalogue Note

« Sepik : ce mot bref, qui claque comme un coup de fouet dans l’air, a hanté, hante et hantera encore longtemps notre imaginaire. Il est l’un de ces noms qui évoquent des contrées lointaines, des lieux mythiques » (Peltier in Peltier, Schindlbeck et Kaufmann, Sepik. Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, 2016, p. 14). Ce masque résume à lui seul la prodigieuse fascination qu’exerce sur nous la richesse des expressions artistiques nées dans cette vallée du nord de la Nouvelle-Guinée.

Ce masque, œuvre à notre connaissance unique, présente une structure singulière : sur un pectoral de casoar toujours recouvert de ses longues plumes noires est fixée une structure en rotin, l’ensemble prenant l’aspect d’un visage humain. De manière très significative, l’os de l’oiseau est traité à l’égal des crânes d’ancêtres autrefois surmodelés et décorés qui, lorsqu’ils faisaient fonction de masque, permettaient au danseur d’endosser le visage de l’ancêtre et d’en incarner la puissance. Afin d’en amplifier l’aspect anthropomorphe, ont été ajoutés des oreilles et un nez en rotin, délicatement ouvragés. Au plumage sombre et brillant répond la densité du décor pictural alternant pigments rouges et blancs, l’ensemble créant un contraste saisissant qui participe à cette esthétique de la force caractéristique des œuvres de la région.

Définir le rôle rituel de ce masque demeure complexe. En effet, si « les objets sont des marqueurs d’identité […], ils sont perméables au changement et à la refondation de leur statut ou de leur usage » (Peltier, Schindlbeck et Kaufmann, idem, p. 15). Son importance est attestée par l’emploi du casoar : outre le symbole de richesse que constituent ses plumes, cet oiseau détient dans toute la région une signification mythologique forte, s’apparentant à la figure ancestrale originelle. Il n’est pas rare que les mythes de la région débutent ainsi : « Au commencement, un casoar était seul dans la nuit, immobile, les yeux grand ouverts… » (Juillerat, L’Avènement du père : rite, représentation, fantasme dans un culte mélanésien, 1995, p. 35).

"Sepik: this short word that cracks like a whip in the air has haunted our imagination for a long time, haunts it still and shall do so for times to come. It is one of those names that evoke distant lands, mythical places" (Philippe Peltier in Peltier, Schindlbeck and Kaufmann, Sepik. Arts de Papouasie-Nouvelle-Guinée, 2016, introduction, p. 14). This mask in and of itself sums up the prodigious fascination exerted upon us by the rich artistic expressions born in this valley of northern New Guinea.

This mask - a piece that is, to the best of our knowledge, the only one of its kind - presents a singular structure: a rattan structure is affixed on a cassowary gorget still covered in its long black feathers, with the whole ensemble taking the aspect of a human face. Most significantly, the bone of the bird is treated like the skulls of ancestors, which were overmodeled and decorated, and, when acting as masks, allowed the dancer to put on the face of the ancestor and embody its power. In order to amplify the anthropomorphic aspect, delicately crafted rattan ears and a nose were added. The dark, brilliant plumage is compounded by the density of the pictorial decor with its alternating red and white pigments; the whole creating a striking contrast, which adds to these aesthetics of force so characteristic of the works of the region.

Identifying the ritual role of this mask remains complex. Indeed, although "objects are identity markers [...], they are permeable to the change and refoundation of their status or their use" (Peltier, Schindlbeck and Kaufmann, ibid, p. 15). Its importance is asserted in the use of the cassowary: aside from the feathers as symbols of wealth, throughout the region this bird possesses a strong mythological significance, akin to the original ancestral figure. It is not uncommon for the myths of the region to begin so: "In the beginning, a cassowary was alone in the night, motionless, with his eyes wide open..." (Juillerat, L’Avènement du père : rite, représentation, fantasme dans un culte mélanésien, 1995, p. 35).

Lower Sepik river mask, Papua New Guinea

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