Lot 10
  • 10

Masque, Kanak, Nouvelle-Calédonie

Estimate
70,000 - 100,000 EUR
Sold
68,750 EUR
bidding is closed

Description

  • Wood

Provenance

Fred North, Londres, ca. 1965
Collection Cornelis Pieter Meulendijk, Rotterdam
Loed et Mia van Bussel, Amsterdam
Collection Berend Hoekstra, Bruxelles

Exhibited

Bruxelles, Espace culturel ING, Océanie. Signes de rites, symboles de pouvoir, 23 octobre 2008 - 15 mars 2009 / Rotterdam, Wereldmuseum, Oceanië. Tekens van riten, symbolen van gezag, 10 décembre 2009 - 24 mai 2010

Literature

Arts d'Afrique Noire, n° 56, Hiver 1985, p. 40
Conru, "Les 'Yeux de Moko'", Tribal, n° 3, Eté 2003, p. 101
Herreman, Océanie. Signes de rites, symboles de pouvoir, 2008, p. 119, n° 117 / Oceanië. Tekens van riten, symbolen van gezag, 2009, p. 119, n° 117
Eerhart, "De Kunstenaar en zijn etnografica - in gesprek met Berend Hoekstra", Object en Betekenis, VVE Jaarboek, Nummer 4, 2016, p. 9

Catalogue Note

La puissance ancestrale et sacrée de ce masque Kanak s’affirme dans sa dimension et l’ampleur de ses formes. Son style l’inscrit dans les anciennes créations du Nord de l’Île de Grande Terre, caractérisées par « le modelé des visages toujours en arrondi, mais l’arcade sourcilière jointive et en relief, et le nez qui occupe la majeure partie de la figure par sa protubérance » (Kasarhérou et Boulay, Kanak, L’art est une parole, 2013, p. 144). La symbolique de ces masques, souvent associés aux cérémonies funéraires des grands chefs et propriété des descendants des fondateurs du clan, est complexe.

« Le masque est une effigie, si l’on accepte que l’effigie ne corresponde pas à une reproduction ou à un portrait, mais à la personne même, figurée et agissante en ses vertus propres. Puisqu’ici le masque est esprit […] le masque ne représente pas le mort, il n’en est pas le symbole que l’on ‘réveille’ et qu’investit un vivant ; il est l’être invisible lui-même en la pérennité de sa sagesse, héros vivifié et actualisé » (Leenhardt, "Mawaraba Mapi, la signification du masque en Nouvelle-Calédonie" in Journal de la Société des Océanistes, vol. 1, 1945, p. 35).

Lors des cérémonies d’intronisation, le masque agissait en renforçant, par son pouvoir surnaturel, l’autorité du nouveau chef. En témoignent la puissante esthétique de la sculpture et la force dégagée par la hardiesse des traits autrefois agrémentés d’une imposante coiffe et d’une longue barbe. Libéré du foisonnement de ces éléments extérieurs, l’impact structurel est ici transcendé par la vigueur née de la concentration des traits plutôt que de leur exagération, signe de son antériorité. L’épaisse patine sombre, composée de couches successives, accentue le choc visuel produit lors de l’apparition cérémonielle du masque - cette couleur noire évoquant le monde des êtres des origines (Boulay, De jade et de nacre. Patrimoine artistique Kanak, 1990, p. 145).

Son ancienneté, son style et sa qualité plastique l’apparentent étroitement au masque de la collection de Tristan Tzara (Loudmer, Paris, 24 novembre 1988, n° 166) et à celui du musée Barbier-Mueller (Genève, inv. n° 4707).

The sacred and ancestral power of this Kanak mask asserts itself through its size and the sheer scale of its forms. The style places it amongst the ancient creations of the North of the Island of Grande-Terre, characterized by "consistently rounded facial features, but with joined eyebrows raised in relief, and a nose whose protuberance occupies most of the face" (Kasarhérou and Boulay, Kanak, L'art est une parole, 2013, p. 144). These masks, with their complex symbolism, were often associated with the funerary ceremonies of great chiefs and belonged to the descendants of the clan's founders.

"The mask is an effigy, if it is understood that the effigy isn't a reproduction or a portrait, but figures the person themselves, represented and acting according to their own virtues. Since the mask is a spirit here [...] the mask does not represent the dead person, it is not a symbol of the deceased that is 'awoken' and then taken over by a living being; it is the very invisible being itself, in the perenniality of his wisdom; a hero, vivified and actualized" (Leenhardt, "Mawaraba Mapi, la signification du masque en Nouvelle-Calédonie "in Journal de la Société des Océanistes, vol. 1, 1945, p. 35).

During enthronement ceremonies such masks were used to reinforce the authority of the new chief through its supernatural power. This process is reflected in the powerful aesthetics of the sculpture and the strength emanating from the bold features, which would have once been embellished with an imposing coiffure and a long beard. Freed from the abundance of these external elements, the structural impact of this figure is transcended by the potency of the facial features' concentration, rather than their exaggeration a sign of its importance. The thick dark patina composed of successive layers, accentuates the visual shock produced when the mask makes its ceremonial appearance and the black colour evokes the world of the original beings. (Boulay, De jade et de nacre. Patrimoine artistique Kanak, 1990, p. 145).

Its antiquity, style and aesthetic quality reveal great similarities with the mask from the Tristan Tzara collection (Loudmer, Paris, 24 November 1988, No. 166) and with that of the Musée Barbier-Mueller (Geneva, inv. No. 4707).

Kanak mask, New Caledonia

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