Lot 62
  • 62

France, vers 1780, attribué à Jean-Jacques Caffieri (1725-1792) Portrait présumé de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Estimate
12,000 - 18,000 EUR
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Description

  • Portrait présumé de Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
  • buste en terre cuite
  • Haut. 50 cm; height 19 2/3 in.

Catalogue Note

De tous les philosophes français du XVIIIème siècle, Jean-Jacques Rousseau est certainement celui dont l’effigie, qu’elle soit peinte gravée ou sculptée, a été la plus abondamment reproduite. Il n’existe pourtant aucun portrait de lui ad vivum, le premier étant celui exposé par Houdon au Salon de 1779 (n°220), soit un an après sa mort. Ce buste, appartenait au marquis de Girardin qui hébergea Rousseau à Ermenonville. Après la mort brutale de Rousseau dans la matinée du 2 juillet 1778, le sculpteur est appelé par Girardin afin qu’il prenne l’empreinte de son visage et le masque mortuaire, miraculeusement conservé (Genève, bibliothèque universitaire), servit donc de modèle à Houdon.
Elève de Jean-Baptiste II Lemoyne, premier prix de sculpture en 1748, Caffieri séjourne à Rome de 1749 à 1753. Son œuvre comprend des monuments funéraires, des sculptures religieuses, mythologiques ou allégoriques. Mais c’est surtout dans ses portraits que Caffieri se montre admirable, aussi exact et expressif que son maître Lemoyne. Il porte à un degré de perfection l’art du portrait rétrospectif, dont son remarquable buste de Buirette de Belloy de la Comédie-Française ou son buste de Corneille de la suite des Hommes illustres de la France (1759, Paris, musée du Louvre).
Aucun portrait du philosophe par Caffieri n’est connu à ce jour. Notre buste peut cependant être stylistiquement rapproché de celui du Docteur Borie (Haut. 67 cm, non signé, Paris, musée des Arts décoratifs, inv. n° 410). On y retrouve la même virtuosité dans le maniement de l’ébauchoir nerveux et vif dans le traitement de la perruque. La facture du revers de la veste en fourrure est également identique, ainsi que celle des dentelles du jabot. La main de Caffieri se retrouve également dans le travail des yeux, simplement suggérés par une ellipse « en escargot », tel que dans son portrait en terre cuite de Mr de Neuville, capitaine d’artillerie, fermier général (non signé, Haut. 52 cm, Paris, musée Jacquemart-André, inv. n° 1413). Sur le piédouche, particulièrement soigné par le sculpteur, figure un homme nu, à l’état sauvage, hommage à l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau.