Lot 22
  • 22

Pendule de parquet en marqueterie d'écaille rouge, étain, laiton, bois noirci et bronze doré d'époque Louis XIV, vers 1690

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
Sold
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Description

  • tortoiseshell, brass, bronze, tin, wood
  • Haut. 230 cm, larg. 53 cm, prof. 23 cm
  • Height 90 1/2 in; width 20 3/4 in; depth 9 in
le cadran signé Balthazar Martinot/à Paris, la caisse sommée d'un dôme couronné d'un globe terrestre, de pots à feu et d'une balustrade, les montants soulignés de pilastres, terminée par un lambrequin et des pieds boule ; la gaine ornée d'une marqueterie de rinceaux, fleurs et oiseaux, d'un tablier, de masques de Daphné et de satyre, d'enroulements et rosaces feuillagés, terminée par une plinthe reposant sur des pieds en griffe ; (les bronzes de la gaine et le mouvement anglais rapportés au XIXe siècle ; le dos postérieur)

Provenance

- Ancienne collection aristocratique française 
- Vente Christie's à Paris, le 21 juin 2007, lot 257
- Vente Christie's à Londres, le 8 décembre 2011, lot 262

Catalogue Note

Probablement Balthazar Martinot dit l'Aîné (1636-1716)

Ce modèle « au tablier » est à rapprocher de deux autres pendules attribuées à André-Charles Boulle (1642-1732) conservées respectivement à l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris (fig. 2) et au J. Paul Getty Museum à Malibu. La première présente un mouvement de Pierre Duchesne et peut être datée autour de 1685. Elle fut livrée pour Louis XIV comme en atteste l’inventaire posthume  du roi (1718) et l’inventaire royal de 1792 qui l’attribue à Boulle (cf. J.-D. Augarde, Les Ouvriers du Temps, Genève, 1996, p. 248, fig. 195). La seconde contient un mouvement d’Antoine Gaudron (cf. European clocks in the J. Paul Getty Museum, Malibu, 1996, p. 2-9).

Les similitudes avec notre pendule sont nombreuses : la marqueterie d’étain et de cuivre sur fond d’écaille à décor d’un oiseau volant et de rinceaux, la silhouette violonée de la caisse et les colonnes détachées qui flanquent  le mouvement.  En particulier, c’est le tablier qui caractérise le travail d’André-Charles Boulle. En effet, comme l’illustre le recueil des Nouveaux Desseins de meubles et ouvrages de bronze et marqueterie inventés et gravés par André-Charles Boulle (Mariette, 1707), ce dernier est l’auteur d’une série de « gaines à tablier ». Les panneaux en façade et sur les côtés sont aussi semblables à une paire de gaines attribuées au maître et conservées au Victoria and Albert Museum (Collection Jones, inv. 1025-1882). En outre, le motif d’oiseau se retrouve sur une autre pendule attribuée à Boulle et conservée à Boughton House dans le Northamptonshire (cf. T. Murdoch, Boughton House, the English Versailles, Londres, 1992, planche 71).
Outre Duchesne et Gaudron, plusieurs horlogers parisiens ont commandé à Boulle des caisses de pendules, notamment Balthazar Martinot (1636-1716), « horloger ordinaire du roi », Nicolas Gribelin mais aussi Isaac Thuret (mort en 1706) et son fils Jacques (mort en 1738) logés au Louvre.

Le mouvement ainsi que les pieds en griffe pourraient constituer la trace d’un passage en Angleterre au XIXe siècle, à une époque où la marqueterie Boulle rencontrait un grand succès auprès des collectionneurs.

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