Lot 87
  • 87

Céline, Louis-Ferdinand

Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description

  • Céline, Louis-Ferdinand
  • 2 lettres autographes signées à son ami Paul Marteau. [Klarskovgaard], 21 [février 1949] et [Neuilly, 9 avril 1952].
  • ink on paper
3 p. petit in-folio (330 x 202 mm) et 1 p. in-4 (265 x 205 mm), avec enveloppes. La première signée "LF Celine" et la seconde "Louis Ferd.", contresignée "Lucette".

[1]. À propos d’Herman Dedichen, qui doit organiser un tournoi de bridge en France, et pour qui Céline a demandé l’aide de son ami Paul Marteau.
Il demande à son ami d’excuser l’insistance de Dedichen et de Mikkelsen, d’excellents cœurs mais qui sont tout de même "germaniques". Il le prévient  que Dedichen, petit-neveu de l’écrivain Georg Brandes, est à demi juif : "Il est hanté par cette hérédité. C’est un persécuté. Oh cela ne se discerne pas à première vue -- Excellent gentleman mais c’est là. C’est à savoir. Chef du maquis danois il s’est montré avec moi plus que chevaleresque. Il m’a fait échapper aux persécutions des communistes -- d’un mot décisif. […] Je suis tout près à mon tour à risquer ma vie pour lui. Enfin ça n’en restera pas à. Espérons-le ! Tout ce que vous ferez pour son tournoi me comblera de plaisir !". La fin de cette lettre évoque l’approche du procès et les revirements de certains : "Dans mon cas pendable celui qui secoue le gibet m’inquiète. Il y a aussi cette vilaine affaire de Norvège… si proche".
Homme d’affaires, résistant et co-propriétaire du journal danois Politiken où avaient paru en 1945 des articles hostiles à Céline, Herman Dedichen (1896-1958) avait pourtant accepté d’être le garant de l’écrivain auprès du gouvernement danois. Il était par ailleurs secrétaire d’une association mondiale de bridge. L’industriel et bibliophile Paul Marteau (propriétaire des cartes Grimaud et de l'édition du fameux Tarot de Marseille) intervint effectivement à l'occasion du tournoi organisé en France au mois de juillet 1949.



[2]. En 1952, Céline et sa femme Lucette sont de retour en France où ils ont été accueillis à Neuilly au domicile des Marteau qui, de Cannes, leur ont envoyé des fruits : "Quelle corbeille ! cette fois à s’en rendre malade ! Lucette sûrement ! Qui fait, de joie, des bonds d’un mètre ! Et même figurez-vous le soleil s’y est mis ! Il fait beau ! Vous n’avez plus qu’à rentrer ! Qu’on vous embrasse !".
L'amitié, d’abord épistolaire, entre Céline et Paul Marteau se renforça lors du retour de Céline en France, en 1951, Marteau l’accueillant chez lui à Neuilly et lui faisant rencontrer Gaston Gallimard quelques mois plus tard.