- 222
[Anonyme]
Estimate
6,000 - 8,000 EUR
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Description
- [Anonyme]
- Marcel Proust sur la terrasse du Jeu de Paume. [Paris, entre le 18 et 24 mai 1921]. Photographie originale.
- ink on paper
Tirage argentique d’époque (378 x 93 mm environ), contrecollé sur carton fort.
Partie d’une photographie plus large, découpe irrégulière sur le bord droit.
Célèbre portrait de Proust après qu’il a revu la Vue de Delft de Vermeer.
Bien que très désireux de visiter l’exposition de tableaux hollandais au Jeu de Paume qui s’était ouverte le 21 avril 1921, Marcel Proust était trop faible pour se rendre au musée afin de contempler la Vue de Delft de Vermeer, tableau qu’il admirait depuis qu’il l’avait vu en octobre 1902 à La Haye. Son ami Jean-Louis Vaudoyer ayant publié deux articles sur l’exposition, Proust lui demanda, entre le 18 et le 24 mai 1921, d’aller en sa compagnie visiter l’exposition du Jeu de Paume. Cette exposition, mais également son extrême faiblesse, inspireront la mort de Bergotte au Jeu de Paume : "Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements. […] Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard […] au précieux pan de mur jaune. […] Cependant, il s’abattit sur un canapé circulaire […]. Un nouveau coup l’abattit, il roula du canapé par terre où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort" (La Prisonnière, III, p. 692-693).
Si la visite du personnage vire au drame, celle de l’auteur fut plus paisible : contrairement à ce qu’affirma son frère en disant que Proust s’était lui aussi senti mal durant la visite, celui-ci se rendit dans les environs visiter une exposition sur Ingres puis déjeuna avec Vaudoyer au Ritz (Tadié, p. 872-874). Cette sortie avec son ami Vaudoyer est l’une de ses dernières ; l’écrivain décèdera dix-huit mois plus tard.
Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963), romancier et critique d’art, rencontre Proust en 1910 à l'occasion des Ballets russes. Même si le critique avait déjà accompagné Proust au Louvre en 1919, l’épisode le plus célèbre de leur relation est cette visite au Jeu de Paume en mai 1921. Il lui dédicacera un exemplaire de Sodome et Gomorrhe II en faisant allusion à cette visite (Sotheby's, 19 novembre 2012, lot 174).
Cette photographie est souvent est présentée comme ayant été prise par Jean-Louis Vaudoyer, ce que démentit son épouse (cf. catalogue B.N.F.). Notons la découpe sur le bord droit, juste à droite de la silhouette : visiblement, un personnage accompagnait Proust sur la photographie (Vaudoyer ?), qui a été éliminé. Le contretype joint, retouché, efface la manche du personnage découpé ; c'est cette photographie retouchée qui est souvent reproduite (Cattaui, Album Proust, Picon, etc.)
[On joint :]
Un retirage argentique ancien de cette même photographie, retouché.
Exposition : B.N.F., n° 508.
Références : Univers de Proust, repr. p. 5. -- Cattaui, n° 72. -- Picon, repr. p. 205. -- Album Proust, repr. p. 268. -- Naturel, repr. p. 158.
Partie d’une photographie plus large, découpe irrégulière sur le bord droit.
Célèbre portrait de Proust après qu’il a revu la Vue de Delft de Vermeer.
Bien que très désireux de visiter l’exposition de tableaux hollandais au Jeu de Paume qui s’était ouverte le 21 avril 1921, Marcel Proust était trop faible pour se rendre au musée afin de contempler la Vue de Delft de Vermeer, tableau qu’il admirait depuis qu’il l’avait vu en octobre 1902 à La Haye. Son ami Jean-Louis Vaudoyer ayant publié deux articles sur l’exposition, Proust lui demanda, entre le 18 et le 24 mai 1921, d’aller en sa compagnie visiter l’exposition du Jeu de Paume. Cette exposition, mais également son extrême faiblesse, inspireront la mort de Bergotte au Jeu de Paume : "Dès les premières marches qu’il eut à gravir, il fut pris d’étourdissements. […] Ses étourdissements augmentaient ; il attachait son regard […] au précieux pan de mur jaune. […] Cependant, il s’abattit sur un canapé circulaire […]. Un nouveau coup l’abattit, il roula du canapé par terre où accoururent tous les visiteurs et gardiens. Il était mort" (La Prisonnière, III, p. 692-693).
Si la visite du personnage vire au drame, celle de l’auteur fut plus paisible : contrairement à ce qu’affirma son frère en disant que Proust s’était lui aussi senti mal durant la visite, celui-ci se rendit dans les environs visiter une exposition sur Ingres puis déjeuna avec Vaudoyer au Ritz (Tadié, p. 872-874). Cette sortie avec son ami Vaudoyer est l’une de ses dernières ; l’écrivain décèdera dix-huit mois plus tard.
Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963), romancier et critique d’art, rencontre Proust en 1910 à l'occasion des Ballets russes. Même si le critique avait déjà accompagné Proust au Louvre en 1919, l’épisode le plus célèbre de leur relation est cette visite au Jeu de Paume en mai 1921. Il lui dédicacera un exemplaire de Sodome et Gomorrhe II en faisant allusion à cette visite (Sotheby's, 19 novembre 2012, lot 174).
Cette photographie est souvent est présentée comme ayant été prise par Jean-Louis Vaudoyer, ce que démentit son épouse (cf. catalogue B.N.F.). Notons la découpe sur le bord droit, juste à droite de la silhouette : visiblement, un personnage accompagnait Proust sur la photographie (Vaudoyer ?), qui a été éliminé. Le contretype joint, retouché, efface la manche du personnage découpé ; c'est cette photographie retouchée qui est souvent reproduite (Cattaui, Album Proust, Picon, etc.)
[On joint :]
Un retirage argentique ancien de cette même photographie, retouché.
Exposition : B.N.F., n° 508.
Références : Univers de Proust, repr. p. 5. -- Cattaui, n° 72. -- Picon, repr. p. 205. -- Album Proust, repr. p. 268. -- Naturel, repr. p. 158.