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"La Destruction du Palais d’Armide" de la tenture des Fragments d'opéra, tapisserie d'époque Louis XV, datée 1766, manufacture des Gobelins, atelier de Cozette, d'après un carton de Charles-Antoine Coypel (1694-1752)
Description
- wool
- 330 x 308 cm
- 10 3/4 x 10 ft
Provenance
- Ancienne collection Jacques Seligmann, sa vente les 9-12 mars 1914, lot 347 (repr. ; achetée par la galerie Bernheimer à Munich)
- Ancienne collection Dr Günther Grethe, Hambourg
Literature
Jean Vittet, Les Gobelins au siècle des Lumières - Un âge d'or de la manufacture royale, Paris, 2014, pp. 127-129
Condition
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Catalogue Note
Héroïne de la Jérusalem délivrée, Armide est une magicienne “sarrasine”, fille de Hidraot, roi de Damas, envoyée pour capturer les plus grands paladins croisés et tuer le chevalier chrétien Renaud. Elle tombe amoureuse de lui et l’ensorcelle en l’enfermant dans un jardin fabuleux. Dans la version de l’opéra de Lully, quand Renaud est délivré et recouvre la mémoire en se voyant dans un miroir, Armide comprend qu’il ne l’aimait que sous la contrainte de ses sortilèges. Elle tente alors d'étouffer sa passion, mais celle-ci ne fait qu'augmenter. Sous le coup du chagrin et du ressentiment, Armide détruit le palais onirique qu’elle avait créé pour ses amours avec Renaud.
Entre 1733 et 1741, le peintre Charles-Antoine Coypel exécuta à la demande de la manufacture des Gobelins les cartons devant servir de modèles à la tenture, dont en 1737 La Destruction du Palais d’Armide. Selon Jean Vittet, "pour ce projet, Coypel mit au point une nouvelle méthode de travail , qu'il fera approuver par le roi en 1746, consistant à exécuter, pour chaque tapisserie, un tableau de chevalet parfaitement fini, puis son agrandissement destiné au tissage" (op. cit. p. 127). L'esquisse de la Destruction est récemment réapparue sur le marché de l'art (vente Christie's à Londres, le 3 juillet 2012, lot 57).
Six tentures des Fragments furent tissées tout au long du XVIIIe siècleaux Gobelins sur demande de la Couronne. Furent également exécutées quatre commandes privées, tissées sans bordure pour pouvoir être intégrées dans des boiseries : parmi ces commanditaires figurent le duc des Deux-Ponts, la duchesse de Mazarin, le fermier général Marquet de Peire et enfin le banquier Nicolas Beaujon (J. Vittet, op. cit. p. 129). Ce dernier s'adressa aux Gobelins vers 1767, spécifiant sans doute un format particulier, presque carré : la villa Ephrussi de Rothschild à Saint-Jean-Cap-Ferrat conserve en effet un Sommeil de Renaud de dimensions similaires qui provient très probablement aussi de la tenture commandée par Beaujon( ill. in Régis Vian des Rives et al., La Villa Ephrussi de Rothschild, Paris, 2002, p. 41).
Le succès de la tenture des Fragments d'opéra réalisée par les Gobelins incita la manufacture de Beauvais à produire une série sur le même sujet, dont les cartons furent commandés en 1752 au peintre François Boucher (1703-1770).