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Georges Braque
1882 - 1963
VERRE, PIPE ET POIRE
Estimate
1,350,0001,850,000
LOT SOLD. 1,471,500 EUR
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Georges Braque
1882 - 1963
VERRE, PIPE ET POIRE
Estimate
1,350,0001,850,000
LOT SOLD. 1,471,500 EUR
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Details & Cataloguing

De Magritte à Indiana : une collection italienne / From Magritte to Indiana : an Italian collection

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Paris

Georges Braque
1882 - 1963
VERRE, PIPE ET POIRE
signé G Braque et daté 1917 (au dos)
huile sur toile
37,8 x 46 cm ; 14 7/8 x 18 1/8 in.
Peint en 1917.
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Provenance

Henrik Sørensen, Norvège
Walther Halvorsen, Oslo
Dr. Fritz Nathan et Dr. Peter Nathan, Zurich (jusqu'en 1963)
Dr. Ewald Rathke, Frankfurt (jusqu'en 1985)
Collection Mazzotta, Milan
Collection particulière, Londres
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel

Exhibited

Munich, Haus der Kunst, Georges Braque Prädikat des Icom "Agréée", 1963, no. 51, reproduit dans le catalogue p. 47 (sous le titre Glas und pfeife)
Bologne, Galleria Comunale d'Arte Moderna, Morandi e il su tempo, 1985-86, no. 133, reproduit p. 111 (sous le titre Natura Morta)
Milan, Palazzo Reale, I Surrealisti, 1989, reproduit dans le catalogue p. 273 (sous le titre Natura morta)
Francfort, Schirn Kunsthalle, Die Surrealisten, 1990, reproduit dans le catalogue p. 150 (sous le titre Stilleben)
Vérone, Galleria d'Arte moderna e contemporanea, Da Magritte a ettirgaM, 1991,
p. 284, reproduit dans le catalogue p. 284 (sous le titre Nature morte à la pipe)

Literature

Georges Isarlov, Georges Braque, Paris, 1932, no. 218, mentionné p. 20 (sous le titre Verre et pipe)
Nicole S. Magnin & Galerie Maeght, Catalogue de l'œuvre de Georges Braque, Peintures 1916-1923, Paris, 1973, reproduit p. 17

Catalogue Note

signed 'G Braque' and dated '1917' (on the reverse); oil on canvas. Painted in 1917.


The English translation of this note follows the French

Notice de catalogue

Après sa période Fauve, la découverte de l’œuvre de Cézanne lors de la rétrospective du peintre au Salon d’Automne en 1907 marque un tournant dans le projet esthétique de Georges Braque. Sous l’influence du peintre aixois, l’artiste commence ainsi à géométriser ses formes. C’est seulement un an plus tard que Louis Vauxcelles, suite à sa visite à la galerie Kahnweiler, rédige à propos des toiles exposées sa fameuse sentence dans Gil Blas : "M. Braque […] réduit tout, sites figures maisons, à des schémas géométriques, à des cubes". Cependant, c’est surtout en 1909 que débute son intense collaboration avec Picasso, qui verra la naissance du cubisme analytique et synthétique. Les deux peintres ne cherchent plus à copier la nature mais à la décomposer en masses pour la recomposer, méthode que décrira Guillaume Apollinaire en 1913 dans Les Peintres cubistes en définissant le cubisme comme "l'art de peindre des ensembles nouveaux avec des éléments empruntés non à la réalité de vision, mais à la réalité de conception". Malheureusement, la Première guerre mondiale interrompt leur passionnant et fertile dialogue. En 1914, Georges Braque est mobilisé, puis grièvement blessé au front au cours de l’année 1915 lors de la Bataille de l’Artois. Il ne peut reprendre son travail qu'en 1917, date de réalisation du présent tableau. Dans Verre, pipe et poire, Braque poursuit le vocabulaire du cubisme synthétique mais fait évoluer ce dernier vers des formes moins anguleuses et des tons plus colorés, un peu plus proches de la réalité. Cette nature morte devient alors un émouvant hommage aux derniers temps du cubisme traditionnel avant le "retour à l’ordre" qui, dès 1918, caractérise les séries des Guéridons, puis celles des Cheminées, inaugurations d’une nouvelle phase artistique du maître.

Catalogue note

After his Fauve period, the discovery of Cézanne’s work during a retrospective of the painter at the Salon d’Automne in 1907 marked a turning point in Georges Braque’s aesthetic project. Under the influence of the Aix painter, the artist began to render his forms geometric. It was only one year later that Louis Vauxelles, further to a visit to the Kahnweiler gallery, wrote his famous phrase about the canvases shown there in Gil Blas: “M. Braque reduces everything, sites, figures, houses, into geometric schemas, into cubes.” However, it was particularly in 1909 that that his intense collaboration with Picasso began, which saw the birth of Analytical and Synthetic Cubism. The two painters did not seek to copy nature but to decompose it into masses in order to recompose it, a method that Apollinaire would describe in 1903 in Les Peintres Cubistes by defining cubism as “the art of painting new ensembles with elements borrowed not from the reality of vision, but from the reality of conception.”  Unfortunately, the First World War interrupted their fascinating and fertile dialogue. In 1914, Georges Braque was enlisted and then seriously wounded at the Front during the year of 1915 at the battle of L’Artois. He was only able to take up his work in 1917, the date of the present painting. In Verre, pipe et poire, Braque continues the vocabulary of synthetic cubism but develops it towards less angular forms and more coloured tones, closer to reality. This still life thus becomes a moving tribute to the last era of traditional cubism before the “return” to order which, in 1918, characterised the series of pedestal tables, and then of fireplaces, that inaugurated the master’s new artistic phase. 

De Magritte à Indiana : une collection italienne / From Magritte to Indiana : an Italian collection

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Paris