6
JUMP TO LOT
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

De Magritte à Indiana : une collection italienne / From Magritte to Indiana : an Italian collection

|
Paris

René Magritte
1898 - 1967
LA FEMME AU MIROIR
signé Magritte (en bas à droite)
huile sur toile
100,6 x 73 cm ; 39 5/8 x 28 3/4 in.
Peint en 1941 ou 1942.
Read Condition Report Read Condition Report

Provenance

Galerie Lou Cosyn, Bruxelles
M. Tengrootenhuysen (acquis auprès du précédent en 1945)
Collection particulière, Europe (par descendance)
Vente : Christie's, Londres, 5 février 2002, lot 237
Collection particulière, Europe
Acquis auprès du précédent par le propriétaire actuel

Literature

Sarah Whitfield (ed.), René Magritte, Newly Discovered Works, Catalogue Raisonné VI, Oil Paintings, Gouaches, Drawings, Houston, 2012, no. 7, reproduit p. 20

Catalogue Note

signed 'Magritte' (lower right); oil on canvas. Painted in 1941 or 1942.


The English translation of this note follows the French


Notice de catalogue

“Tout ce que je sais de l'espoir que je mets dans l'amour c'est qu'il n'appartient qu'à une femme de lui donner une réalité.”
René Magritte

La représentation du nu féminin dans l’art tient d’une tradition aussi vénérable que celle de la peinture elle-même. René Magritte connaissait bien les sources anciennes et l’on voit dans La Femme au miroir l’influence des classiques tels Cranach ou Ingres. Toutefois, dans ce tableau d’une facture volontairement académique, s’opère cette mise en abime si caractéristique du grand peintre surréaliste belge.  La juxtaposition d’éléments incongrus – la femme, le rocher, le rideau mystérieux qui découvre l’horizon infini de la mer – crée cette suspension momentanée de la raison qui provoque l’impact poétique inhérent à cette œuvre magistrale.

L’œuvre évoque immédiatement le photomontage qui apparut dans le numéro 12 de la Révolution Surréaliste en 1929. Au centre on y trouve la reproduction du fameux tableau de Magritte, Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt, entourée par les images du groupe surréaliste dont Magritte, yeux fermés, et André Breton à qui avait appartenu le tableau. Nous sommes donc avec La Femme au miroir au cœur du projet et de l’esthétique surréaliste. La femme devient le vecteur poétique à travers lequel les artistes trouvent l’inspiration. Il faut la chercher cachée dans la forêt ou alors trouver son reflet dans le miroir. Miroir qui d’ailleurs n’apparaît pas dans notre tableau car il y est implicite, il est reflété dans l’œil de l’observateur.

Cet archétype du mystère féminin selon Magritte sera repris dans toute une série d’œuvres au début des années 1940, que ce soit dans L’Aimant, peint la même année et reprenant une mise en scène très similaire, Le beau Navire peint en 1942 ou encore toute la série dédiée au thème de La Magie noire. Magritte, en maître absolu du langage pictural et des énigmes liées aux images, nous livre ici une œuvre magistrale, à la fois invitation au plaisir et à la sensualité, caractéristique des œuvres qu’il peint au début des années 1940, mais également évocation des mystères intérieurs qui obsèdent le peintre tout au long de sa carrière, ainsi qu’en attestent les yeux clos du modèle, qui nous amènent à penser que le miroir évoqué dans le titre du tableau est un miroir mental.

Catalogue note

The representation of the female nude in art proceeds from a tradition as venerable as painting itself. René Magritte knew the old sources well and in La Femme au miroir the influence of Cranach or Ingres can be detected. However, in this painting of a voluntarily academic facture, a mirror effect takes places, so characteristic of the great surrealist Belgian painter. The juxtaposition of incongruous elements – the woman, the rock, the mysterious curtain that reveals the infinite horizon of the sea – creates a momentary suspension of reason which provokes the poetic impact inherent in this majestic work.

The painting is immediately evocative of a photomontage which was published in issue number 12 of the Révolution Surréaliste in 1929. At the centre we find the reproduction of Magritte’s famous painting, Je ne vois pas la femme cachée dans la forêt (I do not see the woman hiding in the trees), surrounded by pictures of the Surrealist group including Magritte, eyes closed, and André Breton who owned the painting. With La Femme au miroir we find ourselves at the heart of the Surrealist aesthetic project. The woman becomes the poetic vector through which the artists found their inspiration. One has to find her in the forest of if not be confronted with one’s own reflection on the mirror. A mirror which moreover does not appear in this painting as it is implicit, and thus reflected in the gaze of the observer.

In Magritte’s work, this archetype of feminine mystery appears in a whole series of paintings at the beginning of the 1940s, whether this be L’Aimant, painted the same year and of similar composition, Le beau navire painted in 1942 or an entire series dedicated to the theme of black magic. Magritte, the absolute master of pictorial language and enigmas linked to images, has produced here a major work, both an invitation to pleasure and sensuality, characteristic of the works he painted at the beginning of the 1940s, but also the evocation of the internal mysteries that obsessed the painter throughout his career. As the model’s closed eyes suggest, the mirror that is evoked in the painting’s title is a mental mirror.

 

De Magritte à Indiana : une collection italienne / From Magritte to Indiana : an Italian collection

|
Paris