- 168
[Livre du faucon]
Estimate
60,000 - 80,000 EUR
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Description
- Le Faulcon damours. Paris ou Lyon, vers 1500.
- ink on paper and leather
Petit in-4 gothique (178 x 121 mm) de 25 ff.n.ch. (a-c6, d8 (-1) ; 29 lignes ; sans le dernier feuillet blanc). Maroquin brun, dos à nerfs orné de compartiments de filets à froid, deux filets encadrant les plats, doublure de maroquin rouge ornée d’une large dentelle, bordure intérieure rehaussée d’une roulette, deux filets sur les coupes, tranches dorées (Koehler).
2 ff. manquants remplacés au XIXe siècle par des fac-similés à la plume (voir ci-dessous) ; piqûres légères et éparses.
Une pièce rarissime de l’ancienne poésie française.
C’est la troisième et dernière édition incunable – la première sous ce titre – du poème également intitulé Livre du faucon des dames. L’auteur, demeuré inconnu, y utilise un grand nombre de termes de fauconnerie pour illustrer les amours du « fauconnier » (l’amant) et du « faucon » (la femme aimée).
Dans la préface, le poète déclare que : « par le faulconnier i’entens le gentil homme amoureux & par le faulcon la gente demoiselle dame en amours : par les iij. oyseaux comme lasnier, sacre, tuniciennye prens trois autres damoyselles estans de la compaignie dudit faulcon mettent peine & diligence de reueler, rompre & adnichiller la coinctance desditz amoureux… ».
« On trouve le nom d’Isabeau Faucon en acrostiche au v° du titre. Peut-être cette allégorie amoureuse était-elle dédiée à une dame de ce nom » (Bechtel).
Le premier feuillet est orné d’un très beau bois gravé à pleine page.
Cette figure remarquable (117 x 92 mm) montre un fauconnier tenant un faucon entre les mains ; sur un perchoir, un deuxième faucon et un autre oiseau de proie (« une sorte d’hibou », dit Bechtel).
Seul exemplaire connu de cette édition, à la provenance prestigieuse.
Il figurait en 1835 à la vente Heber, où il était relié avec L’Ospital d’Amours. A l’époque, le Faulcon damours était incomplet des ff. b3 et b4. Crozet, qui avait acquis le volume après la vente Heber, combla la lacune en faisant calligraphier à la plume le texte manquant– les lettres imitant à la perfection les caractères d’imprimerie – et commanda une luxueuse reliure doublée à François Koehler, brillant élève de Thouvenin. L’exemplaire réapparaît ensuite dans le Bulletin Morgand, puis dans le catalogue des livres français de Charles Fairfax Murray – sa dernière mention bibliographique avant l’entrée dans la collection du Verne.
Signalons enfin que les deux précédentes éditions du Livre du Faucon (Paris, Pierre Le Rouge, vers 1488 ; et Paris, Le Petit Laurens, vers 1499) sont tout aussi rares et inaccessibles à l’amateur : la première n’est connue qu’à 2 exemplaires (celui de la British Library et celui de la BnF, incomplet) et il n’existe qu’un seul exemplaire de la seconde, conservé à la BnF.
Provenance : Heber (cat. 1835, n° 1264). – Crozet (cat. décembre 1841, n° 662). – Bulletin Morgand, IV, 1887, n° 12973. – Fairfax Murray (French), I, 158 (avec reproduction du bois).
Références : Copinger, 2443. – Klebs, 502.2. – Brunet, II, 1192-1193. – Gay & Lemonnier, 156. – Thiébaud, 608. – Bechtel F-58.
2 ff. manquants remplacés au XIXe siècle par des fac-similés à la plume (voir ci-dessous) ; piqûres légères et éparses.
Une pièce rarissime de l’ancienne poésie française.
C’est la troisième et dernière édition incunable – la première sous ce titre – du poème également intitulé Livre du faucon des dames. L’auteur, demeuré inconnu, y utilise un grand nombre de termes de fauconnerie pour illustrer les amours du « fauconnier » (l’amant) et du « faucon » (la femme aimée).
Dans la préface, le poète déclare que : « par le faulconnier i’entens le gentil homme amoureux & par le faulcon la gente demoiselle dame en amours : par les iij. oyseaux comme lasnier, sacre, tuniciennye prens trois autres damoyselles estans de la compaignie dudit faulcon mettent peine & diligence de reueler, rompre & adnichiller la coinctance desditz amoureux… ».
« On trouve le nom d’Isabeau Faucon en acrostiche au v° du titre. Peut-être cette allégorie amoureuse était-elle dédiée à une dame de ce nom » (Bechtel).
Le premier feuillet est orné d’un très beau bois gravé à pleine page.
Cette figure remarquable (117 x 92 mm) montre un fauconnier tenant un faucon entre les mains ; sur un perchoir, un deuxième faucon et un autre oiseau de proie (« une sorte d’hibou », dit Bechtel).
Seul exemplaire connu de cette édition, à la provenance prestigieuse.
Il figurait en 1835 à la vente Heber, où il était relié avec L’Ospital d’Amours. A l’époque, le Faulcon damours était incomplet des ff. b3 et b4. Crozet, qui avait acquis le volume après la vente Heber, combla la lacune en faisant calligraphier à la plume le texte manquant– les lettres imitant à la perfection les caractères d’imprimerie – et commanda une luxueuse reliure doublée à François Koehler, brillant élève de Thouvenin. L’exemplaire réapparaît ensuite dans le Bulletin Morgand, puis dans le catalogue des livres français de Charles Fairfax Murray – sa dernière mention bibliographique avant l’entrée dans la collection du Verne.
Signalons enfin que les deux précédentes éditions du Livre du Faucon (Paris, Pierre Le Rouge, vers 1488 ; et Paris, Le Petit Laurens, vers 1499) sont tout aussi rares et inaccessibles à l’amateur : la première n’est connue qu’à 2 exemplaires (celui de la British Library et celui de la BnF, incomplet) et il n’existe qu’un seul exemplaire de la seconde, conservé à la BnF.
Provenance : Heber (cat. 1835, n° 1264). – Crozet (cat. décembre 1841, n° 662). – Bulletin Morgand, IV, 1887, n° 12973. – Fairfax Murray (French), I, 158 (avec reproduction du bois).
Références : Copinger, 2443. – Klebs, 502.2. – Brunet, II, 1192-1193. – Gay & Lemonnier, 156. – Thiébaud, 608. – Bechtel F-58.