Lot 106
  • 106

Gauchet, Claude

Estimate
3,000 - 5,000 EUR
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Description

  • Le Plaisir des champs : divisé en quatre livres selon les quatre saisons de l’année. (…) Avec l’Instruction de la Venerie, Volerie, & Pescherie, & tout honneste exercice qui se peut prendre aux champs. Paris, Abel l’Angelier, 1604.
  • ink on paper and leather
In-4 (222 x 155 mm) de 4 ff.n.ch. et 319 pp. Chagrin citron foncé, dos à nerfs, filets à froid en encadrement sur les plats, grand chiffre doré frappé au centre, dentelle intérieure, roulette sur les coupes, tranches dorées (reliure de la fin du XIXe siècle).
Quelques très pâles rousseurs, marge supérieure un peu courte ; les ff. ajoutés sont piqués ; petites taches à la reliure, très légèrement frottée.


Seconde édition, rare, de l’un des grands poèmes français sur la chasse.



L’ouvrage est dédié à Hercule de Rohan, duc de Montbazon (1568-1654), Grand Veneur de France de 1602 à 1643.



Claude Gauchet (v. 1540-1620), né dans la petite ville de Dammartin-en-Goële (Île-de-France), était le fils d’un valet de chambre de Charles IX. Ce roi l’incita à terminer ses études et à accéder à la prêtrise, puis en fit un de ses aumôniers.



Encore fort jeune, écrit Colletet, Gauchet était « déjà pourvu d’un esprit agréable et brillant », et comme le roi Charles IX était « de la race des Valois, c’est-à-dire d’une race obligeante et passionnée pour les bons esprits », il appréciait sa compagnie. Vite rallié à Henri IV, Gauchet devient un de ses aumôniers ordinaires, puis obtient une prébende à Senlis. C’est probablement dans cette ville qu’il vécut jusqu’à sa mort.



On lui doit plusieurs ouvrages poétiques et religieux, mais Le Plaisir des champs, son œuvre la plus importante – dont la première édition fut publiée à Paris chez Nicolas Chesneau en 1583 –, éclipse toute les autres en raison de son sujet et de sa rareté.



Il s’agit d’un long poème divisé en quatre saisons dans lequel Claude Gauchet décrit les travaux et les amusements des paysans, ainsi que les différents types de chasses et de pêches pratiqués par lui-même et d’autres gentilshommes campagnards – oiseau au poing, à l’occasion : « Falconry receives attention as one of the pleasures of the country » (Harting).



La nature, la chasse, l’histoire et la mort.



Sous la plume du poète-aumônier, le massif forestier cotterézien devient un espace pastoral prébaroque, un refuge pour bergers et bergères qui dansent et parlent d’amour tandis que la France s’enfonce dans l’horreur des guerres de Religion. Alors qu’en 1583 Gauchet déplore l’absence d’un roi chasseur qui oblige les gentilshommes à protéger eux-mêmes les paysans des ravages des animaux sauvages, la version de 1604 célèbre les exploits cynégétiques du souverain vainqueur du chaos des guerres civiles : le refuge est devenu espace de renouveau.



Bien d’autres occurrences textuelles marquent la différence entre les deux éditions : le poème a été retouché et parfois augmenté ; certains passages scabreux et des allusions politiques ont disparu, ainsi qu’un poème entier : L’Éclogue de Michaut et Philippot ; deux poèmes nouveaux font leur apparition : Le Discours du Chasseur et du Citadin et La Chasse du Cerf faicte dans la Forest de Halouse ; enfin, le lexique de vénerie a été supprimé – il a été remplacé, dans cet exemplaire, par son équivalent tiré d’une édition tardive de Du Fouilloux (4 ff. imprimés sur deux colonnes).



Très bon exemplaire, non lavé.



Provenance : Paul Couturier de Royas (chiffre frappé sur les plats, ex-libris armorié gravé en noir par Stern, ex-libris en rouge).



Références : Brunet, Suppl., I, 536. – Thiébaud, 447. – Schwerdt ne possédait pas cette édition. – Souhart, 210-211. – Harting, 151, p. 78-79 : « now very rare ».