Lot 88
  • 88

Paire de grands bras de lumière en bronze doré d’époque Louis XV par le fondeur P. Gillot, datée 1733

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
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Description

  • Haut. 78 cm, larg. 20 cm, prof. 15 cm
  • Height 30 3/4 in; width 7 3/4 in; depth 6 in
chaque bras de lumière en volute cannelée et dressée à doubles feuilles et palmettes d’acanthe, orné de fleurons, pour finir en sa partie supérieure avec de petites volutes d’où s’échappent des chutes composées de fleurons ; supportant  un bassin circulaire à bordure torsadée ; avec un support de fixation ; signés et datés F. P. Gillot. Fond. à Langres. 1733 ; (percés pour l'éléctricité)

Literature

Arch. dépt. de la Haute-Marne, 5 Mi 269, R 13, cité par Eric Varnier dans Claude Gillot (1673-1722). Comédies, sabbats et autres sujets bizarres, cat. exp. musée d’Art et d’Histoire de Langres, 2 juillet – 27 septembre 1999, Langres-Paris, Musée de Langres et Eds. Somogy, 1999, p. 152.
Georges Wildenstein, « L’inventaire après décès de Claude Gillot », B. S.H.A.F. (Ier fascicule), 1923, p. 114-120.
Paris, bibliothèque des Arts décoratifs, papiers Champeaux, Rés X 54, vol. 5, lettre G. Le Ier tome contenant les lettres A-C d’Alfred de Champeaux avait été publié à Paris et à Londres en 1886.

Catalogue Note

Ces bras de lumière très imposants sont à rapprocher des modèles de bronzes d’ameublement d’André-Charles Boulle, comme sur ceux apparaissant sur les planches gravées par Mariette en 1707.

Bien que portant inscrits le nom de leur auteur, la date de réalisation et l’indication de la ville d’origine, ces bras demeurent très mystérieux quant à l’identité de leur créateur. Le patronyme renvoie spontanément au peintre et dessinateur Claude Gillot (1673-1722), lui aussi natif de la ville de Langres. En effet, l’acte de baptême de Gillot, qui eut lieu le 27 avril 1673 dans l’église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Langres, indique qu’il était fils de M. Jean Gillot peintre et brodeur des vénérables doyens et chanoines de Langres (archive dept., op.cit.). Hélas, l’inventaire après décès de Claude Gillot, du 20 mai 1722, retrouvé et publié par Georges Wildenstein, ne nous éclaire guère sur les attaches familiales du peintre : son acte de mariage, qui aurait pu renseigner davantage sur ses parents, n’est pas mentionné parmi les papiers cités dans ce document. Etait-ce ce P. Gillot apparenté à Claude et derrière l’initiale de son prénom se cache-t-il un Pierre ou un Philippe ? Il est impossible d’offrir une réponse satisfaisante dans l’état actuel des connaissances.

Le nom Gillot se retrouve à plusieurs reprises dans les notices d’Alfred de Champeaux destinées à la publication du second tome de son Dictionnaire des fondeurs, ciseleurs, modeleurs en bronze et doreurs depuis le moyen-âge jusqu’à l’époque actuelle, conservés à la bibliothèque des Arts décoratifs à Paris. Jean et Jacques Gillot ou Guillot, semblent être des fondeurs de cloches et leurs noms sont liés de l’église de Saint Martin, près Corbeil, de celle de Méry-sur-Oise, mais aussi de la cathédrale Notre Dame de Paris ou de la cathédrale de Nevers. L’information la plus intéressante au sujet d’un autre fondeur de ce nom est citée par Champeaux d’après une « Notice des monuments de peinture, sculpture et autres, existants dans la ci-devant église collégiale du chapitre Saint-Laurent de Joinville », publiée par M. Fériel, érudit du XIXe siècle, dans le Bulletin des Comités Historiques. Archéologie, Beaux-Arts, que voici : Les gradins, les chandeliers et la croix sont en cuivre. L’autel a de hauteur vingt-quatre pieds depuis le socle jusqu’à la sommité du baldaquin ; il a été construit en 1742 par Jean Gillot, fondeur à Langres ; on évalue son poids à huit mille livres de cuivre ; on l’estime au moins seize cents livres ; il peut orner convenablement une paroisse, étant d’une belle forme et bien exécuté. Malheureusement, on ne saura jamais à quoi ressemblait cet impressionnant ensemble, car la collégiale fut détruite en 1793, ainsi que le château des seigneurs de Joinville dans l’enceinte duquel elle avait été construite. En revanche, une cloche  encore conservée dans la partie sud du déambulatoire de la cathédrale Saint Mammès de Langres, au-dessus de la porte de sacristie, porte l’inscription F[ait]. par Jean Gillot fondeur Langres 1756. Il s’agit vraisemblablement du même artisan, auteur des bronzes de l’église de Joinville, ce qui laisse sous-entendre que les compétences des maîtres fondeurs de cloches étaient plus diversifiées qu’on ne pouvait le soupçonner.