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Paravent à cinq feuilles en moquette de la Savonnerie, seconde moitié du XVIIe siècle
Description
- Haut. 164,5 cm, larg. (une feuille) 64,5 cm
- Height 64 3/4 in; width (folder) 25 1/2 in
Provenance
Literature
P. Verlet, The James Rothschild Collection at Waddesdon Manor, The Savonnerie, Londres, 1982, p. 28
Condition
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Catalogue Note
Le décor de fleurs et feuillages sur fond sombre, traité avec la plus grande précision digne d’un botaniste, est typique du XVIIe siècle et s’inspire librement des œuvres mogholes. Ce décor est un des thèmes favoris des ornemanistes de cette période. Parmi les grands ornemanistes, citons Geroges Baussonnet qui créa plusieurs dessins pour la couronne entre 1593 et 1636 et Androuet du Cerceau qui grava de nombreuses planches avec la mention « fleurs à la persienne ».
Le XVIIe siècle était une grande époque de faste et de raffinement dans la cour moghole sous le règne de Jahangir (1605-1627) comme le montre le dessin sur papier, vers 1645 aux motifs floraux d’un réalisme très raffiné. Deux tapis moghols, exposés au Metropolitan Museum de New York en 1998 lors de l’exposition Flowers Underfoot, illustrent ces liens également. Ce décor de semis de fleurs à l’orientale se répand dans toute l’Europe et le Rijksmuseum conserve un tapis de table brodé au petit point du début du XVIIe siècle dont on ne sait s’il fut exécuté en France, en Angleterre ou en Hollande. Notons d’ailleurs que Dupont était connu aussi comme brodeur.
La dynastie des entrepreneurs Lourdet est responsable de la Savonnerie tout au long du XVIIe siècle et livrera conjointement avec Dupont les fameux tapis pour Louis XIV destinés à la galerie d’Apollon et la Grande Galerie. L’inventaire après décès de Simon Lourdet nous montre aussi une autre facette de la production de la Savonnerie : elle tissait aussi de très nombreux tableaux de paysages, des natures mortes, le fameux tableau de Louis XIII et sa famille, des formes c'est-à-dire des garnitures de banquettes, des chevets de lit au dessein à la fleur et des ouvrages servant à couvrir cassettes et layettes. « Quatre feuilles de paravent à bouquets de fleurs » sont mentionnées pour le château de Saint-Cloud dans l’inventaire du duc d’Orléans, époux d’Henriette-Anne d’Angleterre.
Maurice Fenaille (1855-1937)
Une pièce aussi exceptionnelle que notre paravent ne pouvait figurer que dans une des collections de tapisseries les plus réputées dans tout le monde comme celle de Maurice Fenaille. Riche industriel, mécène et philanthrope, il pris la direction de l’entreprise familiale Fenaille et Despeaux spécialisée dans l’industrie pétrolière. Il fut un généreux donateur auprès des musées français, mais aussi un mécène qui passa des commandes auprès de grands artistes contemporains.
Fenaille finança aussi de nombreuses recherches en histoire de l’art, plus particulièrement dans l’histoire de la tapisserie et celle de la gravure. Très lié à Jules Guiffrey, directeur des Gobelins de 1893-1908, il sut acquérir les plus belles tapisseries, dont des tentures de Beauvais d’après Boucher (Amours des Dieux et Fragments d’Opéra), des scènes de chasses de la même manufacture d’après Van der Meulen, des verdures de Paris et de Flandres du XVIIe siècle, des tapisseries armoriées espagnoles et des tapisseries au petit point du XVIe siècle. Il légua d’ailleurs certaines de ses tapisseries aux Gobelins. Il rédigea aussi pendant vingt ans une étude sur la production des Gobelins qui fait toujours référence aujourd’hui.