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Paire d’appliques aux vases en bronze doré de la fin de l'époque Louis XV, vers 1765-1770, attribuée à Jean-Joseph de Saint-Germain
Description
- Haut. 55 cm, larg. 45 cm, prof. 32 cm
- Height 21 2/3 in; width 17 3/4 in; depth 12 2/3 in
Provenance
Literature
E. Ducamp (et al.), Pavlovsk. Les Collections, Paris, 1993
J.D. Augarde, « Jean-Joseph de Saint-Germain, Inédits sur sa vie et son œuvre » in L’Estampille/L’Objet d’Art n°308, décembre 1996, pp. 62-82
Catalogue Note
Ce riche modèle illustre parfaitement le goût à la grecque, alors en vogue dans la décennie 1760. Le vase quadripode si caractéristique qui le surmonte constitue une « signature » du bronzier Jean-Joseph de Saint-Germain : il se retrouve sur un autre modèle d’appliques à mufle de lion, signées St. Germain et publiées par Jean-Dominique Augarde (op. cit., p. 78, fig. 23 et couverture).
Le palais de Pavlovsk, non loin de Saint-Pétersbourg, conserve quatre appliques identiques à la nôtre (reproduites dans E. Ducamp, op. cit., p.194, n°53), que J.D. Augarde attribue également à Saint-Germain, en soulignant non seulement le détail du vase mais aussi le « traitement des bras eux-mêmes », significatif de l’art du bronzier.
Le neveu de Jean-Joseph de Saint-Germain n’était autre que Jean-Louis Prieur (1732-1795), son cadet d’une dizaine d’années. Il est fort probable que Prieur fit son apprentissage chez son oncle et qu’une collaboration étroite s’ensuivit. Prieur, d’abord maître sculpteur en 1765, puis maître fondeur en 1769, conçut en grande partie les objets d’art exécutés pour le roi de Pologne, Stanislas-Auguste Poniatowski, sous la direction de l’architecte Victor Louis entre 1765 et 1778. Nos appliques relèvent de la même esthétique néoclassique qui présida à la décoration du palais royal de Varsovie : l’oncle semble ici s’inspirer du neveu et emprunter à son répertoire décoratif les motifs des guirlandes de laurier, feuilles d’acanthe, perles, brettés et bien sûr, ceux des vases.