Lot 115
  • 115

Table à ouvrage à deux plateaux en acajou, placage d'acajou moucheté et montures de bronze doré d'époque Louis XVI, vers 1785, attribuée à Martin Carlin

Estimate
60,000 - 80,000 EUR
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Description

  • Haut. 78,5 cm, diam. 43 cm
  • Height 30 3/4 in, diam 17 in
le plateau supérieur muni d'un dessus de marbre blanc veiné gris ceint d'une frise de festons de draperies, la ceinture ouvrant par un tiroir garni de soie bleu et quatre compartiments, pivotant sur un fût cannelé et rudenté soutenu par le plateau inférieur, lui-même ceint d'une galerie ajourée et ouvrant par deux compartiments en demi-lune garnis de soie bleue, reposant sur quatre pieds fuselés terminés par des sabots munis de roulettes ; le tiroir présentant des inscriptions indistinctes au crayon et au revers d'une étiquette d'entreposage PUSEY BEAUMONT CRASSIER

Provenance

Ancienne collection de la vicomtesse Vigier, vente Palais Galliera, Paris, les 2 et 3 juin 1970, lot 134

Ancienne collection Djahanguir Riahi, vente Christie's New York, le 2 novembre 2000, lot 22

Literature

Références bibliographiques:

A. Pradère, Les Ebénistes Français de Louis XIV à la Révolution, Paris, 1989, p. 358 et 359

G. Jeanneau, Les Petits Meubles, Paris, 1977

Catalogue Note

Cette élégante table « à deux fins » est caractéristique de la production de Martin Carlin qui se spécialisa dans les petits meubles légers, dits « volants ». Ceux-ci étaient particulièrement à la mode durant toute la seconde moitié du XVIIIe siècle. Placés le long du mur lorsqu’ils n’étaient pas utilisés, ils étaient déplacés en fonction des besoins. Ces meubles faisaient l’objet de la plus grande inventivité. Compte tenu de leur coût plus faible par rapport à des meubles plus importants, leurs propriétaires pouvaient facilement en changer en fonction du goût du jour.

Certains de ces meubles étaient dès les années 1750 ornés de plaques de porcelaine de Sèvres qui étaient achetées par des marchands merciers. C’est le cas d’une table similaire à la nôtre ornée d’une plaque de Sèvres, estampillée par Martin Carlin et conservée au Victoria and Albert Museum de Londres. Son plateau supérieur est pourvu d’un nécessaire à écrire alors que les tiroirs du plateau inférieur servaient à ranger des affaires de couture. Le plateau en porcelaine servait alors de plateau à écrire ou à coudre.

Quelques autres tables de ce modèle sont connues, dont une au Cleveland Museum of Art, une au Rijksmuseum d’Amsterdam, une figurant dans la collection de madame de Polès et une provenant de l’ancien palais abbatial de Royaumont, vente Christie’s le 19 septembre 2011, lot 41. Ces dernières sont estampillées par Carlin alors qu’une autre munie d’un plateau de laque est estampillée par Gaspard Schneider (C. Frégnac, Op. cit., p. 251). Ceci montre que la paternité de ce modèle revient non pas à Carlin mais vraisemblablement au marchand mercier Simon-Philippe Poirier qui coordonnait les différents corps de métiers impliqués dans la création de ces tables. Martin Carlin est aussi connu pour avoir travaillé avec d'autres grands marchands tels que Daguerre et Darnault.