Lot 21
  • 21

Statue , Fang Ngumba, Cameroun

Estimate
180,000 - 250,000 EUR
Sold
247,500 EUR
bidding is closed

Description

  • Fang Ngumba
  • Statue 
  • wood

Provenance

Collection Ignacio de Lassaletta, Barcelone
Philippe Ratton et Daniel Hourdé, Paris
Collection Viviane Jutheau, Comtesse de Witt, acquis en novembre 2002

Exhibited

Paris, Galerie Ratton-Hourdé, Fang, Juin 2006

Literature

Borras, "La coleccion de un galerista" in Coleccionista de Arte en Cataluna, n° 12, 1987, p. 182
Perrois, Fang, 2006, p. 72

Catalogue Note

PORTRAIT D'UN GRAND INITIE
Par Louis Perrois

Cette statue masculine d’ancêtre eyema byeri provient des Fang Ngumba. Collectée au début du XXe siècle au Rio Muni ou au Sud-Cameroun, probablement dans la région du bas Ntem, vers Campo, elle frappe par sa facture originale combinant une structure tout à fait conforme au style (notamment dans la proportion des volumes) et des détails morphologiques (yeux, nez, bouche, mains, nombril, sexe) tendant à un certain réalisme. Le personnage debout, les jambes semi-fléchies en position de tension (accentuée par la maigreur inhabituelle des cuisses et des mollets), tient à deux mains la flûte cérémonielle des initiés du so, rite de passage des jeunes garçons chez les Beti-Fang.

C’est dans le visage et la coiffe que le sculpteur a donné libre cours à son inspiration, en ciselant les détails et en accentuant le modelé des surfaces qui, sur d’autres effigies, sont moins aboutis. Le front arrondi diminue en ampleur pour laisser de la place aux larges orbites, déterminées par des sourcils en léger relief, et au nez busqué qui les sépare. Les yeux, de relief en « grain de café » présentent de grandes pupilles circulaires en cuivre, incrustées dans le volume des paupières. Le modelé des joues, sculptées en dépression sous les pommettes, met en valeur le volume de la bouche entrouverte et de la mâchoire prognathe dont les lèvres fines laissent voir deux rangées de dents taillées en pointe. Ce visage, d’allure émaciée et autoritaire, est orné d’une courte barbe rectangulaire monoxyle renforçant l’effet de l’effigie d’un notable important et d’âge mûr, représenté dans une attitude liturgique et digne de grand initié.

En arrière du visage, les oreilles, au pavillon ourlé, supportent la coiffe à crête centrale nlô-ô-ngô, qui retombe sur la nuque en un catogan étonnant, à volet relevé en oblique (dont le type a été photographié in situ vers 1900). On ne connait que peu de sculptures étroitement apparentées, hormis la statue du legs du Dr. Girardin (Musée d’Art moderne de la Ville de Paris), de provenance Charles Ratton. En plus de la coiffe, elles ont pour éléments comparables la facture du visage et le foisonnant décor de cuivre et de laiton, composé d'une multitude de clous de tapissier à tête ronde ornant le visage (motif frontal en « papillon » et jugal en « ciseau »), la coiffe et les épaules. Sur la statue de la Collection Viviane de Witt, l’artiste a complété ce décor en soulignant la taille, et au dos, les omoplates et le sillon vertébral.

Cette œuvre, d’une grande qualité plastique et d’une originalité stylistique manifeste au sein des objets du byeri des Ngumba et des Mabea du Sud-Cameroun, exprime par son modelé aussi dramatique que raffiné, tout l’humanisme de ces images d’ancêtres qui avaient pour fonction de maintenir la liaison entre les vivants et les morts.

PORTRAIT OF A GREAT INITIATE 
By Louis Perrois

Created by the Fang Ngumba, this male eyema byeri ancestor figure was collected in the early 20th century in Rio Muni or in southern Cameroon, probably in the lower Ntem region, towards Campo. Strikingly original in its composition, this piece is stylistically consistent with other Ngumba figures, especially in the proportion of its volume and the highly realistic morphological elements, such as the eyes, nose, mouth, hands, navel and sex. The figure stands with its legs semi-flexed in a tense position, accentuated by the unusual thinness of the thighs and calves, and holds the ceremonial flute of So initiates, a rite of passage for young Beti-Fang boys, with both hands.

In the face and the coiffe, the finely carved details and accentuated modelling of surfaces appear more accomplished that those on other effigies. The rounded forehead is made smaller to make room for large eye sockets delineated by slightly raised eyebrows and an aquiline nose between them. The eyes, sculpted in "coffee bean" relief, are comprised of large circular copper pupils set into the eyelids. The shape of the cheeks, carved in a depression under the cheekbones, highlights the size the prognathic jaw and of the open mouth, which reveals two rows of teeth cut to a point between the thin lips. The assertive and emaciated face features a short, monoxyle, and rectangular beard that enhances the importance of the figure, depicted as a character of advanced years and with the liturgical and dignified attitude of a great initiate.

In the rear of the figure, the nlô-ô-ngô is supported by the ears, with their finely curled auricle. The central crest of the coiffe tapers down on the nape of the neck into a surprising element with a upward slanting flap (of a type that was photographed in situ circa 1900). Few closely related sculptures are known to exist, apart from the statue originally procured from Charles Ratton that was part of Dr Girardin's bequest to the Musée d’Art moderne de la Ville de Paris. In addition to the coiffe, stylistic similarities are found in the carving of the face and the profuse copper and brass decor composed of a multitude of round-headed upholstery nails adorning the face (in a "butterfly" pattern on the forehead and "scissors" on the cheeks), the coiffe, and the shoulders. On the statue of the Viviane de Witt Collection, the artist completed the decor by highlighting the waist, the shoulder blades, and the vertebral groove.

This piece is of great artistic quality and obvious stylistic originality within the byeri artefacts of the Ngumba and the Mabea of South Cameroon. It expresses, through its dramatic yet refined carving, all the humanism of these ancestor images, whose function it was to maintain the connection between the living and the dead.

 

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