Lot 16
  • 16

Tête, Fang Betsi, Gabon

Estimate
180,000 - 250,000 EUR
Sold
367,500 EUR
bidding is closed

Description

  • Fang Betsi
  • Tête
  • wood

Provenance

Collection Dr. Lacroix (Président de l'Ordre des Médecins), Lyon
Transmis par descendance
Collection Patrick Girard, Lyon
Lance Entwistle, Paris
Daniel Hourdé, Paris
Collection Viviane Jutheau, Comtesse de Witt, acquis en décembre 1990

Exhibited

Paris, Galerie Ratton-Hourdé, Fang, Juin 2006

Literature

Perrois, Fang, 2006, p. 53

Catalogue Note

« Les têtes Betsi sculptées par les Fang du sud sont souvent d’une très grande qualité esthétique, ce qui tend à prouver qu’elles sont l’aboutissement d’une longue tradition plastique » (Perrois, Byeri Fang. Sculptures d’ancêtres en Afrique, 1992, p. 151). Représentations symboliques des ancêtres, ces têtes - proportionnellement rares - occupent une place particulière dans le corpus de la statuaire Fang. Résumées à l’interprétation sculpturale de la seule tête ancestrale, elles ont fasciné, dès les années 1910-1920, les plus éminents précurseurs de l’art Africain, tels que Joseph Brummer, Paul Guillaume, Carl Einstein, André Lefèvre ou encore Jacob Epstein.

Si, comme les statues en pied, elles participaient au culte des ancêtres - protégeant les reliques ancestrales garantes de l’identité généalogique de chaque lignage – elles n’étaient pas utilisées lors des rituels d’initiation. Les têtes Fang, appelées angok-nlo-byeri n’étaient donc jamais dévoilées et demeuraient cachées dans la case du chef de lignage. Destinées à être aperçues de face, « ces têtes traduisent les options plastiques des Bakota, au sud du Gabon, où les figures de reliquaires sont des visages en haut relief sur fond plat. Sans aller jusqu’à abandonner la ronde-bosse, les sculpteurs Fang de ce type de têtes à tresses [ici trois larges nattes stylisées encadrant le visage] démontrent leurs capacités par la facture raffinée du visage » (Perrois, idem, p. 158). Cette tête Fang au visage énigmatique en témoigne majestueusement. Selon Louis Perrois (communication personnelle, octobre 2016), « elle peut être attribuée aux Fang Betsi du Nord-Gabon et notamment ceux qui étaient localisés dans les vallées du Como, de l’Okano et de l’Abanga, D’un classicisme évident avec le front en quart de sphère et la face en « cœur », des yeux en grain de café, un nez étroit et une bouche aux lèvres fines faisant la moue, le détail à remarquer est le décor scarifié du front, constitué d’une frise à trois rangées horizontales de petits chevrons, un motif repris sur les tempes. Ce motif rectangulaire est très rare dans la statuaire des Fang. Je l’ai cependant retrouvé, sous une forme plus pointillée, d’abord sur un exceptionnel torse Okak (anciennes collections Paul Guillaume en 1927, André Schoeller puis André Fourquet, publié dans Perrois Arts du Gabon, 1979, fig. 77) puis sur une très ancienne tête provenant de Merton D. Simpson (Sotheby’s, New York, mai 1999, n°228), enfin sur une autre tête (collectée avant 1922) du fonds inédit des Pères du Saint-Esprit, aujourd’hui conservée à Allex (Drôme). Ce type de scarifications renvoie à celles qui avaient été observées et dessinées par G. Tessmann, et publiées dans son ouvrage « Die Pangwe » en 1913 (vol. I, Abb. 219). » 

La fluidité des formes épurées, jouant sur la sensibilité des modelés et la tension des courbes, s’anime dans la patine noire et épaisse en partie disparue, née des onctions d’huile de palme et de poudre de ba participant aux rites honorifiques qui lui ont été rendus. S’y ajoutent les parties érodées – sur la bouche, le nez et les yeux – résultant de prélèvements aux fins de médecines magico-religieuses qui permettaient d’entrer en correspondance étroite avec les ancêtres. Ces contrastes entre la sérénité de l’effigie et la force protectrice qui lui était conférée placent la tête Fang de la collection Viviane de Witt parmi les éloquents manifestes de ce rare corpus, à l’esthétique aussi sensible que singulière.

Fang Betsi head, Gabon

"Betsi heads carved by the southern Fang are often of great aesthetic quality, which suggests that they are the culmination of a long sculptural tradition" (Perrois, Byeri Fang. Sculptures d’ancêtres en Afrique, 1992, p. 151). Symbolic representations of ancestors, these comparatively rare heads hold a special place in the corpus of Fang statuary. A sculptural interpretation of the ancestor pared down solely to the head, they became a source of fascination as early as the 1910s and 1920s for some of the most prominent pioneers of African art, including Joseph Brummer, Paul Guillaume, Carl Einstein, André Lefèvre and Jacob Epstein.

Although, like full-length statues, the heads were a part of the practice of ancestor-worship, protecting the ancestral relics, which served as guarantors of the genealogical identity of each lineage, Fang heads were not used during initiation rituals. Heads, known as angok-nlo-byeri, were therefore never unveiled and remained hidden in the clan chief's house. Designed to be glimpsed from the front, "the heads reveal the sculptural options favoured by the Bakota from south Gabon, where reliquary figures are high-relief faces on a flat base. Without going so far as to forsake sculpture in the round altogether, the Fang sculptors of braided heads such as this one [here three large stylized braids frame the face] demonstrate the carver’s skill through the refined craftsmanship of the face" (Perrois, ibid, p. 158). The offered Fang head with its enigmatic face is a beautiful illustration of this very skill. According to Louis Perrois (personal communication, October 2016), the offered head "can be attributed to the Fang Betsi of north-east Gabon, in particular those located in the valleys of Como, the Okano and Abanga. With an evident classicism in the quarter-sphere forehead and "heart-shaped" face, coffee bean eyes, narrow nose and thin pouting lips, the eye-catching detail here is the decorative scarification on the forehead, consisting of a frieze in three horizontal rows of small chevrons, a motif repeated on the temples. This rectangular pattern is very rare in Fang statuary. However, I have found it elsewhere, under a more dotted shape, first on an exceptional Okak torso (in the collection of Paul Guillaume in 1927, subsequently collections of André Schoeller and André Fourquet, published in Perrois, Arts du Gabon, 1979, fig. 77), and on a very ancient head belonging to Merton D. Simpson (Sotheby's, New York, May 1999, lot 228), and finally on another head (collected before 1922) from the previously unseen collection of the Fathers of the Holy Spirit, now preserved in Allex (Drôme). This type of scarification brings to mind those observed and drawn by G. Tessmann, and published in his book Die Pangwe in 1913 (vol. I, Abb. 219). "

The fluidity of the pared-down forms, which play on the sensitivity of the modelling and the tension of the curves, are enhanced by the thick black patina, missing in places. This patina results from the use of palm oil and ba powder for unctions during the ritual ceremonies. Eroded portions on the mouth, nose and eyes are due to the micro-clippings taken to create magical-religious medicine that allowed participants to enter into profound communion with their ancestors. These contrasts, between the serenity of the effigy and the protective strength that it conferred, place the offered Fang head from the Viviane de Witt collection among the most eloquent manifestations of this rare corpus, the aesthetics of which are as sensitive as they are unique.

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