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Statue, Dogon Djennenké, Mali
DOGON DJENNENKE FIGURE, MALI
Estimate
40,00060,000
LOT SOLD. 50,000 EUR
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Statue, Dogon Djennenké, Mali
DOGON DJENNENKE FIGURE, MALI
Estimate
40,00060,000
LOT SOLD. 50,000 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Statue, Dogon Djennenké, Mali
DOGON DJENNENKE FIGURE, MALI

Provenance

Docteur Ernst Hauswedell, Hambourg, 22 novembre 1969, n° 10
Collection privée, Allemagne
Adrian Schlag, Bruxelles
Collection Andreas et Kathrin Lindner, Munich
Collection privée européenne, acquis ca. 2000 

Catalogue Note

Au sein de l’ensemble statuaire rapporté par Hélène et Henri Kamer lors de leur première expédition en pays Dogon (1957) se distinguaient cinq œuvres aux caractéristiques communes, dont le style différait de celles parvenues en France dans la période de l'entre-deux-guerres ou collectées par Pierre Langlois en 1953-55 (pour la plupart Tellem).  

Ultérieurement identifié par Hélène Leloup comme "Djennenké" (Leloup, Statuaire Dogon, 1994), ce style s'impose aujourd'hui comme l'un des plus emblématiques de l'ancienne statuaire Dogon. Il relève des migrations, parties de Djenné lors de la conversion de la ville à l'Islam, vers le XIe siècle. "Le sultan Konboro adopta le premier l'Islam vers la fin du sixième siècle de l'Hégire [...] il adjura le paganisme (Abderrahmane Es Saâdi Tarrikh es-Soudan, vers 1650, traduction de Houdas, 1900, p. 23) ". Ceux qui refusèrent de se convertir furent chassés de la ville et s'installèrent progressivement dans l'Ouest du Plateau de Bandiagara. Ils y formèrent plusieurs groupes et développèrent, entre le XIe et le XVe siècle, l'art dit Djenenké (Leloup, idem, p. 119-136). 

Leur iconographie se caractérise en particulier par les scarifications en motifs quadrillés gravés sur les tempes, et souvent par le port d'un pagne échancré - soit long, comme ici, soit court pour les cavaliers. Plusieurs d'entre elles adoptent une même gestuelle. Les deux bras, ou parfois seulement le bras gauche, accompagnent avec souplesse le mouvement du buste et s'étirent jusqu'à la cuisse sur laquelle la main vient reposer (cf. Sotheby's, Paris, 8 juin 2007, n° 240; et New York, 11 novembre 2014, n° 5). La profonde patine sombre, partiellement huileuse, de même que les nombreux prélèvements sur le nez et la bouche, témoignent de la permanence des rituels dont cette statue a fait l'objet.    

Among the sculptures that Hélène and Henri Kamer bought back from their first expedition to Dogon country in 1957, five figures were conspicuous for their similar attributes. The style of these figures differed from the Dogon pieces, Tellem for the most part, that had been collected and bought back to France between the two world wars and also those collected by Pierre Langlois in 1953-55.

Later identified by Helene Leloup as “Djennenke” (Leloup, Statuaire Dogon, 1994), this style is known today as one of the most iconic styles of the ancient Dogon statuary. It takes its roots in the migrations from Djenne, during the city’s conversion to Islam, around the 11th century. Sultan Konboro was the first to adopt Islam towards the late Hegira 6th century […] when he renounced paganism (Abderrahmane Es Saâdi Tarrikh es-Soudan, circa 1650, translation by Houdas, 1900, p. 23) ". Those who refused to convert were driven out of the city and gradually settled in the Western Bandiagara plateau where they formed several groups and developed the art known as Djenenke, between the 11th and the 15th century. (Leloup, ibid, p. 119-136).

The square cross-hatched scarification on the temples is characteristic of Djennke iconography, as is the slender loincloth, either long, as in this piece, or short for horsemen. Many of the figures hold a similar stance; both arms - or sometimes only the left arm - go smoothly along with the movement of the bust and stretch down to the thigh where the hand comes to rest (cf. Sotheby's, Paris, 8 June 2007, No. 240; and New York, 11 November 2014, No.5). The deep, dark and partially oily patina of this figure, as well as the many extractions on the nose and the mouth, attest to its consistent ritual use.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris