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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Pendentif, Dogon, Mali
DOGON PENDANT, MALI

Provenance

Collection Gustave et Franyo Schindler, New York
Collection privée, New York

Exhibited

New York, The African-American Institute, The Art of Metal in Africa, 7 octobre 1982 - 5 janvier 1983 / Houston, Texas, Institute for the Arts, 3 février - 10 avril 1983 / Santa Ana, California, Charles W. Bowers Museum, 18 juin - 5 septembre
Paris, Musée du quai Branly - Jacques Chirac, Dogon, 4 avril - 24 juillet 2011 / Bonn, Kunst- und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland, 14 octobre 2011 - 22 janvier 2012

Literature

Brincard, The Art of Metal in Africa, 1982, p. 89, n° A23
Leloup, Dogon, 2011, p. 381, n° 153

Catalogue Note

Si l’ouvrage du fer est récurrent en pays Dogon, celui du bronze, beaucoup plus rare, s'inscrit dans l'histoire ancienne du Plateau de Bandiagara : « Autrefois, d'après la tradition, le bronze était travaillé sur le plateau par les Maïga, qui auraient été chassés, comme les Tellem, par les Dogon-Mandé vers l'est et s'apparentent aujourd'hui aux Songhay. C'est d'eux que viendraient les petits bronzes très anciens » (Leloup, Statuaire Dogon, 1994, p. 547).

Ce sont essentiellement des maîtres-fondeurs Djennenké qui, à partir du XIIe siècle, en perpétuèrent la tradition. Cependant « les bijoux plus élaborés sont fabriqués à l’extérieur du plateau, en général dans le Séno » (Leloup, idem, p. 552) ou encore commandités à « leurs voisins et alliés du nord ou de la falaise sud du Burkina Faso » (Leloup, Dogon, 2011, p. 98). Enveloppant une âme en pierre, ce bronze présente des caractéristiques stylistiques – fluidité des lignes, mais surtout les longs yeux en amande – évoquant la statuaire en terre cuite Djenné. Le décor géométrique qui orne la surface et les détails des figures animales sont traduits avec un raffinement remarquable. A cette virtuosité technique, qui atteste d’une parfaite maîtrise de la fonte à la cire perdue, répond la prodigieuse invention plastique, témoignant de l’individualité artistique de son créateur. L’iconographie complexe illustre un animal couché – probablement une antilope –, la croupe mordue par un crocodile dont le corps se fond dans la silhouette d’un oiseau. Si la signification de cette image demeure inconnue, elle affirme, au même titre que l’association du métal et de la pierre sacrée,  l’importance de ce pendentif au sein des créations métallurgiques de la région : « la pierre sacrée d’Abrodwum est le symbole de la hache de pluie jetée du ciel pour chasser le Renard, qui devint le siège de l’artison mythique » (Dieterlen, « Contribution à l’étude des forgerons en Afrique Occidentale » in Ecole pratique des hautes études. Annuaire 1965-1966. Tome 4, 1964, p. 23).

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