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Torse, Songye, République Démocratique du Congo
SONGYE TORSO, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
80,000120,000
LOT SOLD. 137,500 EUR
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Torse, Songye, République Démocratique du Congo
SONGYE TORSO, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO
Estimate
80,000120,000
LOT SOLD. 137,500 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Torse, Songye, République Démocratique du Congo
SONGYE TORSO, DEMOCRATIC REPUBLIC OF THE CONGO

Provenance

Collection Gil Lipton, Londres
Collection Sir Jack et Lady Zunz, Angleterre, acquis en 1974
Transmis par descendance

Exhibited

Londres, The Arcade Gallery, African Tribal Scultpure, 1975

Literature

The Arcade Gallery, African Tribal Scultpure, 1975, n° 1

Catalogue Note

Dans son ouvrage dédié à La redoutable statuaire Songye d'Afrique Centrale, François Neyt identifie, dans la région des Eki et des Kalebwe (Songye Occidentaux), un style éminemment individuel, qu’il nomme « atelier à la coiffure surmontée de quatre cornes ou de quatre tresses dressées, décorées de chevrons ». A cet ensemble très restreint, superbement illustré par la statue de la collection Philippe Guimiot (Sotheby’s, Paris, 17 juin 2009, n° 38) s’ajoute un corpus tout aussi rare, issu de la tradition des Kalebwe Ya Ngongo (Songye centraux), dont les statues arborent une coiffe à quatre éléments pareillement dressés, mais non ouvragés (Neyt, idem, n° 181, 183 et 184). Ces derniers servaient à maintenir des cornes naturelles, comme représenté par le chef-d’œuvre de la collection Allan Stone (Sotheby’s, New York, 15 novembre 2013, n° 114). La redécouverte de cette statue, conservée depuis plus de quarante ans dans une collection anglaise, vient enrichir cet éminent corpus.

Dunja Hersak souligne combien les statues mankisi (sing. nkisi) renvoient - à la fois dans leur contexte rituel et dans leur conception - au mythe d'origine et à la cosmogonie Songye (Hersak, Songye Masks and Figure Sculpture, 1986, p. 126-128). Parmi les astres et éléments engendrés par le Dieu créateur Efile, la terre et la lune apparaissent comme rituellement majeurs. Ici, tandis que la posture du buste ancre puissamment l’effigie à la terre, le mouvement ascendant de la coiffe, « définissant les quatre coins de l’horizon », l’ouvre vers « les énergies célestes » (Neyt, idem, p. 312 et 293) et signifie cette essentielle complémentarité.

La force du geste artistique traduit avec éloquence son pouvoir de médiateur entre les hommes et les esprits ancestraux, visant à protéger l’ensemble de la communauté. Sa vigueur s’exprime dans les formes rigoureusement architecturées, transcendées par la tension des courbes. Son iconographie rappelle les pouvoirs magico-religieux qui lui étaient conférés : la posture des mains symbolise son pouvoir de protection sur le clan et le lignage ; les yeux mi-clos la vigilance et la sérénité de l’ancêtre sollicité - dont le menton à base horizontale recouvert d’une feuille de métal illustre le haut degré de sagesse (Neyt, idem, p. 286). Les organes sensoriels, aptes à délivrer les messages importants, filtrer les esprits qui entrent et sortent par le souffle et capter les paroles, audibles et inaudibles, y sont subtilement accentués. S’ajoutent enfin les parures : un collier en perles de pâte de verre misangu, qui rappelle « le lien unissant l’ancêtre au groupe, chaque perle pouvant figurer une vie individuelle », et un en cuir reptilien, évoquant « la métamorphose de l’ancêtre placée sous le signe du python arc-en-ciel ; transformation qui en faisait un véritable intercesseur pour les vivants » (idem, p. 347).

La beauté de ce buste – alliant la force et le sensible – témoigne du talent d'un très grand artiste, apte à interpréter toute la complexité et la richesse de la pensée Songye.

In his book dedicated to the Songye statuary (La Redoutable Statuaire Songye d'Afrique Centrale) François Neyt identifies, in the region inhabited by the Eki and the Kalebwe (Western Songye), an eminently individual style, which he describes as the "workshop of the coiffure topped with four horns or upright braids, decorated with chevrons". This very small ensemble, superbly exemplified by the statue from the Philippe Guimiot collection (Sotheby's, Paris, 17 June 2009, no. 38) is complemented by an equally rare corpus, drawn from the Kalebwe Ya Ngongo (central Songye) tradition, the sculptures of which display a similar coiffure with four erect elements, but are devoid of carved adornments. (Neyt, ibid, No. 181, 183 and 184). These four components were used to hold natural horns, as represented in the masterpiece from the Allan Stone Collection (Sotheby’s, New York, 15 November 2013, no. 114). The rediscovery of this statue, kept for over forty years in an English collection, enriches this remarkable corpus. 

Dunja Hersak notes how the mankisi (sing. nkisi) figures relate, both in their ritual context and in their design, to the Songye’s myth of origin and to their cosmogony (Hersak, Songye Masks and Figure Sculpture, 1986, p.126-128). Among the stars and elements created by the demiurge God Efile, the earth and the moon appear as major ritual elements.  Here, while the posture of the bust strongly anchors the effigy to the earth, the upward movement of the coiffure, "defining the four corners of the horizon," opens it to "celestial energies" (Neyt, ibid, p 312 and 293) and expresses this essential complementarity.

The forcefulness of the artistic gesture eloquently expresses the figure’s power as a mediator between men and ancestral spirits, designed to protect the whole community. Its potency is expressed in rigorously architectured forms, transcended by the tension of curves. Its iconography recalls the magic-religious powers bestowed upon it:  the hand gesture symbolizes its power of protection over the clan and the lineage and its half-closed eyes the vigilance and serenity of the solicited ancestor, whose high degree of wisdom is expressed through a horizontal-base chin covered in a sheet of metal. (Neyt, ibid, p. 286). The sensory organs, designed to deliver important messages, filter the spirits that enter and leave through breathing, and to capture words both audible and inaudible, are subtly emphasized. A necklace made of misangu glass beads recalls "the link between the ancestor and the group, each pearl potentially representing an individual life", and another necklace made from reptilian leather, evokes "the metamorphosis of the ancestor placed under the sign of the rainbow python; a transformation that made it a true intercessor for the living” (ibid, p. 347). 

The beauty of this bust, combining strength and sensitivity, exhibits the talent of a great artist capable of interpreting the complexity and richness of Songye thought.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris