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Emblème de pouvoir, Île de Rubiana, Nouvelle-Géorgie, Îles Salomon
POWER EMBLEM, ROVIANA ISLAND, SOLOMON ISLANDS, NEW GEORGIA
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Emblème de pouvoir, Île de Rubiana, Nouvelle-Géorgie, Îles Salomon
POWER EMBLEM, ROVIANA ISLAND, SOLOMON ISLANDS, NEW GEORGIA
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Emblème de pouvoir, Île de Rubiana, Nouvelle-Géorgie, Îles Salomon
POWER EMBLEM, ROVIANA ISLAND, SOLOMON ISLANDS, NEW GEORGIA

Provenance

Collection A. H. Home, Capitaine du vaisseau HMS Pegasus, acquis in situ ca. 1910
Wayne Heathcote, Londres
Sotheby's, New York, 15 novembre 1985, n° 33
Collection privé américaine, acquis lors de cette vente

Catalogue Note

« On observe parfois ces sceptres dans les mains des chefs, et ils sont considérés comme de grands trésors. Certains d’entre eux sont magnifiquement patinés par des années d’utilisation. Leurs propriétaires les arborent comme une sorte d’emblème de rang ou d’apparat bien qu'il n'y ait aucun doute qu'ils servent également une fonction tout à fait pratique. » (Parkinson, Thirty Years in the South Seas, 1907, trans. 1999 p. 221).

Cet extrait tiré du récit de Richard Parkinson de son séjour dans la région au XIXème siècle démontre l’importance des bâtons et massues en tant qu’emblèmes de pouvoirs dans les Îles Salomon. Notre exemplaire appartient à un corpus très restreint de sept ou huit insignes représentant un crocodile dévorant un personnage humain. Le missionnaire australien John Francis Goldie (1870-1955) en reçut un en 1902, conservé aujourd'hui au musée de Melbourne, en Australie (inv. n° X15045). Un autre exemplaire est au Musée Barbier Mueller (inv. n° 4505-E) et partage avec cette œuvre  un traitement très naturaliste des figures.

Œuvre majeure dans le corpus des emblèmes de pouvoir, ce bâton illustre – au même titre que celui de l’ancienne collection James Hooper (Sotheby’s, Paris,  16 septembre 2010, ‘Trésors Collection Frum’, n° 42) - le très haut degré de raffinement atteint par les sculpteurs des îles Salomon tout particulièrement dans le traitement de la figure en pied ornant la hampe effilée. Trois autres exemplaires présentant une iconographie comparable au nôtre sont conservés au Grassi Museum für Völkerkunde de Leipzig et un au British Museum (in Damm, ‘Unbekannte Zeremonialgeräte von Rubiana (Salomo-Insein) in Zeitschrift für Ethnologie, 1941, p. 30). La sobriété des traits et l’esthétisme des modelés confèrent au personnage une beauté grave renforcée par la patine sombre de l’œuvre. S’ajoutent enfin les délicates incrustations de coquillages nautiles servant non seulement à figurer les yeux mais surtout à créer un schéma de motifs géométriques délimitant le sommet de l’œuvre, mettant en valeur les courbes du modelé.

“Now and then these […] are seen in the hands of chiefs, and they are highly treasured.  Some of [them] have received a fine polish from years of handling; and they are carried by their owners as a form of status or display weapon, although there is no doubt that they also serve a very practical purpose as well.” (Parkinson, Thirty Years in the South Seas, 1907, trans. 1999, p. 221)

This excerpt from Richard Parkinson’s account of his time in the region in the 19th century shows the artistic and social importance of staves and clubs as emblems of power in the Solomon Islands.   The present example belongs to a very small corpus of seven or eight staves which feature a crocodile devouring a human figure.  Australian missionary John Francis Goldie (1870-1955) was given one such object in 1902, which is today preserved at the Melbourne Museum in Australia (inv. No. X15045). Another is held at the Musée Barbier Mueller, Geneva (inv. No. 4505-E) and features the same very naturalistic treatment of its figures as the one at hand.

A consummate exemplar within the corpus of power emblems, this sceptre - much like that of the former James Hooper collection (Sotheby's, Paris, 16 September 2010, Trésors Collection Frum, No. 42) - is an illustration of the very high degree of refinement reached by Solomon Island sculptors, particularly in the treatment of the standing figure adorning the tapered shaft.  Three others of the same iconography as the present example are held at the Grassi Museum für Völkerkunde in Leipzig, and one in the British Museum (see Damm, ‘Unbekannte Zeremonialgeräte von Rubiana (Salomo-Inseln) in Zeitschrift für Ethnology, 1941, p. 30). The pared down simplicity of the features and the aesthetic quality of the outlines give the figure a austere beauty, emphasized by the dark patina of the piece. Delicate inlays of nautilus shells serve both to indicate the eyes and form a geometric schema delineating the upper part of the piece, emphasizing the curving outline.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris