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PROVENANT D'UNE PRESTIGIEUSE COLLECTION FRANÇAISE

Man Ray
LA QUADRATURE
JUMP TO LOT
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PROVENANT D'UNE PRESTIGIEUSE COLLECTION FRANÇAISE

Man Ray
LA QUADRATURE
JUMP TO LOT

Details & Cataloguing

Art Impressionniste et Moderne / Impressionist & Modern Art

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Paris

Man Ray
1890 - 1976
LA QUADRATURE
monogrammé MR et daté 1938 (en bas à gauche)
huile sur panneau
30 x 40 cm ; 11 3/4 x 15 3/4 in.
Peint en 1938.
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Cette œuvre sera incluse au Catalogue des peintures de Man Ray, actuellement en préparation par Andrew Strauss et Timothy Baum.

Provenance

Juliet Man Ray (veuve de l'artiste)
Marion Meyer
Vente : Sotheby's, Londres, Man Ray, Paintings, Objects, Photographs, Property from the Estate of Juliet Man Ray, the Man Ray Trust and the Family of Juliet Man Ray, 23 mars 1995, lot 119
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel

Exhibited

Tokyo, The Bunkamura Museum of art; Takamatsu, City Museum of Art; Tsukuba, Museum of Art Ibaraki; Okayama, Prefectural Museum of Art & Akita, Senshu Museum of Art, Man Ray et ses amis, 1991-92, no. 98, reproduit dans le catalogue p. 68
Santa Monica, Track 16 Gallery & Robert Berman Gallery, Man Ray Paris ~ Los Angeles, 1996-97
Washington, The Phillips Collection; Copenhague, Ny Carlsberg Glyptoteket & Jerusalem, The Israel Museum, Man Ray: Human Equations : a journey from mathematics to Shakespeare, 2015-16, reproduit dans le catalogue fig. 176 p. 189

Literature

Man Ray, Self Portrait, Boston & Londres, 1963, reproduit dans une photographie de l'atelier de l'artiste à Hollywood en 1948 p. 336
Man Ray, Autoportrait, Paris, 1964, reproduit dans une photographie de l'atelier de l'artiste à Hollywood en 1948 sur la page précédent la page 305
Man Ray, l'occhio e il suo doppio, dipinti, collages, disegni, invenzioni fotografiche, ogetti d'affezione, libri, cinema (catalogue d'exposition), Rome, Palazzo delle Esposizioni, 1975, dans une photographie de l'atelier de l'artiste à Hollywood en 1948 p. 75
Roland Penrose, Man Ray, 1975, fig. 99, reproduit dans une photographie de l'atelier de l'artiste à Hollywood en 1948 p. 148
Janus, Man Ray, Tutti gli scritti, Milan, 1981, reproduit dans une photographie de l'atelier de l'artiste à Hollywood en 1948 p. 22
Objets de mon affection, Man Ray, Sculpture et Objets, Catalogue Raisonné, Paris, 1983, reproduit dans une photographie de l'atelier de l'artiste à Hollywood en 1948 p. 179

Catalogue Note

signed with the initials 'MR' and dated '1938' (lower left); oil on panel. Painted in 1938.


The English translation of this note follows the French


Notice de catalogue

La fascination de Man Ray pour les formes géométriques et les problèmes mathématiques remonte à ses œuvres mécaniques de la période Dada, et reste présente tout au long de sa carrière. Dans La Quadrature de 1938, Man Ray invente un objet mécanique inédit, tout entier tiré de son esprit, et l’exécute sur panneau. Cette figure renvoie au problème de la quadrature du cercle, défi insoluble visant à construire un carré de même aire qu’un cercle donné à l’aide d’une règle, d’un compas et d’un nombre limité d’étapes. Remettant en cause l’existence de certains axiomes d’Euclide, ce problème classique – dont Man Ray affirme qu’il lui est venu en rêve – devient métaphore de l’impossible ou de la quête infructueuse, image reprise par des auteurs aussi divers qu’Aristophane, Dante, Alexander Pope, O. Henry et James Joyce. Lors d’une interview de 1973, Man Ray raconte l’origine de cette œuvre : "J’étais encore à New York, je faisais beaucoup d’études en mathématiques pour pouvoir employer les instruments mécaniques dont j’avais besoin pour m’exprimer. Alors, un jour j’ai rêvé que j’avais trouvé la solution de la quadrature du cercle. Comment transformer un cercle en carré. J’ai fait un cercle avec une ficelle et ensuite, j’ai tiré dessus avec quatre doigts pour faire quatre coins et c’est devenu un carré. Mathématiquement, ce n’est pas valable. Seulement : je ne vais pas justifier mon rêve par la logique ! Il faut que cela reste un peu mystérieux. Même pour moi." (Irmeline Lebeer, "Man Ray Fautographe", L'Art vivant, no. 44, Paris, novembre 1973, p. 24)

La Quadrature illustre cette métaphore, compliquant encore l’immémorial problème par la construction d’une composition en plusieurs plans, l’insertion du cône inversé et la localisation des éléments dans un espace aux perspectives multiples. L’objet de La Quadrature apparaît par la suite dans Le Beau Temps, œuvre maîtresse de Man Ray de 1939 (Wendy A. Grossman, op. cit., p.192). Dans cette toile monumentale, qui apparaît comme une prémonition de la Seconde Guerre et de l’importance de la science à cette époque, La Quadrature est reproduite en miniature au sein d’un livre ouvert.


Catalogue note

Man Ray’s fascination for geometric forms and mathematical problems can be traced back to his work experience as a commercial graphic artist as well as his mechanical works of the Dada period, and remained present throughout his career. In La Quadrature of 1938, Man Ray invented an unprecedented mechanical object, imagined in a dream, and painted it onto a wooden panel. “…he takes on the problem posed by geometers since antiquity of squaring the circle, the unresolvable challenge of constructing a square with the same area as a given circle using a finite number of steps and tools. Questioning the existence of certain axioms of Euclidean geometry, this classic problem – which Man Ray claims came to him in his dream – became a metaphor for the impossible or the fruitless, taken up by writers as diverse as Artistophanes, Dante, Alexander Pope, O. Henry, and James Joyce (Wendy A. Grossman in Man Ray / Human Equations : a journey from mathematics to Shakespeare, Washington, D.C., The Phillips Collection, 2015-16, p. 192). In an interview in 1973, Man Ray described the origin of this work: "I was still in New York; I studied mathematics a lot in order to be able to use the mechanical instruments I needed to express myself. Then, one day I dreamt that I had found the solution for the squaring of a circle. How to transform a circle into a square? I made a circle with a piece of string and then I pulled it with four fingers to make four corners and it became a square. Mathematically, it was not valid. Only, I am not going to justify my dream with logic! It has to remain a bit mysterious. Even for me.” (Irmeline Lebeer, "Man Ray Fautographe", L'Art vivant, no. 44, Paris, November 1973, p. 24)

La Quadrature takes up this metaphor, further complicating the challenge of squaring the circle by constructing the composition across multiple planes, inserting the inverted cone, and situating the elements in a multifaceted perspective space. The central components in the painting first appear alongside other sketches in a preparatory study for Le Beau Temps (Fair Weather), a monumental painting completed a year later (Wendy A. Grossman, op. cit.,  p. 192). In this monumental canvas, which can arguably be viewed as a premonition to the Second World War and of the importance in the advances of science, La Quadrature is reproduced in miniature, as an illustration in an open book - an emblem of the artist’s fascination for geometry and his respect for science.

Art Impressionniste et Moderne / Impressionist & Modern Art

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Paris