Lot 209
  • 209

François Rude, 1784 - 1855 Jean-François Galaup, comte de La Pérouse (1741-1788), vers 1831

Estimate
40,000 - 60,000 EUR
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Description

  • François Rude
  • Jean-François Galaup, comte de La Pérouse (1741-1788), vers 1831
  • titré sur l'entablement LAPEROUSE
  • buste grandeur nature en marbre blanc
  • Haut. 84 cm; height 33 in.

Condition

Very good condition overall with some minor surface in the crevices and a few grey marble inclusions at several places, as can be seen on the photograph. On the reverse a few yellow stains are visible, and a few very minor lacks to the lower edges of the marble. Fantastically carved bust with fine modelling.
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Catalogue Note

François Rude est l’une des figures majeures de la statuaire française du XIXe siècle. Formé à Dijon chez François Devosge (1697-1777) puis à Paris, à l’Ecole impériale des Beaux-Arts, et enfin dans l’atelier de Pierre Cartellier (1757-1831). Il remporte le Prix de Rome en 1812. Après 1815, il fut contraint à s'exiler à Bruxelles, pour ne revenir à Paris qu'en 1827. Il y commence une brillante carrière qui le désignera naturellement comme chef de file de l’école romantique. Son chef-d’œuvre, la Marseillaise, qui orne depuis 1836 l’Arc de triomphe de l’Etoile, est l’une des sculptures emblématiques du siècle, admirée par plusieurs générations de sculpteurs.
Commandé en 1828 pour le Musée du Dauphin, ancêtre du Musée de la Marine, le buste du Comte de La Pérouse sera présenté au Salon de 1831. A l'époque, la disparition mystérieuse du navigateur était au centre de l'actualité. En 1785, La Pérouse est chargé par Louis XVI d’explorer le Pacifique au commandement de la Bousole et l’Astrolabe. En 1788, l'expédition fait tragiquement naufrage sur les récifs de l'île Vanikoro, au large de la Nouvelle Calédonie. Malgré plusieurs expéditions, ni survivants ni épaves ne furent retrouvés et il fallut attendre 1827 pour que le capitaine marchand Peter Dillon découvre les restes de l'Astrolabe, la Boussole restant introuvable. Selon les indigènes, un seul navire aurait coulé et le second se serait échoué sur l'île. Plusieurs mois après, une partie des survivants seraient repartis à bord d'une embarcation de fortune et le dernier des survivants restés sur l'île serait mort depuis peu. En 1828, le capitaine Dumont d’Urville rapporta les vestiges de l’Astrolabe qui furent exposés dans une salle du musée avec le buste de l'illustre navigateur.
Rude s’inspira d’un portrait en miniature du navigateur (musée La Pérouse, Albi) et de la gravure ornant le frontispice de ses récits de voyage, publiés en 1798. Il interprète largement autour du peu de sources dont il dispose, créant ainsi un portrait particulièrement enlevé. Il respecte la tradition classique du buste d’apparat largement drapé, en y conférant une modernité toute romantique dans l'expressivité du visage et dans le mouvement de la chevelure et de la cravate emportées par le vent. Véritable portrait psychologique, Rude capte le fougueux tempérament du navigateur face aux éléments déchainés. Ce buste est la parfaite synthèse du début de le carrière parisienne du sculpteur, entre Classicisme et Romantisme. Notre marbre est certainement une commande d'un aristocrate privée, ou descendant de la famille.

Nous remercions Monsieur Wassili Joseph, auteur d'une thèse sur l'artiste, pour la rédaction de cette notice.