Lot 162
  • 162

Quatre miroirs à pareclose en bois sculpté et doré dont deux miroirs d'époque George II, vers 1750 probablement livrés pour Le château de Ditchley Park et une paire de miroirs en suite probablement réalisée dans la seconde moitié du XIXe siècle

Estimate
200,000 - 300,000 EUR
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Description

  • wood
  • 230 cm. high, 125 cm. wide; 7ft. 6½ in., 4ft. 1¼ in.
Richement sculpté de feuillages et motifs rocailles, la partie supérieure ornée d'une coquille ajourée et d'un masque de femme ; la base sculptée d'enroulement d'acanthe et décorée au centre d'un masque de satyre ; (quelques éléments de miroir remplacés ; redorés)

Provenance

-la paire de miroirs du milieu du XVIIIe siècle probablement commandée par George Henry Lee, 3eme comte de Lichfield pour Ditchley Park, Oxfordshire, puis par descendance jusqu'aux vicomtes Dillon.

-les quatre miroirs achetés avec le château au vicomte Arthur Dillon par Ronald et Nancy Tree en 1934.

-déplacés et installés par Michael Tree et Lady Anne dans les années 1940 dans la grande galerie de Mereworth castle, Kent sous la direction de John Fowler.

-vente de la collection de Lady Anne Tree, Christie´s Londres, le 23 mai 1968

-Bennison Gallery, Londres

Literature

"Palladio ´70", Connaissance des Arts, juin 1972, n° 244

Martin Wood, John Fowler, Prince of Decorators, Londres, 2007, p. 153 (illustrés à Mereworth Castle)

Condition

These mirrors are very effective as a decorative set of four, however, the subtle variations to carved detail, size and the tonal quality of the gilding is noticeable upon close physical inspection. There are losses to carved elements as to be expected most notably to the vulnerable extremities such as the scrolled surmounts flanking the central crests and to the palm frond decoration, particularly on one mirror. There are separations/ cracks to the constructional joints and some loose elements which have been re-attached in places. There is re-touching to the gilding and signs of ingrained dirt. The mirrors have been re-gessoed in areas and have signs of craqueleur, noticeably to each mask on the 18th century pair. The majority of the mirror plates have been replaced and have some losses to the silvering. Some marginal plates with cracks and areas of replacements to the carved elements. These spectacular mirrors have exactly the amount of old marks and scratches commensurate with their age that one would expect to see on pieces from a private collection.This rare set of mirrors have great history having been in two celebrated 18th century country houses and have a considerable decorative impact when seen together.
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Catalogue Note

Ces impressionnants miroirs illustrent les débuts du courant rocaille en Angleterre, ils sont directement inspirés de modèles publiés au début des années 1750 par un petit cercle comprenant Thomas Chippendale, Matthias Lock,  William et John Linnell et Thomas Johnson. Le rapprochement avec l'oeuvre de Matthias Lock et de son carnet de dessins contenant de esquisses de miroirs et études d'ornements rocailles est le plus pertinent (voir P. Ward-Jackson, English Furniture Designs of the 18th century, 1956, pl. 63-66). Appartenant à une famille de sculpteurs réputée, son nom revient fréquemment dans les prestigieuses commandes des années1740 ainsi que sur des projets de miroirs, appliques en bois qu'il fit publier en 1744. Ses liens avec H. Coppland suggèrent qu'il a probablement collaboré avec Thomas Chippendale à la réalisation du célèbre Director.

 

Ditchley Park, Nancy Lancaster et John Fowler

 

Ces miroirs possèdent une histoire passionnante, car la paire du XVIIIe siècle a certainement été commandée pour la demeure néo-palladienne Ditchley Park par James Gibbs au moment où le château connaissait une seconde phase de travaux de rénovation débutée dans les années 1940. En 1934 lorsque la propriété est achetée par Ronald Tree et sa femme Nancy, Nancy se lance dans une vaste redécoration avec l'aide de Sibyl Colefax et du français Jérôme Boudin de la Maison Jansen. Le résultat est remarquable et valut à Nancy la réputation de posséder  "the finest taste of almost anyone in the world". Nancy a poursuivi sa collaboration avec Sibyl Colefax puis avec le très prometteur John Fowler qui venait de la rejoindre pour finalement racheter l'entreprise Colefax and Fowler après on divorce avec Ronald Tree. Les miroirs reviennent ensuite a son fils Michael et à sa belle fille Lady Anne Cavendish qui héritent en 1950 de Mereworth Castle situé dans le Kent, une autre somptueuse demeure néo-palladienne, réplique exacte de la Villa Almerico. Sollicitant l'aide de John Fowler, le couple, en plein réameublement de Mereworth fit placer les miroirs en paire à chaque extrémité de l'impressionnante galerie servant aussi de bibliothèque où les quatre miroirs restèrent accrochés jusqu'au moment où ils furent vendus aux enchères. John Fowler qui les connaissait  de longue date leur trouva une nouvelle prestigieuse demeure néo-palladienne, la Villa de la Croix de Gardes sur les hauteurs de Cannes qu'il décorait avec talent et passion. Placés dans le grand salon ils apparaissent dans le reportage réalisé en juin 1972 par le magazine Connaissance des Arts.