Lot 76
  • 76

Céline, Louis-Ferdinand

Estimate
1,500 - 2,500 EUR
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Description

  • Céline, Louis-Ferdinand
  • Lettre autographe signée [à Georges Geoffroy]. Le 24 [décembre 1950].
  • ink on paper
2 p. petit in-folio (340 x 210 mm). Signée "LFC" et dans l'angle inférieur, de la main de sa femme : "Lucette". Note au crayon datant la lettre 27.12.50.

Lettre amicale et désillusionnée, quelques mois après la condamnation de Céline par la Cour du Justice de Paris.



L’exilé Céline, qui souhaite un bon Noël et une bonne année à son vieil ami, ne croit pas à un retour possible en France et évoque l’ancien temps de leur amitié londonienne à l’aide d’un quatrain : 
"Le retour ? oh cher vieux tu n’y crois pas toi-même ! Tu penses avec Mayer – Duc de Vendôme et des Bastilles ! Il faudrait que les Russes aient été rossés ! Etc. Les Tartares aux Tuileries d’abord ! Mac Arthur aux Invalides ! Avec Napoléon ! Folies ! A nos âges ! Bons baisers bien sincères et bien affectueux à vous deux de nous deux ! Ah Leicester Sq. ! Gower Street !
ah comme je regrette !
ma jambe bien faite !
mon bras si dodu !
et le temps perdu ! (vieil air)
".



Objet de la vindicte de Céline, qui le surnomma duc de Montrouge-Vendôme (de l'adresse du fort où se déroulaient les exécutions publiques et de celle du Ministère de la Justice), le socialiste René Mayer -- alors Garde des Sceaux -- fut pourtant l’un des principaux artisans de la loi d’amnistie qui devait permettre à l'écrivain de rentrer en France quelques mois plus tard, en juillet 1951.



Sur Georges Geoffroy, voir lot 73.