Lot 63
  • 63

Apollinaire, Guillaume

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description

  • Apollinaire, Guillaume
  • Tristesse d'une étoile. Poème autographe signé. [1916].
  • ink on paper
Un des plus célèbres poèmes de Calligrammes, évoquant sa blessure à la tête.

Trois quatrains, écrits à l'encre noire au verso d'un feuillet in-8 (209 x 135 mm). En-tête "Hôpital du Gouvernement Italien, pour les blessés de Guerre Français. 41 Quai d'Orsay. Paris". Belle signature.



"Une belle Minerve est l'enfant de ma tête
Une étoile de sang me couronne à jamais
[...]
C'est pourquoi de mes maux ce n'était pas le pire
Ce trou presque mortel et qui s'est étoilé
Mais le secret malheur qui nourrit mon délire
Est bien plus grand qu'aucun âme ait jamais celé"
[...]



Avant de choisir pour titre définitif "Tristesse d'une étoile", Apollinaire a essayé et raturé d'autres titres : "Le Fiévreux", "Plainte", "La Tristesse d'un automne".



Le 17 mars 1916, en contrebas du chemin des Dames près de Berry-au-Bac (département de l'Aisne, région de Picardie), Apollinaire est blessé alors qu'il lisait le dernier numéro du Mercure de France : "Blessé avant-hier à la tête, éclat d'obus, le casque percé. J'espère que ça se passera bien. L'éclat est bien enfoncé et ma foi, il est possible qu'on l'y laisse" (lettre du 19 mars 1916 à son ami André Level). Il est évacué dans un premier temps au Val-de-Grâce, puis à l'Hôpital italien du Quai d'Orsay, où il sera trépané le 9 mai 1916. L'image du poète à la tête bandée sera à jamais immortalisée par Picasso et figurera en frontispice de Calligrammes en 1918 (voir lot précédent).



"Tristesse d'une étoile" parut dans Calligrammes en 1918. On notera une variante au vers 3 ("mon fond" a été par la suite remplacé par "au fond") et au vers 8 ("aucun âme" plutôt qu'"aucune âme").



Le poème avait été publié une première fois dans Six Poèmes en 1916, programme imprimé sous forme de plaquette dépliante, à la suite d'une lecture poétique organisée le 24 novembre 1916 au groupe Lyre et Palette rue Huyghens. Apollinaire, Cendrars, Cocteau, Jacob, Reverdy et Salmon furent invités. Souffrant, Apollinaire se fit remplacer par Cocteau qui lut "Tristesse d'une étoile" et autres poèmes de guerre.



Références : Apollinaire, Œuvres poétiques, Pléiade, p. 308.