Lot 42
  • 42

Berlioz, Hector

Estimate
3,000 - 4,000 EUR
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Description

  • Berlioz, Hector
  • Lettre autographe signée à sa sœur Nanci Berlioz. [Vers le 20 octobre 1830].
  • ink on paper
4 pages in-4 (215 x 178 mm), à l'encre brune avec adresse autographe.
Petit trou sans manque lié au cachet de cire.

Belle lettre inquiète sur sa passion pour Camille Moke.



C’est en 1830 que Berlioz, désespéré de la distance où le tenait alors Harriett Smithson, avait rencontré la jeune Camille Moke, pianiste de grand talent, âgée de 18 ans. S’ensuivit une violente passion partagée, dont il dira dans ses Mémoires : "Mademoiselle M*** me mit au corps les flammes et tous les diables de l’enfer". Ils avaient prévu de se marier en 1832, mais leur relation tournera court lorsque Berlioz, peu après la triomphale première de sa Symphonie fantastique six semaines seulement après cette lettre, ira séjourner à Rome. L'année suivante Camille épousera Camille Pleyel (ils se sépareront en 1836).



Il félicite sa sœur d’avoir refusé "une union mal assortie... Toujours l’argent, jamais une idée plus élevée, tout pour l’estomac et rien pour le cœur !". Tout le reste de la lettre exprime son inquiétude pour ses relations avec Camille Moke, à cause de l’attitude de la mère de celle-ci, qui vit aux crochets de sa fille et voudrait lui faire faire un riche mariage : "Mme Moke a changé de langage et de manière avec moi, elle me reçoit toujours aussi souvent mais non plus avec affection et cordialité ; elle a fait tout au monde pour détacher de moi Camille ; c’est une femme intéressée qui aime mieux que sa fille ne se marie pas si elle ne fait pas un mariage riche qui puisse lui donner de l’aisance à elle." Il faut donc "attendre que Camille ait atteint sa majorité pour qu’elle puisse faire des soumissions à sa mère." Amère constatation : "Tu me crois très heureux ; et je ne puis presque jamais la voir deux minutes seule...". Il peut cependant compter sur Camille : "Elle est sans crainte, elle sait bien que je ne changerai pas, que mon existence est liée à la sienne, que rien ne pourra me faire renoncer à elle, et puis elle sait bien que sa mère dépend davantage d’elle qu’elle ne dépend de sa mère, que sa fortune est dans son talent, mais moi avec ma diabolique imagination je me ronge le cœur toute la journée, l’avenir m’épouvante, attendre deux ans !..." Un espoir, malgré tout : "la promesse que j’ai obtenue du directeur de l’Opéra de faire jouer mon ouverture de La Tempête...". Mais Mme Moke a refusé de venir à la distribution des prix de l’Institut (sa cantate Sardanapale avait obtenu le premier Prix de Rome) : "cette séance dont je me faisais une fête n’est qu’un sujet de chagrin...". Il lui recommande de ne rien dire à leurs parents, qui auraient pris à son insu des renseignements sur Camille, puis : "Je pense aux adieux qu’elle m’a fait hier soir pendant que sa mère ne pouvait la voir, je crois encor sentir sa main dans la mienne ; je souffre moins."



Références : Correspondance générale, éd. P. Citron, t. I, Flammarion, 1972, lettre n° 183.



 

Condition

Petit trou sans manque lié au cachet de cire.
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