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Tortorel, Jacques, et Jean Perissin
Estimate
10,000 - 15,000 EUR
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Description
- Tortorel, Jacques, et Jean Perissin
- [Histoires diverses qui sont mesmorables... Genève, Jean de Laon, 1569-1570.] Titres et légendes en français.
- ink on paper
3 gravures sur bois (320 x 484 mm sur feuilles de 380 x 500 mm. environ.) Sous verre, baguette de bois sombre.
Ces rares gravures sont issues des Histoires diverses qui sont mémorables touchant les Guerres, Massacres, et Troubles advenus en France en ces dernières années, Le tout recueilli selon le tesmoignage de ceux qui y ont esté en personne. Commandé à Jean Perrissin, peintre lyonnais réfugié à Genève, par deux négociants flamands, il devait comprendre un second volume, de texte, qui ne put être réalisé, dû à la peste qui frappe Genève. Perrissin s'entoure des graveurs Jacques Tortorel et Jean II de Gourmont.
Document capital sur cette période, ce très rare ouvrage illustre, en 40 gravures, sur bois et sur cuivre, d'un point de vue protestant, les événements politiques et religieux les plus marquants de la décennie écoulée, berceau des des guerres de religion françaises.
1. Lentreprinse d'Amboise descouverte les 13. 14. & 15. de Mars. 1560. Gravure sur bois (318 x 490 mm sur feuille de 402 x 520 mm). Signée G[ourmont] et I. Tortorel. fecit.
Connue aujourd'hui sous le nom de « conjuration » d’Amboise, l'opération, dont le but est de s’emparer du tout jeune roi François II afin de le soustraire à l’influence des Guise, fut un lourd échec pour le parti protestant, et l'un des grands événements du début des Guerres, en 1562. Les 15 et 16 mars, un grand nombre de personnes rassemblées dans les bois d’Amboise sont arrêtées, l’attaque de la ville le 17 mars échoue, et le 19, le chef des conjurés, Jean du Barry, seigneur de La Renaudie, est tué. Le titre de la gravure antidate l'affaire de quelques jours. La gravure, en narration simultanée, rassemble cinq épisodes, qui se sont déroulés à des moments différents. Les récits publiés par les protestants cherchent à en minimiser la gravité, certifiant que le but des conjurés était avant tout de réussir à présenter leurs doléances au roi, ce que les Guise auraient refusé. L’échec d’un complot aristocratique fut ainsi transformé en une tentative pacifique de pétition au roi. En accord avec ces récits, la structure de la composition minimise l’idée d’une agression protestante.
2. L'execution d'Amboise, faite le 15. Mars. 1560. Gravure sur bois (314 x 490 mm sur feuille de 403 x 543 mm). Signée P[errissin].
Malgré l'ignorance politique évidente des prisonniers protestants lors des interrogatoires, l’attaque d’Amboise du 17 mars donne lieu à des représailles sévères du pouvoir royal à l’égard des conjurés. Ici encore, la gravure concentre en une seule vue plusieurs épisodes qui, dans la réalité, se sont déroulés sur près de deux semaines (le titre antidate par erreur de deux jours le début des exécutions). Le sort réservé au corps de La Renaudie est bien décrit par les historiens protestants de l'époque. Courage et dignité des victimes sont mis en valeur face à la sévérité de la répression, et leurs attitudes apparentées aux représentations traditionnelles des martyrs de la foi chrétienne. La décapitation de Villemongis met en évidence les mains dégoulinantes de sang du condamné, qu'il avait, selon les sources protestantes, trempées dans le sang de ses compagnons morts pour invoquer la vengeance divine.
3. Le Massacre fait a Tours par la populace au mois de Iuillet. 1562. Gravure sur bois (320 x 486 sur feuille de 404 x 520 mm). Signée P[errissin].
Suite au massacre de Wassy le 1er mars 1562, et la violence redoublée des protestants, Tours est l’une des premières villes à tomber sous leur domination, en juillet 1562. Les forces royales et catholiques reprennent rapidement la ville, les assiégés négociant leur reddition contre une libre sortie de la ville. Mais l’accord ne fut pas respecté, et se termine en massacre.
Peu de sources contemporaines existent au sujet de cette tragédie. La gravure de Tortorel et Perrissin en constitue l’une des rares évocations et est la seule à en décrire les détails. Elle repose vraisemblablement presque exclusivement sur des témoignages oraux de survivants.
Très beau tirage, en superbe état.
Anciennement reliées par le milieu, les trois gravures portent au centre leur ancienne trace de pliure verticale (à peine visibles au recto). Elles ont été numérotées récemment au verso : 6, 7, et 14, au crayon, numérotation correspondant au classement donné par Brunet (V, col. 892-895).
Ces rares gravures sont issues des Histoires diverses qui sont mémorables touchant les Guerres, Massacres, et Troubles advenus en France en ces dernières années, Le tout recueilli selon le tesmoignage de ceux qui y ont esté en personne. Commandé à Jean Perrissin, peintre lyonnais réfugié à Genève, par deux négociants flamands, il devait comprendre un second volume, de texte, qui ne put être réalisé, dû à la peste qui frappe Genève. Perrissin s'entoure des graveurs Jacques Tortorel et Jean II de Gourmont.
Document capital sur cette période, ce très rare ouvrage illustre, en 40 gravures, sur bois et sur cuivre, d'un point de vue protestant, les événements politiques et religieux les plus marquants de la décennie écoulée, berceau des des guerres de religion françaises.
1. Lentreprinse d'Amboise descouverte les 13. 14. & 15. de Mars. 1560. Gravure sur bois (318 x 490 mm sur feuille de 402 x 520 mm). Signée G[ourmont] et I. Tortorel. fecit.
Connue aujourd'hui sous le nom de « conjuration » d’Amboise, l'opération, dont le but est de s’emparer du tout jeune roi François II afin de le soustraire à l’influence des Guise, fut un lourd échec pour le parti protestant, et l'un des grands événements du début des Guerres, en 1562. Les 15 et 16 mars, un grand nombre de personnes rassemblées dans les bois d’Amboise sont arrêtées, l’attaque de la ville le 17 mars échoue, et le 19, le chef des conjurés, Jean du Barry, seigneur de La Renaudie, est tué. Le titre de la gravure antidate l'affaire de quelques jours. La gravure, en narration simultanée, rassemble cinq épisodes, qui se sont déroulés à des moments différents. Les récits publiés par les protestants cherchent à en minimiser la gravité, certifiant que le but des conjurés était avant tout de réussir à présenter leurs doléances au roi, ce que les Guise auraient refusé. L’échec d’un complot aristocratique fut ainsi transformé en une tentative pacifique de pétition au roi. En accord avec ces récits, la structure de la composition minimise l’idée d’une agression protestante.
2. L'execution d'Amboise, faite le 15. Mars. 1560. Gravure sur bois (314 x 490 mm sur feuille de 403 x 543 mm). Signée P[errissin].
Malgré l'ignorance politique évidente des prisonniers protestants lors des interrogatoires, l’attaque d’Amboise du 17 mars donne lieu à des représailles sévères du pouvoir royal à l’égard des conjurés. Ici encore, la gravure concentre en une seule vue plusieurs épisodes qui, dans la réalité, se sont déroulés sur près de deux semaines (le titre antidate par erreur de deux jours le début des exécutions). Le sort réservé au corps de La Renaudie est bien décrit par les historiens protestants de l'époque. Courage et dignité des victimes sont mis en valeur face à la sévérité de la répression, et leurs attitudes apparentées aux représentations traditionnelles des martyrs de la foi chrétienne. La décapitation de Villemongis met en évidence les mains dégoulinantes de sang du condamné, qu'il avait, selon les sources protestantes, trempées dans le sang de ses compagnons morts pour invoquer la vengeance divine.
3. Le Massacre fait a Tours par la populace au mois de Iuillet. 1562. Gravure sur bois (320 x 486 sur feuille de 404 x 520 mm). Signée P[errissin].
Suite au massacre de Wassy le 1er mars 1562, et la violence redoublée des protestants, Tours est l’une des premières villes à tomber sous leur domination, en juillet 1562. Les forces royales et catholiques reprennent rapidement la ville, les assiégés négociant leur reddition contre une libre sortie de la ville. Mais l’accord ne fut pas respecté, et se termine en massacre.
Peu de sources contemporaines existent au sujet de cette tragédie. La gravure de Tortorel et Perrissin en constitue l’une des rares évocations et est la seule à en décrire les détails. Elle repose vraisemblablement presque exclusivement sur des témoignages oraux de survivants.
Très beau tirage, en superbe état.
Anciennement reliées par le milieu, les trois gravures portent au centre leur ancienne trace de pliure verticale (à peine visibles au recto). Elles ont été numérotées récemment au verso : 6, 7, et 14, au crayon, numérotation correspondant au classement donné par Brunet (V, col. 892-895).