- 161
Michaux, Henri
Estimate
4,000 - 6,000 EUR
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Description
- Michaux, Henri
- Ecriture mescalinienne pour Misérable miracle. [1955].
- pen on paper
1 p. in-4 (169 x 210 mm), papier filigrané "André Chotel paris A.M.C.". Ecriture à la mine de plomb. Au verso, annotations à l'encre : "page 16 / cahier B" ; numéro "74" légèrement effacé dans le coin supérieur droit du recto. Légères souillures.
Rarissime manuscrit d'écriture mescalinienne. Si les dessins mescaliniens se rencontrent parfois, les exemples d'écriture mescalinienne sont très rares. Celui-ci est l'un des quelques-uns à avoir été reproduits en fac-similé dans Misérable miracle.
Misérable miracle est pour Michaux une "exploration", celle de lui-même sous l'effet de la drogue puissante qu'est la mescaline. L'explorateur y décrit les effets de la drogue sur sa perception de la réalité et montre les effets sur sa créativité. A la différence de Thomas De Quincey, qui, dans ses Confessions d'un mangeur d'opium (1821), relate après coup l'expérience et mêle souvenirs imaginés et réels souvenirs, l'intention de Michaux est de donner une description presque clinique du phénomène, faite au moment où la drogue agit.
Sur cette page d'une grande beauté graphique, l'une des 48 que Michaux décidera de reproduire en fac-similé dans son recueil, on devine ces mots :
"Ici un des personnages
étaient [sic ?]
exténué [? ...]
je brûle d'un feu [...]
tout entier je brûle
j e b r û l e,
j e b r u l e..."
Dans la partie inférieure de la page, les mots se déchirent, les lettres s'entremêlent et semblent tomber dans un précipice. La transcription de ces visions sur papier est rendue difficile notamment par la "vitesse inouïe d'apparition, transformation, disparition des visions", comme le dit le poète. Aussi, même si, à tout autre outil, il préfère le crayon parce qu'il glisse plus rapidement sur la page, sa main peine à suivre le rythme des visions : de ce fait difficilement lisible, le poème devient dessin, ou, ainsi que le dit Michaux, il est "plus sensible que lisible, aussi dessiné qu'écrit" (Misérable miracle, Pléiade, II, p. 619).
Michaux publiera ensuite d'autres récits d'expériences par les drogues : L'Infini turbulent (1964), Les Grandes épreuves de l'esprit (1966) et Connaissance par les gouffres (1967), mais aucun autre que Misérable miracle ne reproduit des pages d'écriture mescalinienne, parfois des dessins mescaliniens. Michaux tenait absolument à la présence de ces fac-similés dans le recueil, à tel point que, devant l'opposition de Gallimard à les reproduire, il s'adresse, par l'intermédiaire de Maurice Saillet, aux Editions du Rocher.
Le feuillet manquant à la collection Gwenn-Aël Bolloré. Le catalogue de la bibliothèque Gwenn-Aël Bolloré (Sotheby's, 2002, lot 102) présentait 15 feuillets d'écriture mescalinienne qui formaient le deuxième cahier d'illustrations de Misérable miracle (Pléiade, II, p. 654-669), auquel il manquait cependant le 8e feuillet (Idem, p. 661). C'est ce feuillet qui réapparaît ici.
R. Bellour affirme qu'il "n'existe à proprement parler aucun manuscrit ni dactylogramme connu des livres de la drogue [...] Tout juste, ça et là, des pages d'épreuves [...]" (Oeuvres complètes, Pléiade, II, p. 1281).
Références : reproduit dans l'édition originale de Misérable miracle (1956), repris dans les Oeuvres complètes, Pléiade, II, p. 661.
Provenance : donné par Michaux à un médecin auquel il a également offert un exemplaire de Misérable miracle (voir lot précédent).
Rarissime manuscrit d'écriture mescalinienne. Si les dessins mescaliniens se rencontrent parfois, les exemples d'écriture mescalinienne sont très rares. Celui-ci est l'un des quelques-uns à avoir été reproduits en fac-similé dans Misérable miracle.
Misérable miracle est pour Michaux une "exploration", celle de lui-même sous l'effet de la drogue puissante qu'est la mescaline. L'explorateur y décrit les effets de la drogue sur sa perception de la réalité et montre les effets sur sa créativité. A la différence de Thomas De Quincey, qui, dans ses Confessions d'un mangeur d'opium (1821), relate après coup l'expérience et mêle souvenirs imaginés et réels souvenirs, l'intention de Michaux est de donner une description presque clinique du phénomène, faite au moment où la drogue agit.
Sur cette page d'une grande beauté graphique, l'une des 48 que Michaux décidera de reproduire en fac-similé dans son recueil, on devine ces mots :
"Ici un des personnages
étaient [sic ?]
exténué [? ...]
je brûle d'un feu [...]
tout entier je brûle
j e b r û l e,
j e b r u l e..."
Dans la partie inférieure de la page, les mots se déchirent, les lettres s'entremêlent et semblent tomber dans un précipice. La transcription de ces visions sur papier est rendue difficile notamment par la "vitesse inouïe d'apparition, transformation, disparition des visions", comme le dit le poète. Aussi, même si, à tout autre outil, il préfère le crayon parce qu'il glisse plus rapidement sur la page, sa main peine à suivre le rythme des visions : de ce fait difficilement lisible, le poème devient dessin, ou, ainsi que le dit Michaux, il est "plus sensible que lisible, aussi dessiné qu'écrit" (Misérable miracle, Pléiade, II, p. 619).
Michaux publiera ensuite d'autres récits d'expériences par les drogues : L'Infini turbulent (1964), Les Grandes épreuves de l'esprit (1966) et Connaissance par les gouffres (1967), mais aucun autre que Misérable miracle ne reproduit des pages d'écriture mescalinienne, parfois des dessins mescaliniens. Michaux tenait absolument à la présence de ces fac-similés dans le recueil, à tel point que, devant l'opposition de Gallimard à les reproduire, il s'adresse, par l'intermédiaire de Maurice Saillet, aux Editions du Rocher.
Le feuillet manquant à la collection Gwenn-Aël Bolloré. Le catalogue de la bibliothèque Gwenn-Aël Bolloré (Sotheby's, 2002, lot 102) présentait 15 feuillets d'écriture mescalinienne qui formaient le deuxième cahier d'illustrations de Misérable miracle (Pléiade, II, p. 654-669), auquel il manquait cependant le 8e feuillet (Idem, p. 661). C'est ce feuillet qui réapparaît ici.
R. Bellour affirme qu'il "n'existe à proprement parler aucun manuscrit ni dactylogramme connu des livres de la drogue [...] Tout juste, ça et là, des pages d'épreuves [...]" (Oeuvres complètes, Pléiade, II, p. 1281).
Références : reproduit dans l'édition originale de Misérable miracle (1956), repris dans les Oeuvres complètes, Pléiade, II, p. 661.
Provenance : donné par Michaux à un médecin auquel il a également offert un exemplaire de Misérable miracle (voir lot précédent).