Lot 127
  • 127

Paire de grands candélabres aux enfants chasseurs en bronze doré et marbre blanc d'époque Louis XVI

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
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Description

  • giltbronze
  • Haut. 52 cm, larg. 22 cm
  • Height 20 1/2 in; width 8 2/3 in
à trois bras de lumière en forme de cors soutenus par un putto prenant appui sur une tête de cerf ; reposant sur un socle cylindrique cannelé ceint d'une frise de feuilles d'eau et terminé par une plinthe

Provenance

Ancienne collection Sigismond Bardac, vente Galerie Georges Petit, les 10 et 11 mai 1920, lot 72

Condition

The illustration of the catalogue is accurate. Good overall condition despite the usual minor scratches and marks throughout. The end of a blade on the base (near the stag's head) is missing. The gilding is slightly tarnished and rubbed as expected. A small bronze ribbon has been probably changed at the top of a putto's head. The drip pan is missing inside two horns. Very nice chasing.
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Catalogue Note

En 1782, le voyage en France du tsarévitch Paul et de son épouse Maria Feodorovna, sous les noms de comte et comtesse du Nord, fut l’occasion pour les futurs souverains d’accumuler nombre d’objets d’art pour décorer leurs différentes résidences de Saint-Pétersbourg. Dans ses Mémoires, Madame d’Oberkirch, amie d’enfance de la comtesse du Nord, mentionne les cadeaux offerts par Louis XVI et Marie-Antoinette – notamment la fameuse toilette en porcelaine de Sèvres – mais aussi la fièvre d’acquisition qui conduit les augustes visiteurs chez Daguerre et nombre de fournisseurs : « En sortant de la comédie, nous retournâmes dans les boutiques, en particulier chez les ébénistes et les quincailliers » (Baronne d’Oberkirch, Mémoires, Paris, 2000, p. 234).

Devenu tsar à la mort de sa mère Catherine II en 1796, Paul Ier continua d’afficher sa prédilection pour les objets d’art à la mode de Paris. Entre juin 1798 et octobre 1799, il fit acheter plus de cinq cent bronzes décoratifs (I. Zek, “Bronzes d’ameublement et meubles français achetés par Paul Ier pour le Château Saint-Michel de Saint-Pétersbourg en 1798-1799” in Bulletin de la Société de  l’Histoire de 1’Art Français, 1994).  Son architecte Vincenzo Brenna se chargeait de passer commande auprès de marchands français établis à Saint-Pétersbourg, comme Barthélémy Defarge ou André Scholtzen : ce dernier livra le 13 août 1798 des « girandoles à trois lumières représentant des Enfants nus portant des cors de chasse formant trois bobèches dorées au mat sur des piédouches de même garnis d’attributs de chasse », destinés à décorer le château Michel que le tsar inaugura le 1er février 1801. Paul Ier n’eut guère le temps de profiter de sa nouvelle résidence puisqu’il fut assassiné quarante jours plus tard. L’ameublement du château Michel fut alors dispersé dans différentes demeures, comme les palais d’Hiver, de Strelna, de Tauride ou encore de Pavlovsk (E. Ducamp, Pavlovsk, Les collections, Paris, 1993, t. II, p. 178) : c’est dans cette dernière résidence que l’impératrice douairière choisit de se retirer.

La composition identique de nos candélabres – et non « en regard » -  indique probablement qu’ils faisaient à l’origine partie d’une suite de quatre. Une paire formant pendant est toujours conservée à Pavlovsk où ils ornent aujourd’hui le salon de la Paix, situé au début des appartements de  Maria Feodorovna. Il est possible que lors d’inventaires menés après la Révolution de 1917, la suite de candélabres ait été malencontreusement divisée en deux paires identiques, et l’une vendue par les Soviets durant l’entre-deux guerres.