Lot 3
  • 3

Encoignure à étagère en placage de palissandre et bronze doré d'époque Régence, vers 1720

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
bidding is closed

Description

  • rosewood gilt bronze
le gradin muni d'une étagère et de deux vantaux, l'encoignure ouvrant par deux vantaux découvrant trois étagères, ornés des allégories des Arts et de la Science ; dessus de marbre rouge

Literature

A. Forray-Carlier, Le Mobilier du Musée Carnavalet, Paris, 2000, p. 44

A. Pradère, Charles Cressent, Dijon, 2003, p. 99

Catalogue Note

L'encoignure apparut à la fin du règne de Louis XIV, le plus souvent en paire formant le pendant d'une commode centrale. Elles étaient au début pourvues d'étagères  ou de gradin au dessus du plateau de marbre. Notre encoignure fait partie de ce petit groupe d'encoignures créées vers 1720 dont on ne connaît que de rares exemplaires dont une paire conservées au musée Carnavalet et une magnifique encoignure créée par Jacques Dubois conservée au J. P. Getty Museum. Cette dernière s'inspire d'un dessin de Nicolas Pineau conservé au Musée des Arts Décoratifs de Paris. 

A la tête de son propre atelier depuis la fin de l'année 1716, Joseph Poitou, héritier d'une dynastie d'ébénistes parisiens liée aux Boulle, connaissait déjà un succès commercial certain lorsqu'il mourut subitement au printemps 1719. Parmi les créanciers mentionnés dans son inventaire après-décès figurait un proche collaborateur, Charles Cressent (1685-1768) : celui-ci épousa bientôt la veuve de Poitou et reprit l'atelier de ce dernier, situé rue Notre-Dame-des-Victoires.

L’encoignure présentée ici appartient à cette période de transition que connut alors l'atelier. Poitou avait principalement recours à l’amarante, ainsi qu'au palissandre. Il est également fort probable que les bronzes qu'il utilisait étaient déjà, pour la plupart, l'œuvre de Cressent. Il se peut donc que notre meuble ait été complètement réalisé du vivant de Poitou avec une ornementation de bronze doré fournie par Cressent, ou alors que le bâti et le placage, exécutés avant le décès de Poitou, aient été décorés ultérieurement par Cressent lorsque celui-ci hérita de l'atelier.

Une armoire d'encoignure présentant les mêmes bronzes dorés de nos vantaux fut décrite dans la vente d'Ennery en 1786 où elle est clairement attribuée à Charles Cressent. Trois autres pièces sont connues: une paire d'armoires de la collection du comte de Vogüe vendue à Berlin en 1931, une encoignure de la collection Briscoe, vente Sotheby's Londres, le 26 octobre 1973 lot 112, et une encoignure, vente Christie's Londres, le 13 octobre 2000, lot 13.

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