Lot 181
  • 181

Atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres

Estimate
10,000 - 15,000 EUR
Log in to view results
bidding is closed

Description

  • Atelier de Jean-Auguste-Dominique Ingres
  • Le duc d'Orléans
  • Porte une signature et une date en bas à droite 1844 / INGRES
  • Huile sur toile
  • 60 x 50cm; 23 5/8 by 19 5/8 in

Condition

The painting is on its original canvas. The varnish has yellowed in some areas, forming irregular yellow traces. Thin cracks appears on the surface, but especially on the hat that the duke is holding, probably due to the use of asphalt. Under UV light, small retouches appear in the upper right, in the middle on the duke's costume and in the lower left in the backgrounds. The signature and the date are fluorescent under UV light. Good overall condition.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."

Catalogue Note

Le duc d’Orléans était très attaché au peintre Jean-Auguste-Dominique Ingres. Il possédait dans ses collections son célèbre Œdipe et le Sphinx (musée du Louvre) et lui avait commandé personnellement son portrait dès 1840. Ingres avait accepté cette commande malgré ses nombreuses autres tâches, ne pouvant se soustraire à son « aimable mécène » auquel il « ne pouvait rien refuser [1] ». Notre portrait est l’une des nombreuses répliques de ce magnifique portrait aujourd’hui conservé au Louvre et pour lequel les séances de poses avaient commencé en novembre 1841. Ingres avait alors la difficile mission de représenter ce Prince populaire « par la bravoure, par l’aménité cordiale et charmante de sa personne » comme le racontait Victor Hugo [2]. Le portrait fut terminé dès le mois d’avril 1842, seulement trois mois avant la disparition du duc, tué dans un accident de calèche. La demande de répliques de ce grand portrait sera alors croissante, car en rapport avec la personnalité très appréciée et regrettée du duc. On ignore le nombre exact de copies réalisées d’après l’original, certaines avec variantes, mais à la mort du duc, des membres de la famille, des mairies, des hôtels de ville allant de Marseille à Poitiers demandèrent des versions de ce portrait, et Pierre Angrand, dans son article Monsieur Ingres et son époque, en répertorie dix-neuf. Ingres a donc dû faire face à la commande en supervisant le travail de ses élèves et retouchant au besoin quelques toiles. Les deux répliques auxquelles Ingres aurait directement participé et qu’il cite dans son cahier n° X, sont très probablement celles, de grand format, commandées par Louis-Philippe et aujourd’hui conservées au musée de Versailles.

Notre version de dimensions bien plus réduites que la version du Louvre diffère par quelques détails du vêtement, un fond intégralement composé de motifs de passementeries et par l’absence d’une plinthe blanche et dorée. L’absence de broderies dorées sur l’habit du duc ainsi que les boutons traités dans des tons mats pour éviter la dispersion des effets de lumière se retrouvent dans les deux versions, et correspondent au désir du peintre voulant s’émanciper du faste trop pompeux de l’uniforme.

[1] Lettre d’Ingres à Gatteaux, 7 décembre 1840 cité par Pierre Angrand, Monsieur Ingres et son époque, s.d. p. 186.

[2] Victor Hugo, cité par Daniel Ternois, Tout l’œuvre peint de Ingres, Flammarion, Paris, 1984, p. 109.