Lot 17
  • 17

Emile-Jean-Horace Vernet

Estimate
20,000 - 30,000 EUR
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Description

  • Emile-Jean-Horace Vernet
  • Louis-Philippe, duc d'Orléans, dans un paysage Suisse
  • Signé et daté en bas au centre Horace Vernet 181?
  • Huile sur toile
  • 40,8 x 32,8 cm; 16 1/8 by 12 7/8 in

Provenance

Commande de la Maison d'Orléans;
Faisait partie de la Galerie du Palais royal jusqu'en 1848

Exhibited

Salon d'Horace Vernet, Paris, 1822, n° 33;
Rétrospective de portraits de femmes et d'hommes célèbres, 1830-1900, organisée par la Société nationale des Beaux-Arts, dans le palais de Bagatelle, Paris, 1908, n° 176;
Louis - Philippe, l'homme et le roi, Archives Nationales, Paris, octobre 1974 - février 1975, p. 54 n° 159, reproduit p. 54;
Horace Vernet, Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts, Paris, Académie de France à Rome, mars-juillet 1980, p. 48 n° 17, reproduit p. 48.

Literature

Adolphe Jal, L'ombre de Diderot et le bossu du Marais, Salon de 1819, Paris 1819, p.232;
Victor-Louis Jouy et Jay, Salon d' Horace Vernet. Analyse historique et pittoresque des 45 tableaux exposés chez lui en 1822, Paris, 1822, p. 127-128;
Jean Vatout, Galerie lithographiée de S.A.R. Mgr le duc d'Orléans, France 1825, tome III, p. 345;
Léon Lagrange, "Artistes contemporains - Horace Vernet", in Gazette des Beaux Arts, 1863, t. II, p. 305, 310;
Sainte-Beuve,"Horace Vernet", in Revue universelle de l'art, 1863, p. 346;
Charles Blanc, Histoire des peintres de toutes les écoles - Ecole française, Paris, 1865, t. III, p. 26;
Armand Dayot, Les Vernet : Joseph, Carle, Horace, Paris, 1898, p. 197;
Claudine Renaudeau, Horace Vernet (1789-1963): chronologie et catalogue raisonné de l'oeuvre peint, Thèse de Doctorat, Université Paris IV Sorbonne, 1999, p. 153-154, n°65

Condition

The painting was relined. Thin cracks appear on the composition. The varnish has yellowed a little bit and the composition would benefit from a light cleaning. Under UV light, small restaurations appear in the upper left by the tree, and small retouches alongside the borders, and in the trees on the left hand-side. Small cracks have been filled, especially in the right and left sleeve of Louis-Philippe. One can also observe a certain number of restaured cracks on Louis-Philippe pants. In the lower part, a small area has been rubbed above the signature and below the model's feet. No major restauration appear : Louis-Philippe's trunk, his face and most of the landscape remain intact. Good overall condition.
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Catalogue Note

Le duc d'Orléans, alors âgé d'une vingtaine d'années, est représenté lors de son exil en Suisse entre 1793 et 1795. Il exerça au collège de Reichenau, canton des Grisons, le métier de professeur de langues et de mathématiques sous le nom de Chabaud-Latour. C'est en souvenir de cette période difficile de sa vie, que le prince commanda le tableau à Horace Vernet, devenu son ami et peintre favori, au moment où il se réinstalla en France. Vernet avait quant à lui effectué en 1816 un voyage en Suisse en la compagnie du comte de Pontécoulant et en avait rapporté des carnets de dessins, dont il dut s'inspirer. Il n'est pas vain de penser que ce voyage a été effectué sur les traces du séjour du duc d'Orléans et peut être en vue de l'exécution de ce tableau, probablement peint en 1817.

Ce tableau est caractéristique de l'ambiance générale de l'époque, par le choix du site - le goût de la montagne s'est développé depuis Rousseau - et également par la volonté du modèle d'être représenté comme un prince citoyen.

Une autre version du tableau, datée 1818, est conservée au Musée Condé à Chantilly. Elle comporte plusieurs variantes : le duc d'Orléans n'est plus à la montagne mais debout dans un parc, un chapeau haut-de-forme à la main (voir l'illustration ci-dessous).

Né en 1773, fils de Louis-Philippe-Joseph duc d'Orléans, dit Philippe-Egalité, et de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre (arrière petite-fille de Louis XIV et de Madame de Montespan), Louis-Philippe porta successivement les titres de duc de Valois, de Chartres (1785), et d'Orléans (de la mort de son père en 1793 jusqu'en 1830). Elevé par Madame de Genlis, comme ses frères et sa soeur, le duc de Montpensier, le duc de Beaujolais et la future Madame Adélaïde, il fut, ainsi que son père, un partisan des idées révolutionnaires et se distingua lors des batailles de Valmy et de Jemmapes (1792). Il dut s'exiler en 1793 et vécut tout d'abord en Suisse, puis en Allemagne, en Scandinavie, aux Etats-Unis, puis en Angleterre. En 1809, il épousa à Palerme, Marie-Amélie, la fille de son cousin le roi Ferdinand IV de Naples. En 1817, Louis-Philippe rentra définitivement à Paris et s'installa avec sa famille au Palais-Royal.

L'un des intérêts principaux de la vie de Louis-Philippe était sa famille : le cercle des amis, des relations littéraires ou artistiques fréquemment reçus au Palais-Royal, s'agrègeaient autour du noyau familial constitué par Louis-Philippe, sa femme, sa soeur Madame Adélaïde, et ses enfants : le duc de Chartres, les princesses Louise et Marie, le duc de Nemours, la princesse Clémentine, et les quatre derniers fils, le prince de Joinville, le duc de Penthièvre, le duc d'Aumale et le duc de Montpensier.

Sur le plan politique, Louis-Philippe fut toujours empressé de marquer publiquement son attachement fidèle au Roi et à la branche aînée : la parenté étroite de Marie-Amélie avec sa cousine la duchesse d'Angoulême et avec sa nièce la duchesse de Berry était utilisée pour aboutir à des relations affectueuses. Cependant, Louis XVIII se méfiait de son cousin. Les relations furent beaucoup plus confiantes sous Charles X, bien que sa politique ultra soit opposée aux opinions de Louis-Philippe. Lié avec les milieux libéraux, Louis-Philippe apportait plus ou moins officiellement son appui à des journaux comme le Constitutionnel et plus tard le National, et recevait au Palais-Royal les Libéraux et les Bonapartistes les plus en vue.

Après la révolution de juillet 1830, qu'il passa retiré à Neuilly, puis au Raincy, Louis-Philippe fut porté au pouvoir par la grande bourgeoisie d'affaires libérales, puis, après une révision rapide de la Charte de 1814, à laquelle il prêta serment, il devint Roi des Français. Ainsi débutait la Monarchie de Juillet, monarchie bourgeoise, que certains qualifièrent de "meilleure des républiques", règne d'un "roi-citoyen" qui semble avoir, peu à peu, pris goût au pouvoir et avoir voulu non seulement régner mais aussi gouverner. Le mouvement révolutionnaire de février 1848 provoqua la chute de Louis-Philippe. Après avoir abdiqué en faveur de son petit-fils, le Comte de Paris, il s'exila en Angleterre, à Claremont où il mourut deux ans plus tard.

The composition bears the imprint of the prince's Swiss exile from 1793 to 1795, when he was a math and language teacher in the Reichenau highschool, using the name Chabaud-Latour. The ambiance is quite characteristic of the period: mountains had become very popular since Rousseau; and the prince wanted to be portrayed as a citizen-prince. Another version of the painting, dated 1818, is kept in the Musée Condé in Chantilly. A few variants are visible: the duc d'Orléans is standing in a park, with a top-hat in his hand (see illustration below).