Lot 161
  • 161

Louis Carrogis dit Carmontelle

Estimate
80,000 - 120,000 EUR
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Description

  • Louis Carrogis dit Carmontelle
  • La marquise de Pons
  • Sanguine, pierre noire, aquarelle et gouache
    Sous le passe-partout actuel, le dessin est présenté dans un passe-partout ancien, réduit. Au dos, porte un numéro à la plume et encre brune et à la sanguine :  22. 21.
    L’ancien montage est partiellement collé sur une page de l’album de la famille des Orléans, aujourd’hui délié, et annotée ultérieurement à l’encre brune : Mme la Marquise de Pons, Dame de (Madame) Comtesse de Provence  et portant la date : 1769.

  • 270 x 168 mm

Provenance

Collection de l’artiste avant 1807 ;
Très probablement acquis par Richard de Lédans en marge de la vente après décès de Carmontelle, le 17 avril 1807 au 22 rue Vivienne, car partie du groupe des « 750 portraits en pied … C’est en raison de la place que mérite ce grand Ouvrage, qu’il sera suspendu à la Vente publique, jusqu’à ce que des circonstances favorables se présentent. » ;
Très probablement collection Pierre De la Mésangère après 1816 ;
Probablement obtenu de ce dernier par la famille d’Orléans ;
Dépôt de la famille d’Orléans au Musée du Louvre avant 1847 (voir lettre du directeur Alphonse de Cailloux, dit Cailleux, partie du lot n°155) ;
Restitué à la famille d’Orléans entre 1850 et 1852 (voir Compte de la liquidation de la liste civile et du domaine privé du roi Louis-Philippe, rendu par M. Vavin, liquidateur général, le 30 décembre 1851, Paris, Noblet, 1852).

Condition

Laid down on an old mount, which has in turn been adhered along its left edge to an album page. The sheet has yellowed somewhat and there is a thin, additional band of discolouration, most probably created by the current mount, running along the upper and right edges of the sheet. There is a small light brown stain to the upper centre of the sheet and two minor hairline cracks to the sitter's chair, though these are only visible on close inspection. Otherwise in good condition, with the medium fresh throughout. Sold in a modern giltwood frame.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

Par deux fois au moins Carmontelle portraitura Anne-Claudine Maynaud de la Tour, comtesse de Pons Saint-Maurice (ca. 1730 – ?). Cette femme que Madame de Genlis jugeait « fort belle » et possédant « les mœurs les plus pures » avait épousé en secondes noces, le comte Emmanuel Louis de Pons (1712-1791). Veuve du financier languedocien M. Mazade, elle était extrêmement riche et avait épousé, chose originale pour cette société, par véritable amour ce nouveau comte, illustre vainqueur de quelques batailles menées avec son régiment des dragons d’Orléans. Tous deux offraient, toujours selon Madame de Genlis, « un parfait tableau de l’amour conjugal »[1]
Ce fut d’ailleurs grâce à ce nouveau mari, le comte de Pons, que Carmontelle intégra l’intimité de la famille d’Orléans. Le comte de Pons Saint Maurice ayant été effectivement séduit par les caricatures de soldats du régiment que Carmontelle réalisa lors des batailles de Westphalie, l’invita à son retour de guerre dans cette famille pour qu’il puisse servir officiellement de lecteur, mais plutôt portraitiste et amuseur officieux de cette famille nobiliaire.

Par remerciement sans doute pour ce comte à qui il devait son intégration dans cette société, il réalisa donc au moins deux dessins de sa femme. Une première version représentant la comtesse de l’autre profil et en compagnie de son animal de compagnie, une gracieuse biche, grignotant des brins d’herbes dans la main de la comtesse, est conservée au musée Condé de Chantilly (Inv. CAR 94). La comtesse sera fortement mécontente de cette version du musée Condé, jugeant le dessin peu flatteur pour sa grande beauté. L’ami de Carmontelle Richard de Lédans rapportait : « Il avait mis toutes voiles dehors pour faire le mieux possible, et avait eu tant d’humeur des critiques saugrenues de la belle mécontente qu’il lui en a gardé rancune(…) »[2]. 

Etait-ce à cause de cette insatisfaction que Carmontelle réalisa cette autre version, mettant encore plus en avant le maintien de cette femme noble ? Cette version dut certainement plaire à Carmontelle puisqu’il l’employa à nouveau pour une composition mélangeant trois autres de ses portraits. La composition est aujourd’hui perdue, mais fut copiée à l’huile par Félix Philippoteaux.

Nous remercions Laurence Chatel de Brancion de nous avoir signalé l’erreur du passe-partout. La marquise de Pons n’était pas encore en 1769 la dame de compagnie de Marie-Joséphine Louise de Savoie, princesse de Savoie, qui ne deviendra d’ailleurs comtesse de Provence qu’à son mariage avec le comte de Provence, futur Louis XVIII, le 14 mai 1771.

[1]Madame de Genlis, Mémoires, Le Temps retrouvé, Mercure de France, 2004, Paris, p. 202-203
[2] Laurence Chatel de Brancion, Carmontelle au jardin des illusions, Saint-Rémy-en-l’Eau, 2003, p. 51


Carmontelle ; The Marquise de Pons ; Red and black chalk, watercolour and gouache ; Under the current mount, the drawing is laid down on an old mount, partly cut. On the backing of the mount, bears old numbering in pen and brown and red chalk: 22.21.  Partly attached to a page from the Orléans album, now dismantled, which bears a pen and brown ink inscription.

Carmontelle painted at least two portraits of the marquise de Pons, Anne-Claudine Maynaud de la Tour (ca. 1730 - ?), whose second husband was comte Emmanuel-Louis de Pons (1712-1791), commander of the Orléans Dragoons. It was through the support of the comte de Pons that Camontelle was introduced to the Orléans family. The admired Carmontelle’s drawings, created during the campaign in Westphalia, to such an extent that he invited him to serve as the lecteur to the children of the Orléans family. Perhaps to thank the count, Camontelle painted at least two portraits of his wife. The Marquise was displeased with the first drawing, today in the Musée Chantilly (Inv. Car 94), believing that it did not depict her as elegantly as she had hoped. The present version of the Marquise was reused in a lost drawing by Carmontelle, known through a copy of Philippoteaux.

We are grateful to Laurence Chatel de Brancion for having bought to our attention the error in the mount. In 1769 the Marquise was not yet a lady in waiting to the comtesse de Provence.