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Table d'enfant à la Tronchin en placage de ronce de thuya et monture de bronze doré d'époque Louis XVI, vers 1780, par David Roentgen (1743-1807), très probablement livrée pour les enfants de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans (1747-1793), alors duc de Chartres
Description
- thuya burr
- Haut. 47,5 cm, larg. 67,5 cm, prof. 45 cm
- Height 18 3/4 in; width 26 1/2 in; depth 17 3/4 in
Provenance
Philippe (1869-1926), Duc d'Orléans, au manoir d'Anjou, Bruxelles ;
Jean d'Orléans (1874-1940), Duc de Guise, au manoir d'Anjou, Bruxelles ;
Henri d'Orléans (1908-1999), Comte de Paris, au manoir du Coeur Volant, Louveciennes
Literature
Josef Maria Greber, Abraham und David Roentgen Möbel für Europa, 1980
Dietrich Fabian, Abraham und David Roentgen. Von der Schreinerwerkstatt zur Kunstmöbel-Manufaktur, 1992
Wolfram Koeppe et alii, Extravagant inventions, the princely furniture of the Roentgens, New York, 2012
Condition
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Catalogue Note
L'union de Louis-Philippe-Joseph d'Orléans, duc de Chartres, et de Louise-Marie-Adélaïde de Bourbon-Penthièvre fut féconde. Entre 1771 et 1779, six enfants naquirent, dont quatre atteignirent l'âge adulte : Louis-Philippe, duc de Valois et futur roi des Français (1773-1850), Louis-Antoine, duc de Montpensier (1775-1807), Adélaïde, dite Mademoiselle de Chartres (1777-1847) et Louis-Charles, comte de Beaujolais (1779-1808).
La maîtresse du duc de Chartres, Félicité du Crest, comtesse de Genlis, fut chargée en 1777 de l'éducation d'Adélaïde, mais obtint bientôt d'être également nommée "gouverneur" des fils du prince, ce qui ne manqua pas de faire jaser la Cour. Soucieuse de mener à bien et en toute liberté son grand projet pédagogique, Mme de Genlis s'installa avec les enfants sur le terrain d'un couvent situé faubourg Saint-Germain : là fut construit par l'architecte du duc, Bernard Poyet, une maison destinée à abriter ce petit pensionnat, appelé pavillon de Bellechasse (fig. 1). Sous l’œil vigilant de Félicité, les enfants Orléans y bénéficièrent d’un enseignement très complet, ce qui était alors loin d’être l’usage pour les princes du sang (voir le lot 53 de cette vente, fig. 2). Non seulement ils se voyaient dispenser les disciplines classiques telles que la littérature ou l’histoire mais aussi les langues étrangères et l’histoire naturelle. Les travaux manuels ne manquaient pas - menuiserie, ébénisterie, jardinage, vendanges, traite – et les exercices physiques n’étaient pas non plus négligés. Enfin, les élèves y recevaient des leçons de dessin par Carmontelle, les peintres polonais Alexandre Kucharski et Sylvestre Myris, sous la surveillance de Jacques-Louis David ; dans ce domaine, c’est le duc de Montpensier se révéla le plus doué (Mme de Genlis, Mémoires, Paris, 1825, vol. III, p. 152).
C’est sans doute dans ce cadre que notre table a été utilisée, permettant ainsi aux jeunes disciples de Mme de Genlis de travailler ou dessiner debout, ainsi que le recommandait le suisse Théodore Tronchin (1709-1781) : ce dernier, nommé premier médecin du duc d'Orléans, vint en 1766 s'établir à demeure au Palais-Royal, où il passa le reste de sa vie (cf. E. Lever, Philippe Egalité, Paris, 1996, p. 500, n. 36). Outre la pratique révolutionnaire de l'innoculation dont il se fit le champion, il contribua à améliorer l'hygiène et la santé de ses contemporains en luttant contre un mode de vie trop sédentaire.
La table fut peut-être offerte aux enfants Orléans par l’un de leurs grands-pères, tous deux clients de Roentgen. Louis-Philippe duc d’Orléans, dit le « Gros » (1725-1785), disposait dans son hôtel de la rue de Provence de deux tables mécaniques, vraisemblablement par l’ébéniste de Neuwied - Grimm, secrétaire des commandements du prince, étant un ardent promoteur de l’œuvre de Roentgen (cf. B. Rondot, « David Roentgen and the Court of Versailles » in Extravagant inventions, the princely furniture of the Roentgens, New York, 2012, p. 35). Quant au duc de Penthièvre, il commanda à l’ébéniste plusieurs tables à ouvrage ou à écrire pour sa chère belle-fille, la princesse de Lamballe, notamment pour son appartement au château de Sceaux ; Mme de Genlis, dans ses Mémoires, rappelle l’extrême générosité de ce grand-père aimant qui venait régulièrement à Bellechasse voir ses petits-enfants et leur offrir des étrennes.
Roentgen réalisa vers 1783 une table très similaire, plaquée d'acajou, aujourd’hui conservée au musée de l’Hermitage à Saint-Pétersbourg, pour les petits-fils bien-aimés de la Grande Catherine, le futur empereur Alexandre Ier et son frère Constantin (fig. 3 ; cf. The princely furniture of the Roentgens, New York, 2012, n°43, p.158-159). Cette table, comme celle que nous présentons, sont des répliques en miniature des célèbres tables d’architecte qui firent la réputation de l’ébéniste : le meilleur exemple est celle déposée au Metropolitan par le Cooper-Hewitt Museum dont notre table reprend entièrement la conception, le fonctionnement mécanique et les ornements décoratifs (cf. The princely furniture of the Roentgens, New York, 2012, n°44, p.160-161). Roentgen en faisait la publicité à l’aide de gravures, comme celle publiée au Journal des Luxus und der Moden de Weimar en 1795.
A gilt-bronze mounted thuya burr children table by David Roentgen (1743-1807), Louis XVI, circa 1780, probably delivered for the children of Louis-Philippe-Joseph d'Orléans (1747-1793), then duc de Chartres, when educated at the Pavillon de Bellechasse by the comtesse de Genlis