Lot 47
  • 47

Louis Boilly

Estimate
70,000 - 100,000 EUR
Sold
87,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Louis Boilly
  • Portrait de Madame Saint-Ange Chevrier dans un paysage
  • Signé et daté en bas à gauche L. Boilly 1807
  • Huile sur toile
  • 74 x 60 cm ; 29 1/8  by 23 5/8  in

Provenance

Collection Saint-Ange Chevrier jusqu'en 1990 ;
Vente anonyme, Monaco, Sotheby’s, 7 décembre 1990, lot n°58 ;
Vente anonyme, Paris, Christie’s, 26 juin 2002, lot n°58 ;
Acquis chez Robilant et Voena, Londres, en 2002 

Exhibited

Boilly (1761-1845), Lille, Palais des Beaux-Arts, 4 novembre 2011 – 6 février 2012, p. 171 n° 110, p. 173

Literature

S. L. Siegfried, The Art of Louis-Léopold Boilly. Modern Life in Napoleonic France, New-Haven, Kimbell Art Museum, 1995, p. 204, n°83 ;
G. Morel, « Boilly, le parisien du boulevard », in Connaissance des Arts, n° 698, novembre 2011, p. 90, repr.

Catalogue Note

Assise sur un rocher au pied d’un arbre dans un paysage vallonné où coule une cascade, son châle rejeté en arrière, son chapeau enlevé, Madame Saint-Ange Chevrier semble se reposer après une promenade et se laisser aller à la rêverie dans ce cadre bucolique. Le regard songeur, les yeux levés vers un ciel nuageux, elle a tout de la jeune femme romantique, perdue dans de douces pensées teintées de nostalgie, telle que les peintres du XIXe siècle aimeront à la représenter.

Louis Boilly, déjà connu pour ses portraits en buste de petit format, réalisa entre 1800 et 1810 un ensemble de portraits plus ambitieux, représentant les modèles en pied et pour la plupart en pleine nature, inspirés de la peinture anglaise de Reynolds ou de Gainsborough alors en vogue. Gros et Prud’hon, entre autres, s’adonnèrent aussi à la production de ce type de portraits, qualifiés de préromantiques. A la suite des deux portraits de Charles et Marie-Elisabeth d’Aucourt de Saint-Just (Lille, palais des Beaux-Arts), Boilly se vit confier plusieurs réalisations similaires, comme les portraits de la famille Oberkampf commandés en 1802 (collection particulière), celui de Madame Tallien (Etats-Unis, collection particulière), ou encore celui d’Antoine Goupil (Grande-Bretagne, collection particulière), témoignage du succès acquis par le peintre dans ce genre.

De mêmes dimensions que celui de Madame Saint-Ange Chevrier, le portrait d’Antoine Goupil présente le modèle également assis au pied d’un arbre dans un paysage avec un palais à l’arrière-plan, dans une attitude qui fait écho à celle de notre portrait. Le rapprochement des deux tableaux, tous deux exposés lors de la récente rétrospective consacrée au peintre par le musée des Beaux-Arts de Lille, nous laisse penser qu’il pouvait s’agir de pendants, dans la tradition classique des portraits de couple.

Le portrait de Madame Saint-Ange Chevrier, dont le dessin préparatoire est conservé dans une collection particulière [1], exalte la féminité du modèle, d’une part par son attitude songeuse mais également par la délicatesse de sa carnation et l’élégance de sa toilette. Sa légère robe blanche, dont la transparence est magistralement rendue par le pinceau de Boilly, est simplement marquée par des rubans rouges auxquels viennent répondre un peigne et des pendants d’oreille ornés de corail et les plis voluptueux du châle pourpre. Le peintre excelle dans le traitement des étoffes, jouant avec leurs différents reflets, nuançant à merveille la brillance du satin des rubans, la légèreté duveteuse du plumet sur le chapeau ou encore le relief des broderies ornant le châle.

Si la virtuosité de Boilly dans ce domaine n’est plus à démontrer, cet ensemble de portraits permet également de souligner une facette méconnue de son art, celle de peintre de paysages. Il se montre ici capable de rendre avec une grande sensibilité les collines et leur végétation, la bâtisse en hauteur surmontant une cascade, la brillance des feuillages ou encore l’aspect rugueux de l’écorce des arbres. Mais c’est surtout par le traitement du ciel nuageux, créant un jeu subtil d’ombre et de lumière mettant en valeur le visage pensif de son modèle, que Boilly met en place une atmosphère digne des grands paysagistes et annonciatrice du romantisme à venir.


Ce tableau sera inclus dans le catalogue raisonné de l’artiste actuellement en préparation par Etienne Bréton et Patrick Zuber.

[1]. Voir cat. exp. Lille, 2009, p. 171, note 1


While sitting on a rock under a tree in a hilly landscape with a waterfall and has set aside her shawl and removed her hat, Madame Saint-Ange Chevrier appears to be resting after a promenade and indulging in reverie within this bucolic setting. With a pensive look and eyes raised up to a cloudy sky, she has everything that a romantic, young lady lost in sweet, nostalgia-tinged thoughts that 19th century painters loved to depict.

Louis-Léopold Boilly, already known for his portrait busts in small format, realized between 1800 and 1810 a set of more ambitious portrayals, representing models in full and for the most part outdoors, inspired by English paintings in vogue by Reynolds and Gainsborough. The artists Gros and Prud'hon, among others, also produced this type of portrait that were referred to as Pre-Romantics. Following the two portraits of Charles and Marie-Elisabeth d’Aucourt de Saint-Just (Lille, France, Palace of Fine Arts), Boilly was entrusted with several similar projects, such as Oberkampf family pictures commissioned in 1802 (private collection), Madame Tallien (USA, private collection) and Antoine Goupil (Great Britain, private collection), proving the artist’s acquired success in this genre.

Having the same dimensions as that of Madame Saint-Ange Chevrier, the portrait of Antoine Goupil also presents the model sitting under a tree in a landscape with a palace in the background, with a demeanor that repeats our portrait. The similarities between the two paintings, both exhibited during a recent retrospective devoted to the painter at the Museum of Fine Arts in Lille, raise the question that the two works may have been paired like the classical tradition of couple portraits.

The portrait of Madame Saint-Ange Chevrier, whose preparatory sketch is part of a private collection [1], enhances the femininity of the model, first with her wondering disposition, but also with the delicacy in her complexion and elegant clothing. Her light, white dress, whose transparency is masterfully rendered by Boilly’s paintbrush, is simply accented with red ribbons patterning with the haircomb and pendant earrings decorated with corals and voluptuous folds on the crimson shawl. The artist excels in the treatment of fabrics, playing with their different hues, nuancing wonderfully the shine from the satin ribbons, fluffy lightness of feathers on the hat and the relief embroidery adorning the shawl.

Though Boilly’s virtuosity in this area was well established, this set of portraits also highlights a little-known facet of his art, the landscape painter. He demonstrates his capability to render with great sensing for the hills and their vegetation, the tall building above a waterfall, the brightness of the foliage and the rough appearance on the tree barks. But it is mainly in the processing of the cloudy sky, creating a subtle play of shadow and light emphasizing the model’s pensive face, that Boilly sets in an atmosphere worthy of great landscape artists and heralds the forthcoming Romanticism.

[1]. Consult exhib. cat., Lille, 2009, p. 171, note 1

This artwork will be included in the forthcoming catalogue raisonné on the artist by Etienne Bréton and Patrick Zuber.

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