Lot 39
  • 39

Nicolas-Bernard Lépicié

Estimate
20,000 - 30,000 EUR
Sold
25,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Nicolas-Bernard Lépicié
  • Portrait de jeune femme à son ouvrage, dit Portrait de Madame Lagrenée
  • Huile sur panneau
  • 16,5 x 12,5 cm ; 6 1/2  by 4 7/8  in

Provenance

Collection du fermier général Le Roy de Senneville ;
Sa vente, Paris, Me Chariot, 5 avril 1780, lot n°60 ;
Collection Louis Fould ;
Sa vente, Paris, Me Pillet, 4 juin 1860, lot n°8 ;
Vente des collections Allou et Ehrler, Paris, Me Escribe, 12 février 1872, lot n°21 (4010 fr. acquis par Raymond Sabatier) ;
Collection Raymond Sabatier, 1923 ;
Vente anonyme, Paris, Palais Galliera, Me Rheims, 6 avril 1962, lot n°121, pl. XIV 

Exhibited

Exposition en faveur des Alsaciens-Lorrains, Paris, 1874, n°899

Literature

Catalogue supplémentaire des ouvrages de peinture exposés au profit de la colonisation de l’Algérie par les Alsaciens-Lorrains, Paris, 1874, p. 38, n°899 (« La Tricoteuse ») ;
P. Gaston-Dreyfus, Catalogue, Oeuvre posthume de l’oeuvre de N.-B. Lépicié (1735-1784), n.l., n.d., n°33 ;
Ph. Gaston-Dreyfus, "Catalogue de l’oeuvre peint et dessiné de Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784)", in Bulletin de la Société de l’Histoire de l’Art Français, Paris, 1923, n°164 ;
P. Étienne, Nicolas-Bernard Lépicié (1735-1784). État des connaissances et apports nouveaux, Mémoire de Maîtrise, Université de Paris I, 1997, p. 88-89, n°164, pl. 49 (« La jeune femme tricotant »)

Catalogue Note

Délicat et raffiné, ce précieux petit portrait représenterait Madame Lagrenée, épouse du peintre Louis-Jean-François Lagrenée l’ainé (1725 - 1805). L’identité du modèle est due à l’annotation par Gabriel de Saint-Aubin en marge du livret du salon de 1771 où Nicolas-Bernard Lépicié expose sous le numéro 16 une plus grande version de cette composition (panneau, signé et daté 1775, 40 x 27,5 cm. ; vente anonyme, Sotheby’s, Londres 3 juillet 1991, lot n°11).
On reconnait aisément sur notre tableau la facture vibrante et fine de Lépicié, particulièrement spontanée et dessinée dans les petits formats. Le modèle, plongé dans ses pensées semble se détacher de son ouvrage. Une action interrompue par la fugacité d’une pensée qui n’est pas sans rappeler les scènes de genre de Jean-Siméon Chardin comme La ratisseuse (Munich, Bayerishe Staatsgemäldesammlungen) ou La mère laborieuse (Paris, musée du Louvre).
Le jeune Nicolas-Bernard Lépicié, fils de François-Bernard, graveur et biographe de la collection de peintures du Roi passera une très grande partie de sa vie au palais du Louvre à côtoyer les peintres. Son rêve sera d’accéder à la reconnaissance de ses maîtres comme peintre de grands genres et peintre d’histoire. Il sera agréé à l’Académie en 1764 mais ses grandes œuvres religieuses ou d’histoire ne lui vaudront que de très nombreuses critiques. Lépicié s’avère un peintre plus intime, il excelle dans la représentation de scènes modestes ou simples du quotidien (Le lever de Fanchon, musée de Saint Omer) où il associe un métier détaillé très influencé par la peinture flamande à la délicatesse et au raffinement poétique d’un Chardin. Il est également un portraitiste raffiné et, dans ses œuvres la psychologie de ses personnages se lit aisément dans leurs regards souvent empreints d’une douce nostalgie. En ce sens, notre tableau en est une magnifique illustration.
Personnalité discrète entre Chardin et Greuze, Nicolas-Bernard Lépicié est l’une des grandes figures de la peinture française du XVIIIe siècle.

Delicate and refined, this delightful small picture may represent Madame Lagrenée, wife of the painter Louis-Jean-Francois Lagrenée the elder (1725-1805). The model’s identity is indicated by an annotation made by Gabriel de Saint-Aubin on the margin of the 1771 Salon catalogue where Nicolas Bernard Lépicié exhibited under number 16, a larger version of this composition (panel, signed and dated 1775, 40 x 27.5 cm [15-3/4 x 10-3/4 in.], anonymous auction, Sotheby's, London July 3, 1991, lot n°11).

It is easy to recognize in our painting Lépicié’s vibrant and fine brushwork which was particularly spontaneous and well-sketched in smaller formats. The pensive model seems distracted from her task. An action interrupted by a fleeting thought is reminiscent of the genre scenes by Jean-Siméon Chardin such as the Woman Peeling Turnips (Munich, Bayerishe Staatsgemäldesammlungen) or The Hard-Working Mother (Paris, Louvre Museum).

Nicolas-Bernard Lépicié, son of François Bernard who was engraver and biographer of the King's painting collection, as a youth spend a large part of his life at the Louvre Palace and befriended artists. His dream was to gain recognition among the masters as a large genre and history painter. He was accepted into the Academy in 1764 but his major religious or history works earned him considerable criticism. Lépicié was a more intimate painter. He excelled in the representation of modest or simple everyday scenes (Fanchon Waking Up, Musée de l’hôtel Sandelin, Saint-Omer, France), where he combined the Flemish painting’s heavy influence of detailing with Chardin’s delicate and poetic refinement. He was also a sophisticated portraitist for within his work the sitter’s psychology can easily be read in their glances often tinged with sweet nostalgia. Regarding this manner, our painting is a magnificent illustration.

Often referred to a discrete painting persona between Chardin and Greuze, Nicolas-Bernard Lépicié was one of the greatest figures in French 18th century painting.

Close