Lot 28
  • 28

Hubert Robert

Estimate
60,000 - 80,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Hubert Robert
  • Lavandières dans un paysage de fantaisie
  • Monogrammé en bas à droite sur le linge H.R. 
  • Huile sur toile
  • 96 x 111 cm (réduit sur les côtés) ; 37 3/4  by 43 3/4  in (downsized on the sides)

Provenance

Collection Besson ;
Collection Carlier ;
Collection Mellerio ;
Vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot, Mes Gros et Delettrez, 5 décembre 2008, lot n°8 ;
Acquis à cette vente

Catalogue Note

Les débuts d'Hubert Robert furent quelques peu inhabituels : délaissant l'Académie royale et le Grand Prix, c'est avec plus de liberté que le peintre séjourna au sein de l'Académie de France à Rome. Le jeune Robert s'y rendit en effet en 1753 en accompagnant son protecteur le comte de Stainville, futur duc de Choiseul, nommé ambassadeur de France à Rome.
La formation académique poussait les pensionnaires à parcourir Rome pour y dessiner sur le motif les innombrables richesses de la ville. Hubert Robert ne revint à Paris qu'en 1765, après avoir passé onze années en Italie qui marquèrent profondément sa carrière. Il avait entre-temps rencontré Piranèse, découvert l'art de Panini, et s'était constitué un véritable répertoire de motifs architecturaux qu'il sut décliner à loisir, y intégrant des personnages contemporains. Il devint ainsi le grand représentant du caprice architectural à la française.
Réalisée après son retour en France, cette charmante scène de vie paysanne est le reflet du goût français pour les plaisirs champêtres, qui trouva son aboutissement avec le hameau de la reine Marie-Antoinette à Trianon. Lavandières, bergers et enfants sont représentés dans un cadre verdoyant parcouru par des petits chemins de terre menant à un moulin, évoquant les jardins anglais romantiques et leurs fabriques que le peintre connaissait bien, pour avoir élaboré entre autres le parc du domaine de Méréville pour le marquis de Laborde. Son inspiration première n’est cependant jamais bien loin et l’imposante maison au premier plan n’est pas sans rappeler les premières basiliques chrétiennes à Rome composées d’une nef centrale et de bas-côtés.
L'art d'Hubert Robert réside dans cet équilibre maîtrisé entre sa fascination pour l'architecture et son goût pour la représentation de la vie quotidienne. Les personnages s'intègrent aisément dans ce paysage harmonieusement mis en scène. Ce sens de la composition est servi par une touche enlevée et gracieuse et un coloris vibrant qui firent la renommée de l'artiste.

Hubert Robert’s early career was somewhat unusual. He forwent France’s Royal Academy and the Grand Prix, and opted to do a residency with the Academy of France in Rome in order to have more freedom. Robert went as a young adult in 1753 accompanied by his patron, the Count of Stainville, future Duke of Choiseul, who was appointed Ambassador of France in Rome.

The academic training encouraged its resident-artists to explore around Rome and sketch directly the city’s countless treasures. Hubert Robert did not return to Paris until 1765 after spending eleven years in Italy which profoundly impacted his career. Meanwhile, he met Piranesi and discovered Panini’s art, and compiled a body of work composed of a real repertoire of architectural motifs that he chose at leisure and incorporated with contemporary figures. He thus became the great proponent of French architectural capriccio.

Realized after his return to France, this charming peasant life scene is a reflection of the French taste for rural pleasures, which found its culmination with Queen Marie Antoinette’s hamlet at the Trianon. Washerwomen, shepherds and children are depicted among a verdant setting crossed by dirt paths leading to a mill. It evokes the romantic English gardens and their mill houses, which the painter knew well after designing a few parks including the Méréville property for the Marquis de Laborde. His first inspiration was however never far and the massive house placed in the foreground is reminiscent of the early Christian basilicas in Rome composed of a central nave and aisles.

The art of Hubert Robert lies in the mastered balance between his fascination for architecture and penchant for the representation of everyday life. The figures are easily integrated into the harmoniously staged landscape. This sense of composition is enhanced by a light and graceful touch, and vibrant colors which established the artist’s reputation.

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