Lot 26
  • 26

Jean-Honoré Fragonard

Estimate
200,000 - 300,000 EUR
Sold
267,000 EUR
bidding is closed

Description

  • Jean-Honoré Fragonard
  • Paysage italien à l’escalier
  • Huile sur toile
  • 32,5 x 41 cm ; 12 3/4  by 16 1/8  in

Provenance

Collection Pope ;
Sa vente, Paris, Me Lebrun, 30 janvier 1792, lot n°31 ;
Collection du Comte de Limure au XIXe siècle ;
Collection particulière, États-Unis ; 
Vente anonyme, New York, Christie's, 27 janvier 2000, lot n°149 (comme entourage de et portant une signature Fragonard en bas à droite) ;
Acquis chez Derek Johns Ltd., Londres, en 2003

Literature

Baron R. Portalis, Honoré Fragonard, sa vie et son oeuvre, Paris, 1889, p. 284 ;
G. Wildenstein, The Paintings of Fragonard, Londres, 1960, p. 296, n°442 (comme perdu) ;
G. Mandel, L’Opera completa di Fragonard, Milan, 1972, p. 106, n°467 ;
J.-P. Cuzin, Jean-Honoré Fragonard. Vie et oeuvre. Catalogue complet des peintures, Fribourg-Paris, 1987, p. 353, n° D161 ;
P. Rosenberg, Tout l'œuvre peint de Fragonard, Paris, 1989, p. 131 ;
J-P. Cuzin, «Fragonard quelques nouveautés et quelques questions», in Mélanges en hommage à Pierre Rosenberg, Peintures et dessins en France et en Italie XVIIe-XVIIIe siècles, Paris, 2001, p. 173 fig. 10 et p. 44  

Catalogue Note

Le talent de Fragonard ne semble pas avoir de limite, de la peinture d’histoire à la scène de genre, du lavis d’encre à l’huile sur toile, des figures de fantaisie aux paysages, son pinceau glisse avec aisance et volupté d’une thématique à l’autre sans jamais se répéter ni se lasser.

Ayant obtenu le Grand Prix en 1752 alors qu’il étudiait dans l’atelier de François Boucher, Fragonard effectua un premier séjour romain entre 1756 et 1761. C’est là qu’il fit la connaissance de l’abbé de Saint-Non et d’Hubert Robert, pensionnaire comme lui au palais Mancini, et c’est ensemble qu’ils partirent à la découverte de la campagne romaine, de ses paysages et de ses habitants. La campagne italienne, ses rochers et ses cascades, sa végétation luxuriante et sa lumière si particulière laissèrent sur le jeune peintre une empreinte durable.

Les souvenirs de Tivoli, du temple de Vesta et des jardins de la villa d’Este sont toujours perceptibles dans ce ravissant tableau, que Jean-Pierre Cuzin date entre 1775 et 1780 [1]. Dans le parc d’une villa dont on distingue la façade à droite, un majestueux escalier accueille les promeneurs. Au centre de la composition, Fragonard a placé de vastes pins parasols dont les ramures se rejoignent devant un groupe de hauts cyprès, illustrant ainsi les deux essences d’arbres caractéristiques de ces parcs italiens comptant parmi ses motifs de prédilection, comme en témoignent de nombreux dessins de l’artiste (comme par exemple un Jardin aux pins parasols à Rome, Besançon, musée des Beaux-Arts, fig. 1) [2].

Au sein de ce parc dont la végétation est tout à la fois domestiquée et capricieuse évoluent de nombreuses petites figures peintes d’une « touche alerte et scintillante » [3]. Le ciel nuageux et la délicatesse avec laquelle est décrit le bouquet d’arbres à droite avec ses fines branches et son feuillage ciselé ne sont pas sans rappeler l’atmosphère des paysages hollandais du XVIIe siècle et notamment de Ruisdael, alors très apprécié des collectionneurs français et auquel le peintre vouait une grande admiration.

Mais la poésie des paysages de Fragonard réside surtout dans la subtilité de ses éclairages, jouant avec les effets d’ombre et de lumière sur les feuillages et déclinant à l’infini les nuances de vert et de brun parsemées de reflets dorés. Notre Paysage italien à l’escalier en est un merveilleux exemple : les rayons du soleil font étinceler le marbre des statues et la robe blanche de la femme au premier plan, tandis que les pins parasols protègent de leur ombre les promeneurs évoluant en toute insouciance dans cet écrin de verdure.

[1]. Jean-Pierre Cuzin, op. cit. 2001, p. 173
[2]. Citons également Les grands cyprès de la villa d’Este, sanguine, Besançon, musée des Beaux-Arts.
[3]. Jean-Pierre Cuzin, op. cit. 2001, p. 173

Fragonard’s talent seems to have no limits, from history painting to genre scenes, ink wash drawings to oils on canvases, fantasy figures to landscapes. His paintbrush glided with ease and pleasure from one theme to another without ever repeating or tiring.

Having won the Grand Prix in 1752 while studying in the studio of François Boucher, Fragonard first stayed in Rome from 1756 to 1761. There he met the Abbot of Saint-Non and Hubert Robert, resident-artists like him at the Palazzo Mancini. Together they discovered the Roman countryside with its landscape and inhabitants. The Italian rural scenery with its rocks, waterfalls, lush vegetation and special lighting left a lasting impression on the young artist for the rest of his career.

Tivoli souvenirs, Temple of Vesta and Villa d'Este gardens are still perceptible in this delightful painting that Jean-Pierre Cuzin dated between 1775 and 1780 [1]. In the villa park we distinguish on the right facade, a majestic staircase welcoming walkers. In the center of the composition, Fragonard placed large parasol pine trees whose branches join in front of a group of tall cypress trees. These two tree species were typical of these Italian parks, and were his favorite motifs to illustrate, as evidenced by many drawings by the artist (example includes Garden with Parasol Pine Trees in Rome, Besançon, Museum of Fine Arts, fig. 1) [2]. 

Within this park, where the vegetation is both domesticated and capricious, a number of meandering small figures are painted with a “spry and sparkling stroke” [3]. The cloudy sky and the delicacy lying with the described clump of trees on the right with its slender branches and detailed foliage are reminiscent of the atmospheres from 17th century Dutch landscapes and notably Ruisdael, who was popular among French collectors and whom the painter greatly admired.

The poetry of Fragonard’s landscapes lies mainly in the subtle luminosity, playing with the effects of shadow and light on the foliage and graduating into infinite hues of green and brown speckled with golden highlights. Our Italian Landscape with Stairs is a wonderful example of this color scheme with the sun rays sparkling marble statues and the lady’s white dress in the foreground, while the parasol pines protect with their shadows the persons strolling carefree in the greenery.

[1]. Jean-Pierre Cuzin, op. cit. 2001, p. 173
[2]. Another example is The Cypresses in the Garden Avenue of the Villa d’Este, charcoal, Besançon, Museum of Fine Arts.
[3]. Jean-Pierre Cuzin, op. cit. 2001, p. 173

Close