Lot 18
  • 18

Baudelaire, Charles

Estimate
7,000 - 9,000 EUR
Sold
22,500 EUR
bidding is closed

Description

  • Baudelaire, Charles
  • Assommons les pauvres. Copie sur papier carbone avec corrections autographes à la mine de plomb. Sans date.
  • ink on paper
3 p. in-4 (262 x 205 mm), paginées 29-31, sur 3 feuillets de papier fort montés sur onglets.

Le Spleen de Paris, pièce XLIX.



Manuscrit de travail, sur un support inhabituel, de ce poème en prose, destiné à la Revue nationale et étrangère qui le refusa et qui ne fut publié que dans l’ouvrage posthume de 1869.



Pour lutter contre une philanthropie stérile et les formules "de bonne femme" sur le bonheur public, le narrateur décide de mettre en pratique une théorie sophiste sur l’égalité entre les êtres : il frappe cruellement un vieux mendiant qui, une fois la volée de coups subie, va se relever et battre tout aussi férocement son agresseur, gagnant ainsi le droit de partager son argent.



Baudelaire a utilisé le double d'une première rédaction autographe pour y porter sept corrections au crayon dont un ajout d’une phrase entière sur la troisième page : "Par mon énergique médication, je lui avais donc rendu l’orgueil et la vie".
Le 13 octobre 1865, il écrit à Julien Lemer pour lui faire part de l’avancée de ses travaux, des compléments au Spleen de Paris (qui seront pour certains sans doute inintelligibles ou répulsifs pour le public d'un journal) et son livre sur la Belgique : "Je n’écris que très lentement, parce que l’impossibilité de trouver ici un bon copiste me force à écrire au crayon avec un papier à décalquer".
Dans une lettre précédente, adressée à son ami Nadar le 30 août 1864, Baudelaire rapporte une altercation qui semble presque l’étonner, ayant battu un passant tout en se sachant dans son tort. Cet incident pourrait lui avoir inspiré ce récit implacable qui se termine par une interpellation sarcastique, non reprise dans la version imprimée : "Qu’en dis-tu, citoyen Proudhon ?"



Provenance : Armand Godoy (1988, n° 23).



Références : Œuvres complètes, I., p. 357.

Close