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Mallarmé, Stéphane
Estimate
2,000 - 3,000 EUR
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Description
- Mallarmé, Stéphane
- Lettre autographe signée à Henri Cazalis. Paris, 18 juin 1888.
- ink on paper
4 p. petit in-8 (155 x 100 mm), sur un feuillet double.
Lettre à propos de l’Histoire de la littérature hindoue, les grands poèmes religieux et philosophiques, publié sous le pseudonyme de Jean Lahor, par Cazalis.
"Tu sais, mon ami, c’est un livre, et c’est de la poésie tout le temps ; je le saisis d’autant mieux que j’habite un palais différent du tien, ou un kiosque. La merveille à mes yeux est que ton Orient s’exhale entier de ton âme, parce que tu es ainsi et que tu n’as fait que juxtaposer un mal exotique à ta pensée, comme une preuve ou une illustration ; mais jusqu’à ta voix et une certaine monotonie riche qui voile ton lyrisme ; dégage ce lointain de nous, enchanteur et triste, large, qui se perd en fleuve sacré dans de l’anéantissement. Tu m’y parais à chaque page, avec cela ! Le toi intime, refaisant sonner bien des heures qui furent nôtres. Merci, embrasse les petites Lahor et presse la main de ta chère femme que je vois derrière ce nom émerger comme de joyaux et d’étoffes habituels".
Cette lettre, selon Mondor et Austin, concerne les Poésies complètes de Lahor/Cazalis parues en 1888. Il est plus probable cependant que Mallarmé, évoquant ce "lointain de nous", fasse référence à l’intérêt passionné de son ami pour la philosophie orientale et à l’ouvrage publié, cette même année, chez Charpentier sur les grands textes de l’Inde ancienne à la source de l'inspiration poétique de Cazalis.
Références : Correspondance, III, p. 211. En partie inédite, cette lettre sera incluse dans l'édition de la correspondance de Mallarmé en préparation par B. Marchal.
Lettre à propos de l’Histoire de la littérature hindoue, les grands poèmes religieux et philosophiques, publié sous le pseudonyme de Jean Lahor, par Cazalis.
"Tu sais, mon ami, c’est un livre, et c’est de la poésie tout le temps ; je le saisis d’autant mieux que j’habite un palais différent du tien, ou un kiosque. La merveille à mes yeux est que ton Orient s’exhale entier de ton âme, parce que tu es ainsi et que tu n’as fait que juxtaposer un mal exotique à ta pensée, comme une preuve ou une illustration ; mais jusqu’à ta voix et une certaine monotonie riche qui voile ton lyrisme ; dégage ce lointain de nous, enchanteur et triste, large, qui se perd en fleuve sacré dans de l’anéantissement. Tu m’y parais à chaque page, avec cela ! Le toi intime, refaisant sonner bien des heures qui furent nôtres. Merci, embrasse les petites Lahor et presse la main de ta chère femme que je vois derrière ce nom émerger comme de joyaux et d’étoffes habituels".
Cette lettre, selon Mondor et Austin, concerne les Poésies complètes de Lahor/Cazalis parues en 1888. Il est plus probable cependant que Mallarmé, évoquant ce "lointain de nous", fasse référence à l’intérêt passionné de son ami pour la philosophie orientale et à l’ouvrage publié, cette même année, chez Charpentier sur les grands textes de l’Inde ancienne à la source de l'inspiration poétique de Cazalis.
Références : Correspondance, III, p. 211. En partie inédite, cette lettre sera incluse dans l'édition de la correspondance de Mallarmé en préparation par B. Marchal.