Lot 68
  • 68

Figure de reliquaire, Kota Ndasa, Gabon/Congo

Estimate
180,000 - 250,000 EUR
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bidding is closed

Description

  • Kota Ndasa
  • Figure de reliquaire
  • wood and copper
  • haut. 54,5 cm
  • 21 1/2 in

Provenance

Acquis par le Frère D., Missionnaire d'Afrique, à son retour en Europe, vers 1930
Offert en 1935 au Dr. André Mary et à son épouse Lucienne, après leur retour du Togo
Conservé à leur domicile à Colmar (Haute Alsace)
Transmis par descendance

Condition

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Catalogue Note

La découverte de cette figure de reliquaire éclaire d'un nouveau chef-d’œuvre le corpus aussi étroit qu'illustre, du style dit "Kota Ndasa". Elle énonce également, dans la puissance des formes résumées à l'épure, l'apothéose de l'art Kota. 

Le Frère D. avait également acquis, à son retour en Europe (1929) et sans doute auprès d'un membre de la Congrégation des Missionnaires du Saint-Esprit, une figure de reliquaire attribuée au très rare style Kota Shamaye/Shaké (Sotheby's, Paris, 12 décembre 2012, n° 90), qui s'est épanoui dans le Gabon oriental, autour de Lastoursville. En empruntant la "piste des Bakota" vers le sud-est, c'est vraisemblablement au Congo français, dans le haut Ogooué, que fut découverte cette autre figure de reliquaire au style jusque-là inconnu. C'est en effet à la même période que des missionnaires suédois collectèrent, dans le triangle Sibiti-Zanaga-Mossendjo, au Congo (actuel Congo Brazzaville), les premiers témoins référencés de ce rare corpus stylistique, aujourd'hui conservés dans les musées de Stockholm et Göteborg (Andersson, Contribution à l'ethnographie des Kuta, 1974, t. II, fig. 30 et 35/36 ; cf. Perrois, Kota, 2012, p. 69 et planches 50/51). 

Différente des figures de reliquaire jusqu'à cette époque connues par les collectes de la Mission de l'Ouest Africain de Savorgnan de Brazza (1885), cette variante "Kota Ndasa", identifiée notamment grâce aux travaux ethnographiques d'Andersson publiés en 1974 (idem, p. 141-157), se caractérise par l'absence de cimier sommital, une coiffe à double coques latérales et un visage concave-convexe dont la courbe des arcades sourcilières détermine une face creuse en forme de cœur.

Au sein de ce célèbre corpus se distinguent en particulier quelques œuvres éminemment apparentées au plan de leur facture: l'effigie de l'ancienne collection Hubert Goldet (Collection Hubert Goldet, Paris, 30 juin 2001, n° 273,  53 cm), le fragment de l'exposition Gabon, Présence des esprits (musée Dapper, 2006, p. 71), une conservée en mains privées (Perrois, idem, n° 50, ayant perdu ses yeux, collectée avant 1920, 53,5 cm), celle de l’ancienne collection Alain Schoffel (Chaffin, L’art Kota, 1979, n° 53, 52 cm) et un fragment dépourvu de piétement ayant appartenu à André Fourquet (Chaffin, 1979, n° 54, 24 cm) et enfin celle-ci. Tandis que ces quelques rares figures de reliquaire témoignent, selon toute vraisemblance, de la main d'un seul et même artiste, le Kota du Frère D. s'affirme comme l’un des chefs-d’œuvre de ce maître sculpteur Ndasa. 

Surmontant un panier-reliquaire où étaient conservées les reliques des défunts illustres du lignage, cette effigie mbulu ngulu représente un ancêtre qu'elle évoque symboliquement, et honore. Puisant dans l'imaginaire Kota et dans les solutions plastiques propres au style Ndasa, l'artiste a ici magistralement conjugué, dans la lisibilité d'un naturalisme réinventé, les sentiments de force et de majesté. D'emblée s'impose l'épaisseur remarquable du piétement, dont la puissance et l'épure géométrique (accentuée par le décor linéaire des plaques ornant les "épaules") annoncent l'exceptionnel impact visuel de la tête. Juchée sur un long cou scandé par le rythme parfait d'un cerclage métallique, elle s'articule de profil comme de face selon une subtile succession de plans, mettant en valeur l'impérieuse présence du visage. A la courbe du haut front caréné, souligné par une prégnante nervure axiale, répondent celles, profondément creusées, du visage "en cœur" dont la force des traits est accentuée par la rigueur abstraite du décor pictural, alternant les teintes lumineuses du cuivre et du laiton. A noter les larges yeux en amande en métal rapporté, fixés par des vis de fusil européen, formant les pupilles, ainsi que la bouche rectangulaire marquée de dents acérées gravées au repoussé. 

Les trous percés au dos dans le motif axial servaient vraisemblablement à y ficher des éléments ornementaux (souvent des plumes), ajoutant à la perfection du geste sculptural. Enfin, tant au revers que sur le piétement, la profonde patine d'usage témoigne de sa très grande ancienneté. 

Commentaire par Louis Perrois et Marguerite de Sabran, octobre 2015


The discovery of this reliquary figure - a newly revealed masterpiece - sheds new light on a corpus as narrow as it is illustrious: the style known as "Kota Ndasa". It is also an expression, in the sheer power of its forms pared down to their simplest lines, of the apotheosis of Kota art. 

Brother D. had also acquired, on his return to Europe, (1929) and probably from a member of the Congregation of the Missionaries of the Holy Spirit, a reliquary figure attributed to the rare Shamaye/Shaké Kota style (Sotheby's, Paris, 12 December 2012, No. 90), which flourished in eastern Gabon, around Lastoursville. Following the "trail of the Bakota" to the south-east, it is probably in the French Congo, above Ogooué that this other reliquary figure in a previously unknown style was discovered. Indeed, during the same time period, Swedish missionaries collected the first recorded specimens of this rare stylistic corpus in the Sibiti-Zanaga-Mossendjo triangle, in the Congo (now Congo Brazzaville). They are now kept in the museums of Stockholm and Gothenburg. (Andersson, Contribution à l'ethnographie des Kuta, 1974, t. II, fig. 30 and 35/36; cf. Perrois, Kota, 2012, p. 69 and plates 50/51). 

At odds with the reliquary figures that had been known until then through the West African Mission conducted by Savorgnan de Brazza (1885), this "Kota Ndassa" variant - identified with the help of the ethnographic work published by Andersson in 1974 (ibid, p. 141-157) - stands out for the absence of a head crest, its dual lateral lobed coiffure, and its concave-convex face, with the curve of its eyebrows delineating a heart-shaped face.

Within this famous corpus, certain pieces, strongly related in their construction, particularly stand out: the effigy formerly in the  Hubert Goldet Collection (Collection Hubert Goldet, Paris, 30 June 2001, No. 273, 53 cm), the fragment in the Gabon, Présence des esprits exhibition (Musée Dapper, 2006, p. 71), one figure held privately (Perrois, ibid, No. 50, its eyes are lost, collected prior to 1920, 53,5 cm), another, formerly in the collection of Alain Schoffel (Chaffin, L’art Kota, 1979, No. 53, 52 cm) a fragment, missing its base, which once belonged to André Fourquet (Chaffin, 1979, No. 54, 24 cm), and finally this one. Whilst in all likelihood these rare reliquary figures were carved by the hand of a single artist, Brother D.'s Kota emerges as one of the masterpieces of this Ndasa master sculptor. 

Atop the reliquary basket where the remains of the illustrious dead of the lineage were kept, this mbulu ngulu effigy represents the symbolic evocation of an ancestor that it honours. Drawing from the Kota imagination and from aesthetic considerations specific to the Ndasa style, in this piece the artist masterfully combines the legibility of a reinvented naturalism with feelings of strength and majesty. The remarkable thickness of the base is instantly striking, with its power and pared-down geometry (emphasized by the linear designs of the plates adorning the "shoulders") heralding the exceptional visual impact of the head.  Perched on a long neck, given cadence by the perfect rhythm of its metal circles, the figure hinges, both in profile and in frontal view, on a subtle succession of planes, which highlight the imperious presence of the face. The curve of the high crested forehead, highlighted by a marked axial vein, is mirrored in the deep curves that trace the "heart-shaped" face, the force of which is enhanced by the abstract rigour of the pictorial decor, alternately lit up by the luminous shades of copper and brass. Note the wide almond-shaped soldered-metal eyes, fastened with European gun bolts that form the pupils, as well as the rectangular mouth with its sharp teeth worked in a repoussé fashion.

The holes drilled in the back of the axial pattern were likely used to affix ornamental elements (often feathers), adding to the perfection of the sculptural technique. Finally, both on the rear and on the base, the deep patina of use is evidence of its great age. 

Commentary by Louis Perrois and Marguerite de Sabran, October 2015