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Statue, Igbo, Nigeria
IGBO FIGURE, NIGERIA
Estimate
80,000120,000
LOT SOLD. 93,000 EUR
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Statue, Igbo, Nigeria
IGBO FIGURE, NIGERIA
Estimate
80,000120,000
LOT SOLD. 93,000 EUR
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Details & Cataloguing

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris

Statue, Igbo, Nigeria
IGBO FIGURE, NIGERIA

Provenance

Collection René et Odette Delenne, Bruxelles, acquis en 1970

Exhibited

Zurich, Kunsthaus, Die Kunst von Schwartz-Afrika, 31 octobre 1970-17 janvier 1971
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, Utotombo, L'Art de l'Afrique noire dans les collections privées belges, 25 mars-5 juin 1988
Cologne, Museum Ludwig, African Sculpture: The Invention of the Figure, 27 juillet-30 septembre 1990

Literature

Leuzinger, Die Kunst von Schwartz-Afrika, 1970, p. 179, n° M2
Heuch (de), Utotombo, L'Art de l'Afrique noire dans les collections privées belges, 1988, p. 84, n° XVI, et p. 285
Gohr, African Sculpture: The Invention of the Figure, 1990, p. 118, n° 34

Catalogue Note

Témoin remarquable de l'ancienne statuaire du sud-est du Nigeria, cette effigie monumentale porte à son paroxysme les notions conjuguées de force et de dignité par lesquelles étaient célébrées, en pays Igbo, les divinités de la nature.

"Dans toutes les régions importantes du pays Igbo, des sanctuaires ont été élevés en l'honneur des divinités locales de la nature, ainsi que des dieux. [Ils] abritaient les sculptures - par familles étendues - de ces divinités ou de ces ancêtres. Au cœur de la région de Nri-Awka, ces rassemblements de figures en bois sculpté, peintes et habillées, inspirées des innombrables membres de la famille, comptaient jusqu'à une douzaine d'éléments" (Cole in Phillips, Africa: The Art of a Continent, 1995, p. 586). Leur disposition au sein du sanctuaire, de même que leurs dimensions respectives, hiérarchisaient leur importance. Ici, la monumentalité de la sculpture l'identifie sans aucun doute à une divinité tutélaire alusi - autour de laquelle étaient disposées les effigies ancestrales. 

Si l'élancement de la silhouette et le style naturaliste des volumes corporels permettent de l'attribuer à la région centre-nord du pays Igbo - aux alentours d'Akwa ou d'Onitsha -, la force prodigieuse de l'étroit visage aux traits resserrés sous l'épanouissement des scarifications faciales dénote le talent individuel du sculpteur. Voir de Heuch (Utotombo, L'Art de l'Afrique noire dans les collections privées belges, pl. XVI) pour une statue féminine, également dans la collection de René et Odette Delenne, provenant du même sanctuaire. Enfin, tandis que les signes de beauté arrangés par la main de l'homme (coiffure et scarifications) et la richesse de la parure (bracelets et chevillères métalliques et en ivoire) sont ceux réservés en pays Igbo aux personnalités de haut rang, l'épaisse polychromie et les éléments ajoutés (rarement préservés), témoignent de la succession des grandes cérémonies annuelles au cours desquelles son pouvoir protecteur a été ravivé.  


A remarkable example of the statuary of South-Eastern Nigeria, this monumental effigy brings to a pinnacle the combined notions of strength and dignity through which tutelary deities were celebrated in Igbo country.

"In all of Igbo country's major regions, shrines were erected to local tutelary deities, as well as to gods. [They] hosted sculpted figures - gathered in extended families - of these deities and ancestors. At the heart of the Nri-Awka region, these groups of sculpted wooden figures, painted and dressed, and based on a profusion of family members, could comprise up to a dozen different elements."  (Cole in Phillips, Africa: The Art of a Continent, 1995, p. 386). Their placement within the shrine, as well as their respective dimensions, were indications of their hierarchical importance. Here the monumentality of the sculpture marks it out as a tutelary Alusi deity, around which ancestor effigies were arranged.

Although the lithe silhouette and the naturalistic style of the body's volume mark it out as having been crafted in the Central-northern part of Igbo country – around Akwa or Onitsha - the prodigious forcefulness of the thin face, with its condensed facial features underneath the expanse of the scarification pattern, is a testament to the sculptor's individual skill. See de Heuch (Utotombo, L'Art de l'Afrique noire dans les collections privées belges, pl. XVI) for a female figure, also in the René and Odette Delenne Collection, from the same sanctuary. Lastly, whilst the man-made marks of beauty (coiffure, scarification) and the richness of the ornamentation (metal and ivory bracelets and ankle circlets) are those reserved for high-ranking personages,, the heavy polychromatic upper layer and the added (and rarely preserved) elements are evidence of the succession of great ceremonies where the figure’s protective power was revived.

Arts d'Afrique et d'Océanie

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Paris