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Tête, Mangbetu, République Démocratique du Congo
Estimate
70,000 - 90,000 EUR
bidding is closed
Description
- Tête, Mangbetu
- wood
- haut. 19 cm
- 7 1/2 in
Provenance
Collection Henri Lavachery (1885-1972), Bruxelles, avant 1930
Collection Samuel Dubiner (1913-1993), Tel-Aviv
Bernard Dulon, Paris
Collection Joseph Christiaens, Bruxelles
Collection Samuel Dubiner (1913-1993), Tel-Aviv
Bernard Dulon, Paris
Collection Joseph Christiaens, Bruxelles
Exhibited
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, L’Art Nègre, 15 novembre - 31 décembre 1930
Anvers, Stadsfeestzaal, Kongo-Kunst, 24 décembre 1937 - 16 janvier 1938
Anvers, Stadsfeestzaal, Kongo-Kunst, 24 décembre 1937 - 16 janvier 1938
Ancienne étiquette portant l'inscription manuscrite "150"
Literature
Maes et Lavachery, Art Nègre, 1930, n° 24
Lavachery, « Les arts anciens de l’Afrique noire au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles » in Formes, n° 9, novembre 1930, pp. 19-22
Lavachery, "Beautés de l'art plastique africain" in Cahiers de Belgique, novembre 1930
Gaffé, La sculpture au Congo Belge, 1945
Lavachery, « Les arts anciens de l’Afrique noire au Palais des Beaux-Arts à Bruxelles » in Formes, n° 9, novembre 1930, pp. 19-22
Lavachery, "Beautés de l'art plastique africain" in Cahiers de Belgique, novembre 1930
Gaffé, La sculpture au Congo Belge, 1945
Condition
Very good condition overall. Wear consistent with age and use within the culture. Scattered tiny wormholes throughout the surface and other to the underside of the base. One old label under the item with number "150". Beautiful warm caramel tone patina.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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Catalogue Note
En 1930, Henri Lavachery, alors attaché aux Musées Royaux d'Art et d'Histoire dont il deviendra, en 1942, le conservateur en chef, est nommé commissaire de l'exposition Art Nègre, qui ouvre au Palais des Beaux-Arts, à Bruxelles, le 15 novembre de la même année. L’événement est majeur : cette exposition est la première en Europe à célébrer, par la voie d'une institution muséale, l'entrée des arts africains dans l'histoire universelle de l'art. Devant le refus du musée du Trocadéro de participer à l'exposition, Lavachery sollicite les plus grands collectionneurs et marchands français (Félix Fénéon, Léonce et Pierre Guerre, Charles Ratton et Paul Guillaume) et sélectionne avec eux les "plus belles pièces" de leurs collections (Lavachery in Formes, p. 20, et archives du Palais des Beaux-Arts, Bruxelles). Ses premières rencontrent privilégient les artistes parisiens (Maurice de Vlaminck, André Lhote, Tristan Tzara, Georges Braque, André Derain), "premiers fervents de 'l'art nègre'" (idem).
Lorsqu'il est désigné, au printemps 1930, pour reprendre le projet alors compromis de l'exposition bruxelloise, son titre - "Art Nègre" - a déjà été choisi. Si ses tentatives de la rebaptiser "Les arts anciens de l'Afrique Noire" échouent, c'est sous ce titre qu'il signe l'article qu'il dédie à l'exposition, publié dans la revue Formes (n° 9, novembre 1930, p. 19-22). Il y souligne le choix "d'une présentation dont le seul souci est de permettre d'apprécier, dans sa plénitude, la beauté des pièces exposées". Sa position engagée sur les notions "d’œuvres d'art" africain, produites par de "véritables artistes" (idem) rejoint, à travers la qualité des œuvres de sa collection personnelle, la sensibilité de son regard. A l'audacieux choix du mortier à chanvre Luluwa (Sotheby's, Paris, 10 décembre 2014, n° 19, Collection Alexis Bonew d'arts du Congo), répond son inclination pour la thématique de la tête dans les arts africains, "délibérément exagérée par l'artiste pour y retenir [...] par sa beauté, [...] l'âme errante de l'ancêtre" (Lavachery, idem). C'est elle qui est célébrée dans cette sculpture qui fermait à l'origine un réceptacle en écorce servant à conserver des biens précieux, et qui illustre magistralement, dans la force du volume, l'intériorité de l'expression et la sensibilité des modelés, l'expression de la beauté dans les arts Mangbetu.
Lorsqu'il est désigné, au printemps 1930, pour reprendre le projet alors compromis de l'exposition bruxelloise, son titre - "Art Nègre" - a déjà été choisi. Si ses tentatives de la rebaptiser "Les arts anciens de l'Afrique Noire" échouent, c'est sous ce titre qu'il signe l'article qu'il dédie à l'exposition, publié dans la revue Formes (n° 9, novembre 1930, p. 19-22). Il y souligne le choix "d'une présentation dont le seul souci est de permettre d'apprécier, dans sa plénitude, la beauté des pièces exposées". Sa position engagée sur les notions "d’œuvres d'art" africain, produites par de "véritables artistes" (idem) rejoint, à travers la qualité des œuvres de sa collection personnelle, la sensibilité de son regard. A l'audacieux choix du mortier à chanvre Luluwa (Sotheby's, Paris, 10 décembre 2014, n° 19, Collection Alexis Bonew d'arts du Congo), répond son inclination pour la thématique de la tête dans les arts africains, "délibérément exagérée par l'artiste pour y retenir [...] par sa beauté, [...] l'âme errante de l'ancêtre" (Lavachery, idem). C'est elle qui est célébrée dans cette sculpture qui fermait à l'origine un réceptacle en écorce servant à conserver des biens précieux, et qui illustre magistralement, dans la force du volume, l'intériorité de l'expression et la sensibilité des modelés, l'expression de la beauté dans les arts Mangbetu.