Lot 5
  • 5

Auguste Rodin

Estimate
200,000 - 300,000 EUR
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Bidding Closed

Description

  • Auguste Rodin
  • Baiser, 4ème réduction ou petit modèle
  • signé Rodin ; porte la marque F. BARBEDIENNE, Fondeur (sur la base) ; porte la marque N ; numéroté 9 ; inscrit 85576 gug (à l'intérieur)
  • bronze
  • height : 25.4 cm ; 10 in.

Provenance

Collection Viraut, Paris (cadeau de noces en juin 1914)
Par descendance au propriétaire actuel

Literature

Georges Grappe, Catalogue du Musée Rodin, Paris, 1927, nos. 91-92, la version en marbre reproduite p. 47
Georges Grappe, Le Musée Rodin, Paris, 1947, p. 142, la version en marbre reproduite pl. 71
Cécile Goldscheider, Rodin: sa vie, son oeuvre, son héritage, Paris, 1962, la version en marbre reproduite, n.p.
Albert E. Elsen, Rodin, New York, 1963, pp. 62 & 63, un autre exemplaire reproduit p. 63
Ionel Jianou & Cécile Goldscheider, Rodin, Paris, 1967, p. 100, la version en marbre reproduite pls. 54 & 55
Robert Descharnes & Jean-François Chabrun, Auguste Rodin, Londres, 1967, p. 130, la version en marbre reproduite p. 131
Cécile Goldscheider, Rodin Sculptures, Londres, 1970, la version en marbre reproduite no. 49
John L. Tancock, The Sculpture of Auguste Rodin, Philadelphie, 1976, pp. 72, 90 & 108, la version en marbre reproduite p. 77
Rainer Maria Rilke, Rodin, Salt Lake City, 1979, pp. 38 & 104, un autre exemplaire reproduit p. 39
Albert E. Elsen, The Gates of Hell by Auguste Rodin, Stanford, 1985, p. 78, un autre exemplaire reproduit p. 79
Antoinette Le Normand-Romain, Le Baiser de Rodin, Paris, 1995, un autre exemplaire reproduit
Jacques Vilain, Rodin at the Musée Rodin, Paris, 1999, la version en marbre reproduite p. 39
Raphael Masson & Véronique Mattiussi, Rodin, Paris, 2004, p. 40, la version en marbre reproduite p. 41
Antoinette Le Normand-Romain, The Bronzes of Rodin, Catalogue of Works in the Museé Rodin, vol. I, Paris, 2007, un autre exemplaire reproduit p. 161

Condition

Attractive dark brown nuanced patina. There is a light build up of dust in the crevices. Apart from some very minor surface scratches, this work is in excellent original condition.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
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Catalogue Note

"Le charme du grand groupe de la jeune fille et de l’homme qui se nomme Le Baiser tient à cette sage et juste répartition de la vie ; on a le sentiment que, de toutes ces surfaces de contact, des vagues pénètrent dans les corps, des frissons de beauté, de pressentiment et de force. De là vient que l’on croit voir la félicité de ce baiser sur toute l’étendue de ces corps ; il est comme un soleil qui se lève et sa lumière est répandue partout."


Rainer Maria Rilke, Auguste Rodin (traduit de l'allemand par Maurice Betz, Paris, 1953. p. 56-58)


Sculpture emblématique de l’œuvre de Rodin, Le Baiser, conçu en 1886, était à l’origine destiné à orner la partie gauche de sa célèbre Porte de l’Enfer par laquelle le sculpteur souhaitait rendre hommage au chef d’œuvre de Lorenzo Ghiberti, La Porte du Paradis du baptistère de Florence. Ce groupe sculpté frémissant de passion illustre l’une des scènes de La Divine Comédie de Dante. Paolo et Francesca, deux amants bannis en raison de leur passion adultère, sont condamnés à passer l’éternité en s’embrassant. De toutes les histoires de La Divine Comédie de Dante, cette liaison interdite, rappelant les amours courtoises, captiva le public du XIXe siècle et donna lieu à de multiples représentations.

L’expression du sentiment et la sensualité se trouvent partout dans l’étreinte de ces deux figures, de la rencontre des bouches, à l’union des deux corps nus entrelacés jusqu’à l’entrecroisement des jambes. D’ailleurs, le groupe fut rapidement retiré de la porte, évoquant avec trop de conviction cet état de bonheur unique et propre au sentiment amoureux, qui s’harmonisait mal avec les autres groupes de La Porte de L'Enfer.

A la fin du XIXe siècle, Rodin opte pour une représentation gestuelle audacieuse et moderne, laissant les deux amants s’étreindre avec plus de liberté, contre la rigidité et la froideur des sujets courtois retenus à l’époque par les sculpteurs académiques. Albert Elsen évoque ainsi ce parti pris novateur de Rodin en indiquant qu’il fit "renaître une gestuelle ancienne d’appropriation sexuelle en représentant Francesca, plus confiante, la jambe autour d’un Paolo hésitant" (Albert E. Elsen, The Gates of Hell by Auguste Rodin, Stanford, 1985, p. 78).

En 1898, Rodin conclut un contrat d’édition de plusieurs tailles du Baiser avec la fonderie Leblanc-Barbedienne. A l’édition initiale du Baiser, Leblanc-Barbedienne ajouta après 1904 une réduction qui sera produite jusqu’en 1918. Ce magnifique bronze, commandé directement à l’artiste comme cadeau de noces et offert en 1914 aux aïeux des propriétaires actuels, est l’un des exemplaires de cette quatrième réduction.