Lot 7
  • 7

Frans Francken II

Estimate
30,000 - 50,000 EUR
Sold
229,500 EUR
bidding is closed

Description

  • Frans Francken II
  • La crucifixion
  • Signé et daté en bas à droite Do ffranck / IN.eT.f.
  • Huile sur panneau de chêne composé de trois planches, non-parqueté
  • 64,5 x 112,5 cm ; 25 1/3  by 44 1/3  in

Provenance

Collection Berrichonne depuis le XVIIe siècle,
Resté depuis par descendance dans la famille.

Catalogue Note

L’œuvre que nous présentons est un tableau important et remarquable à plusieurs titres.
D’abord car il s’agit d’une œuvre conservée depuis le milieu du XVIIe siècle dans la chapelle de la propriété familiale des actuels propriétaires. Cela explique l’état de conservation du panneau qui n’a quasiment jamais été touché depuis sa réalisation par le peintre. Il nous apparait sous un vernis chanci mais toute la subtilité de la matière et des glacis justement posés par l’artiste est encore présente.
Il s’agit aussi d’un sujet atypique. En effet la crucifixion se retrouve souvent dans la peinture ancienne, c’est un sujet courant mais l’angle choisi ici par le jeune Francken est rare, voire même inédit. Il donne un effet de longueur au corps du Christ et ajoute à la dramatique de la scène. Il y a un côté puissant très baroque dans le choix audacieux de cette composition. Le peintre a choisi un savant équilibre pour sa composition dans laquelle, grâce au nivellement des collines de différentes hauteurs, il intègre plusieurs scènes qu’il sépare chronologiquement. Il s’agit des étapes successives du calvaire du Christ : la mise sur la croix, l’érection de la croix et Jésus crucifié entouré du bon et du mauvais larron, au dernier plan. La topographie relaye la narration, comme c’est souvent le cas dans les peintures flamandes du XVIe siècle. Cette disposition visuelle crée une lisibilité, une dynamique permettant l’appréhension de l’histoire de manière plus profonde. L’expressivité des personnages, dont les positions sont parfois curvilignes, marquent une influence maniériste. On retrouve aussi l’influence forte des grands peintres flamands tels que Rubens ou Van Dyck dans la touche des visages, cette matière un peu lâche et rapide est assez différente de ce que l’on retrouve dans la grande production de Frans Francken II. Nous sommes ici plus proches d’œuvres comme la Cuisine de sorcières, peinte vers 1604-1605, (collection particulière) [1] considérée comme étant l’un des premiers tableaux connu aujourd’hui dans le corpus de l’artiste.

[1] Frans II. Francken, Die Anbetung der Könige und andere Entdeckungen, Kunstmuseum Basel, 14 novembre 2009 – 28 février 2010, cat.5, rep. p.48

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