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Important relief de l'Espérance Paris,, vers 1693, par Louis Le Conte, dit Le Conte de Boulogne (1639 - 1694)
Estimate
120,000 - 180,000 EUR
bidding is closed
Description
- Important relief de l'Espérance
- marbre blanc
- 41 x 56,3 cm; 16 1/4 x 22 1/4 in
Literature
F. Souchal, French Sculptors of the 17th and 18th centuries. The reign of Louis XIV, Oxford-Londres, 1977-1993, t. II, p. 221-222, n° 40 et 41, et t. IV, p. 137, n° 41. L. Beauvais, Musée du Louvre, Inventaire général des dessins, école Française, Charles Le Brun (1619-1690), Paris, 2000, t. I, n° 782, t. II, n° 2303.
Condition
Fantastically carved marble in overall very good condition, with a few very minor chips to the edges. There is an old restored diagonal break to the upper right corner of the relief, which does not affect the general appearance of the marble relief. Some natural veining and inclusions to the marble. This relief of impressive quality can be highly recommended.
"In response to your inquiry, we are pleased to provide you with a general report of the condition of the property described above. Since we are not professional conservators or restorers, we urge you to consult with a restorer or conservator of your choice who will be better able to provide a detailed, professional report. Prospective buyers should inspect each lot to satisfy themselves as to condition and must understand that any statement made by Sotheby's is merely a subjective, qualified opinion. Prospective buyers should also refer to any Important Notices regarding this sale, which are printed in the Sale Catalogue.
NOTWITHSTANDING THIS REPORT OR ANY DISCUSSIONS CONCERNING A LOT, ALL LOTS ARE OFFERED AND SOLD AS IS" IN ACCORDANCE WITH THE CONDITIONS OF BUSINESS PRINTED IN THE SALE CATALOGUE."
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Catalogue Note
Cet important relief en marbre représentant l’Espérance est la réduction d’un des reliefs monumentaux en pierre ornant la chapelle Saint-Grégoire du Dôme des Invalides à Paris (1693). Il forme pendant à la Religion, également par Le Conte, dans la chapelle Saint-Augustin en face, dont il existe une réduction en marbre au musée des Beaux-Arts de Lille (50,5 x 56 cm). L’Espérance est personnifiée par une figure de femme drapée à l’Antique, à demi-étendue sur des rochers et s’appuyant sur un de ses attributs, une ancre marine ; derrière elle, on aperçoit la mer et la proue d‘un navire, et au loin, un second navire aux voiles hissées qui vogue sous un soleil rayonnant entouré de nuages. La Religion (ou la Foi) du musée de Lille est figurée par une femme voilée tenant une croix, assise devant un tempietto à l’antique. Les Comptes des Bâtiments du Roi témoignent du paiement de 900 livres en 1693 à Le Conte pour ces deux grands reliefs des Invalides (153 x 217 cm), et il ne fait aucun doute que notre relief en marbre avec l’exemplaire de Lille ont également été réalisés par Le Conte lui-même. Etant donné leur petit format, ces oeuvres étaient sans doute destinées à une chapelle privée. L’inventaire de Madeleine de La Fresnaye, veuve de l'artiste, dressé à l’occasion de son second mariage le 27 août 1696 mentionne des oeuvres similaires, dans des cadres en bois doré, certainement une commande pour une chapelle privée 'trois tableaux de marbre blanc représentant Notre Seigneur, la Vierge et le Roi à bordure de bois sculpté' . Louis Le Conte fut agréé en 1675 puis reçu à l’Académie Royale l’année suivante avec un médaillon de Saint-Barthélemy en marbre pour l'église Notre Dame à Versailles. A partir de 1678, il participa aux grands chantiers royaux à Versailles en réalisant des trophées pour la grande Galerie du château, les enfants de la colonnade, des vases en bronze pour la salle de Bal, le décor de la façade des Petites Ecuries et des groupes en stuc pour le Pavillon royal du château de Marly. Avant 1687, il réalisa deux grandes commandes privées, la statue monumentale de Louis XIV écrasant l’Hérésie (détruite), et un buste du Roi en marbre pour Claude Le Pelletier, côntroleur des finances (perdu). Dès 1676, il livra six statues allégoriques pour la chaire de l’Eglise Saint-Eustache à Paris puis entre 1684 et 1690, il travailla au décor du couvent des Récollets et de l’Eglise Notre-Dame de Versailles. A la fin de sa carrière, il réalisera le décor du Dôme des Invalides. Pour la composition de l’Espérance et celle de la Religion, l'artiste s'est inspiré des dessins de Charles Le Brun (1619-1690), en particulier de ses études de femmes drapées àque le premier peintre du Roi avait fournies pour les grands décors. Le Conte avait été en contact avec Le Brun pour la chaire de Saint-Eustache édifiée en 1679 d’après les dessins du peintre. Parmi les six statues des Vertus ornant la chaire de Saint Eustache figuraient aussi la Foi ainsi que l’Espérance appuyée, comme ici, sur une ancre marine. Le sculpteur reprend alors un thème qu’il connaît bien.
L'artiste excelle ici par son travail au trépan particulièrement élaboré et soigné, rendant avec grande virtuosité les plis profonds de la robe enveloppant le corps de l'Espérance, les bras et les jambes modelés en ronde bosse ressortant de l'image. Le talent de l'artiste s'exprime ici également par les differents niveaux du relief partant du ronde bosse jusqu'au méplat pour créer des volumes et la perspective dans le paysage du fond, agrementé par un impressionnant rostre de navire sous le soleil. Chaque détail est sculpté avec grande précision. On reconnaît le style doux et classicisant de Le Conte en particulier dans le traitement des visages et des draperies à l’antique. Le mouvement est donné sans violence par l’ondoiement léger du voile de l’Espérance, qui répond symboliquement aux voiles des navires, allusion au passage tiré des Fastes d’Ovide :' tant que ce sera possible et que soufflent les vents, vogue le navire'. Quelques infimes variantes existent par rapport au relief en pierre des Invalides : la mèche de cheveux qui retombe sur l’épaule, la proue du vaisseau en forme de tête de dragon et le fond nuageux ne sont visibles que sur la version en marbre.
L’Espérance et le relief de la Religion au musée de Lille sont les deux seuls exemplaires en marbre connus jusqu’à ce jour. Témoignages raffinés de la grande sculpture française sous le règne de Louis XIV, ils font partie des toutes dernières créations du sculpteur dont peu d’œuvres nous sont parvenues. Comme les reliefs appartenant jadis à sa veuve, L'Espérance a certainement été réalisée à la demande d'un aristocrate pour être présentée dans un cadre en bois doré, destinée à une chapelleprivée ou un hôtel particulier.
L'artiste excelle ici par son travail au trépan particulièrement élaboré et soigné, rendant avec grande virtuosité les plis profonds de la robe enveloppant le corps de l'Espérance, les bras et les jambes modelés en ronde bosse ressortant de l'image. Le talent de l'artiste s'exprime ici également par les differents niveaux du relief partant du ronde bosse jusqu'au méplat pour créer des volumes et la perspective dans le paysage du fond, agrementé par un impressionnant rostre de navire sous le soleil. Chaque détail est sculpté avec grande précision. On reconnaît le style doux et classicisant de Le Conte en particulier dans le traitement des visages et des draperies à l’antique. Le mouvement est donné sans violence par l’ondoiement léger du voile de l’Espérance, qui répond symboliquement aux voiles des navires, allusion au passage tiré des Fastes d’Ovide :' tant que ce sera possible et que soufflent les vents, vogue le navire'. Quelques infimes variantes existent par rapport au relief en pierre des Invalides : la mèche de cheveux qui retombe sur l’épaule, la proue du vaisseau en forme de tête de dragon et le fond nuageux ne sont visibles que sur la version en marbre.
L’Espérance et le relief de la Religion au musée de Lille sont les deux seuls exemplaires en marbre connus jusqu’à ce jour. Témoignages raffinés de la grande sculpture française sous le règne de Louis XIV, ils font partie des toutes dernières créations du sculpteur dont peu d’œuvres nous sont parvenues. Comme les reliefs appartenant jadis à sa veuve, L'Espérance a certainement été réalisée à la demande d'un aristocrate pour être présentée dans un cadre en bois doré, destinée à une chapelleprivée ou un hôtel particulier.